Assailli par les catastrophes naturelles, le Bangladesh doit s’adapter aux changements climatiques s’il veut surmonter ses plaies, singulièrement la réapparition d’épidémies, soulignent les experts alors que 180 pays se retrouvent du 13 au 24 novembre à La Haye pour une conférence sur le réchauffement climatique. «Une étude souligne que l’élévation du niveau de la mer est particulièrement forte, allant jusqu’à 10 millimètres à certains endroits dans plusieurs pays, dont le Bangladesh en particulier», a déclaré Abdul Musawwir Chowdhury, de l’organisation spatiale de recherche financée par l’État (Sparrso). «La situation est très grave. Une étude portant sur la pluviométrie de ces quarante dernières années a montré également qu’il y a une rupture par rapport aux schémas habituels, ce qui entraîne des inondations prématurées», ajoute-t-il. Les dernières crues ayant frappé le sud-ouest du Bangladesh semblent être liées au réchauffement dans la mesure où un surcroît de pluies sur les hauteurs a entraîné ces catastrophes, souligne M. Chowdhury, qui ajoute que les cyclones et les orages sont également plus fréquents. «On craint également aujourd’hui que le retour de la malaria, maladie véhiculée par les moustiques jadis éliminée au Bangladesh, ainsi que la fièvre dengue, soit lié aux changements climatiques car un surcroît d’humidité favorise le développement de ces insectes», remarque M. Chowdhury. Cette étude a été réalisée par l’Association pour la coopération régionale dans l’Asie du Sud (SAARC) qui regroupe le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, le Népal et les Maldives. Le Bangladesh, dont les 120 millions d’habitants s’entassent sur une surface de 147 570 kilomètres carrés, est situé au nord de la baie du Bengale sur l’Océan indien. Sa zone côtière recouvre 2,85 millions d’hectares et son littoral est long de 200 kilomètres. «Des pays comme le Bangladesh n’ont pas le choix sinon celui de s’adapter aux changements climatiques qu’entraîne le réchauffement global», déclare Mozaharul Alam, expert en matière de réchauffement global au centre privé pour les études avancées au Bangladesh (BCAS). Il estime qu’un fonds d’adaptation doit être créé par la communauté internationale car un «pays comme le Bangladesh a besoin d’argent pour s’adapter aux changements du climat». Certaines informations font état, dans plusieurs secteurs côtiers, de la montée inexorable des eaux sous la poussée des cyclones et des marées, notamment dans les fermes marines où vit un quart de la population. M. Alam rappelle qu’il est aujourd’hui admis que le Bangladesh est l’un des endroits les plus vulnérables au réchauffement du climat puisque 17 % de sa superficie totale pour être complètement submergée. «Jusqu’à présent, il n’y a pas eu d’étude globale sur les effets du réchauffement global au Bangladesh et, pour cette raison, il était difficile de mettre en évidence un cas flagrant. Cependant, les inondations de septembre-octobre ont été particulièrement atypiques et elles semblent bien être liées aux phénomènes climatiques», ajoute-t-il. En conformité avec le protocole de Quito sur le réchauffement global, les autorités de Dhaka prennent des mesures d’adaptation et d’assistance, a souligné un responsable du gouvernement en charge de l’environnement. Quelque cinq millions de personnes, ont été victimes des inondations qui ont tué plus de 40 personnes selon le bilan officiel. On estime généralement qu’en fait, il y a eu plus de 100 morts.
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