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Actualités - Chronologie

Journée cruciale, aujourd’hui, pour l’adhésion de la Turquie

La Turquie est suspendue aux consultations des Quinze, aujourd’hui à Bruxelles, sur les conditions qu’elle doit remplir pour adhérer à l’UE, dont le résultat risque de détériorer encore plus leurs relations déjà largement fragilisées. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doivent faire un sort au «partenariat d’adhésion» mis au point par la Commission, liste des réformes politiques et économiques nécessaires pour l’adhésion de la Turquie, qui a provoqué sa colère et entraîné le report de l’adoption du document. Le Premier ministre Bülent Ecevit a accusé l’UE d’avoir «trompé» la Turquie en mentionnant parmi les critères politiques la question de l’île divisée de Chypre et a prévenu que son maintien entraînerait «une révision» des relations avec l’UE. Il refuse également l’ajout à ces critères des différends territoriaux turco-grecs en mer Egée. Ankara fait valoir que les deux dossiers avaient été posés comme éléments d’un «dialogue politique», et non comme des «critères», à l’issue du sommet d’Helsinki en décembre 1999, une distinction qui avait finalement vaincu ses réticences à accepter le statut de candidate. Chypre est divisée en deux secteurs – turc au Nord et grec au Sud – depuis que la Turquie a envahi son tiers nord en 1974, en riposte à un coup d’État de Chypriotes grecs qui visait à rattacher l’île à la Grèce. Les scenarii envisagés à Ankara pour la réunion d’aujourd’hui sont pessimistes, d’autant qu’une tentative de médiation de la présidence française pour concilier les points de vue turc et grec a échoué, selon une source européenne : – Soit un nouveau report de l’adoption du partenariat, transmis à la prochaine présidence, suédoise, alors que la Suède est l’un des plus fermes critiques du bilan déficient de la Turquie en matière de respect des droits de l’homme. Cela retarderait le processus d’adhésion, ce qui serait «un échec», souligne-t-on de source diplomatique turque. – Soit le maintien de Chypre, voire le rajout des différends en mer Egée, parmi les critères politiques, entraînant inéluctablement une détérioration des relations. Déjà, Ankara a annoncé son soutien au retrait du dirigeant chypriote turc Rauf Denktash des discussions pour régler le problème de Chypre sous l’égide de l’Onu et freine le projet européen d’une défense commune dont elle se sent exclue. La crise de confiance avec l’UE s’est aggravée avec l’adoption au Parlement européen le 15 novembre, d’une résolution appelant Ankara à reconnaître le génocide arménien – qu’elle réfute catégoriquement. L’atmosphère s’est définitivement empoisonnée avec la révélation qu’un fonctionnaire de la Commission européenne avait envoyé une lettre au nom de la Commission le 20 novembre aux dirigeants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) pour évoquer avec eux les droits des Kurdes en Turquie. Cette lettre, véritable chiffon rouge pour Ankara, a indigné le ministère turc des Affaires étrangères, qui a jugé «illogique et irrationnel qu’une organisation terroriste (...) soit considérée comme un interlocuteur par la Commission», et dénoncé vendredi «un nouveau complot visant à endommager les relations entre la Turquie et l’UE». Un porte-parole de la Commission a reconnu samedi une «erreur très regrettable». Le PKK, qui a mené pendant 15 ans une lutte armée en vue de créer un État kurde dans le sud-est anatolien – une guerre qui a fait plus de 30 000 morts – est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie, mais aussi par plusieurs pays de l’UE : France, Allemagne, Grande-Bretagne.
La Turquie est suspendue aux consultations des Quinze, aujourd’hui à Bruxelles, sur les conditions qu’elle doit remplir pour adhérer à l’UE, dont le résultat risque de détériorer encore plus leurs relations déjà largement fragilisées. Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne doivent faire un sort au «partenariat d’adhésion» mis au point par la Commission, liste des réformes politiques et économiques nécessaires pour l’adhésion de la Turquie, qui a provoqué sa colère et entraîné le report de l’adoption du document. Le Premier ministre Bülent Ecevit a accusé l’UE d’avoir «trompé» la Turquie en mentionnant parmi les critères politiques la question de l’île divisée de Chypre et a prévenu que son maintien entraînerait «une révision» des relations avec l’UE. Il refuse...