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Actualités - Chronologie

Présidentielle ivoirienne Le général Gueï lance sa campagne en plein état d’urgence

Le chef du régime militaire ivoirien, le général Robert Gueï, donnera demain à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, l’établissement «vitrine» de la capitale, le coup d’envoi de sa campagne pour l’élection présidentielle du 22 octobre, qui débutera ainsi sous l’état d’urgence. Le général, qui affirmait il y a moins d’un an ne nourrir aucune ambition politique, présentera son «programme de gouvernement», a confié hier son «directeur de campagne» Marcel Zadi Kessy, par ailleurs P-DG de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) et de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (Sodeci), filiale du groupe Bouygues. Son seul adversaire de quelque poids est Laurent Gbagbo, chef du Front populaire ivoirien (FPI), deuxième formation politique du pays après le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), la formation du défunt Félix Houphouët-Boigny et de son successeur Henri Konan Bédié, déposé en décembre dernier par Gueï. Seulement cinq des 19 candidats déclarés ont été retenus par la Cour suprême, qui a écarté non seulement celui du PDCI, dont Gueï avait vainement sollicité l’investiture, mais aussi le plus dangereux adversaire de ce dernier, Alassane Ouattara, chef du RDR, le deuxième parti d’opposition. Annoncée vendredi dernier, la décision de la Cour, présidée par un proche de Gueï, a été déplorée par l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont Gueï avait rejeté la médiation, et par la France, en tant qu’ancienne puissance coloniale puis en tant que présidente de l’Union européenne, mais condamnée fermement par les Etats-Unis. Dans une interview publiée hier par Le Monde, Ouattara, ancien Premier ministre d’Houphouët-Boigny, a exprimé sa déception devant la «réaction molle» de Paris face à ce qu’il a présenté comme une «mascarade électorale» organisée par l’ancien chef d’état-major du «vieux». L’état d’urgence proclamé la semaine dernière en prévision de la publication de la décision de la Cour a été prolongé mardi jusqu’à vendredi prochain, officiellement pour maintenir «le climat de paix sociale qui règne dans le pays», alors que l’élimination de Ouattara exacerbe les tensions ethniques apparues depuis la disparition d’Houphouët-Boigny, en 1993. Ouattara, dont la base politique est le Nord islamisé du pays, est accusé par ses adversaires civils ou militaires – à commencer par Konan Bédié et Gueï – d’avoir utilisé la nationalité voltaïque (burkinabé) au début de sa carrière de fonctionnaire international. Trois millions de Burkinabé, soit près d’un tiers de la population, sont installés en Côte d’Ivoire, notamment dans le Sud-Ouest où ils exploitent des plantations de cacao et de caoutchouc. La junte a dépêché la semaine dernière des renforts dans cette région en raison des tensions ethniques entre ces fermiers burkinabé et la population indigène qui réclame leur expulsion. Des affrontements y avaient fait le mois dernier 13 morts. Il y a six jours encore, un planteur burkinabé, sa femme, ses deux enfants et un employé de la plantation ont été assassinés lors d’un raid nocturne près de pont Nero, a déclaré un représentant de la la communauté du Burkina. Ces incidents ont poussé les Burkinabé a chercher refuge par milliers dans la forêt, voire à fuir le pays. Il y a moins d’un an, 20 000 agriculteurs, principalement burkinabé, avaient pareillement fui la région voisine de Tabou après le meurtre d’un des leurs à propos d’un conflit foncier.
Le chef du régime militaire ivoirien, le général Robert Gueï, donnera demain à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, l’établissement «vitrine» de la capitale, le coup d’envoi de sa campagne pour l’élection présidentielle du 22 octobre, qui débutera ainsi sous l’état d’urgence. Le général, qui affirmait il y a moins d’un an ne nourrir aucune ambition politique, présentera son «programme de gouvernement», a confié hier son «directeur de campagne» Marcel Zadi Kessy, par ailleurs P-DG de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) et de la Société de distribution d’eau de Côte d’Ivoire (Sodeci), filiale du groupe Bouygues. Son seul adversaire de quelque poids est Laurent Gbagbo, chef du Front populaire ivoirien (FPI), deuxième formation politique du pays après le Parti démocratique de Côte d’Ivoire...