La situation était calme lundi dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, où les rebelles du MPIGO se sont « excusés » au lendemain d’un nouvel affrontement avec des militaires français, tandis que l’arrivée des premiers éléments de la force ouest-africaine censés les remplacer a été repoussée au 3 janvier. « C’est un incident malheureux. Je présente toutes mes excuses à mes frères d’armes français », a commenté le responsable des opérations du Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO), Félix Doh, à propos de l’accrochage dimanche avec des soldats français à Duékoué (200 km à l’ouest de Yamoussoukro). Cet incident, au cours duquel trois véhicules rebelles ont été détruits, selon l’armée française, est le quatrième depuis le 21 décembre dans la région de Duékoué et le troisième en trois jours. Attribuant l’échange de tirs à un « manque de communication », il a affirmé que « tout rentrera dans l’ordre » et a assuré qu’il n’y aura plus d’incidents. « Nous avons été formés par de grandes écoles françaises à l’époque où nous étions dans les FANCI (Forces armées nationales de Côte d’Ivoire). Pourquoi aujourd’hui combattrions-nous nos frères d’armes français qui n’ont rien contre nous ? », a-t-il souligné. L’armée française n’a pas été pour le moment informée de ces excuses, a indiqué le porte-parole des forces françaises en Côte d’Ivoire, le lieutenant-colonel Leccia, qui a ajouté : « Cela va dans le bon sens ». Les excuses du MPIGO lundi contrastent avec des déclarations plus belliqueuses suite aux incidents des derniers jours. « Si les troupes françaises ont besoin de venir dans notre zone, ils n’ont qu’à nous contacter », avait déclaré Félix Doh après les accrochages des 27 et 28 décembre. La prise de Duékoué, carrefour stratégique, ouvrirait aux rebelles la route vers Daloa (Ouest), capitale de la « boucle du cacao », dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, ainsi que vers le port de San Pedro (Sud-Ouest), par lequel transite environ la moitié du cacao ivoirien. Après chacun des deux premiers incidents, la France, ancienne puissance coloniale, avait affirmé que ses soldats avaient agi en état de « légitime défense ». Lundi, l’arrivée des premiers éléments de la force de paix ouest-africaine a été une nouvelle fois repoussée. La cinquantaine d’hommes censés arriver le 31 décembre ne seront à Abidjan que le 3 janvier, a annoncé le général Cheick Oumar Diarra, secrétaire exécutif adjoint de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
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