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Actualités - Interviews

RENCONTRE Ziyad Sahhab: «La musique, c’est toute ma vie…»(photo)

Les cheveux noirs en queue-de-cheval sur la nuque, la voix posée et basse, des yeux noirs profonds, boucle d’oreille en argent à l’oreille et une gourmette en cuir marron au poignet, un bournous noir (ramené d’une tournée en Tunis), une barbe noire de pope grec, sans un parapluie par un temps où il pleut des cordes, et vingt ans! Voilà Ziyad Sahhab qui, avec la troupe Shahhadin ya baladna (Mendiants ô mon pays, probablement un discret hommage à Chouchou), s’est taillé un succès considérable avec le Festival Shams à Beyrouth et a fait un véritable tabac à Cahors, en France, l’année dernière lors des manifestations francophones. Discussions à bâtons rompus et rencontre informelle avec un artiste de talent, un jeune homme pas du tout rangé comme tout le monde. Ménestrel des temps modernes, Ziyad a pour indéfectible compagnon un… oud. Dès l’âge de sept ans, il sonde et explore ses sonorités. Infatigable travailleur, il n’a d’oreilles que ses cordes pincées. À la fois autodidacte et guidé par un professeur. D’où vient cette passion dévorante ? La famille, pardi, où le terreau pour une telle inspiration semble infiniment fertile. Un père, Victor Sahhab, critique de musique, à qui l’on doit plusieurs livres sur la matière, et un oncle, Salim Sahhab, chef d’orchestre qui a fait des études au Conservatoire Tchaïkovsky à Moscou. Environnement fécond où s’épanouit naturellement une vocation. Ainsi cadré, Ziyad Sahhab, après des études au Lycée Abdel Kader où il décroche sa philo, a vite fait de plonger dans ce qui l’intéresse vraiment dans la vie. Aimant Bach, Mozart tout aussi bien que les Pink Floyd et Abdel Wahab, s’intéressant à Rousseau et découvrant l’univers romanesque de Suskind, ce grand garçon ne rêve pourtant que de musique. Au point qu’il déclare en toute candeur et simplicité: «La musique, c’est toute ma vie… Mes pas, lorsque je marche, sont toujours cadencés par la musique qui m’habite.» Après un bref séjour en Égypte pour approfondir ses connaissances de oudiste et sa formation avec le professeur Ali Wehbé, Ziyad Sahhab « pioche » dans le patrimoine et tente de restaurer des valeurs musicales oubliées avec les déferlantes des chansonnettes commerciales. Chansonnettes qu’on écoute sous matraquage intempestif de clips envahissants, sur écrans de TV et ondes de radio. Aujourd’ hui, tout en peaufinant ses propres compositions, il prépare l’enregistrement d’un CD, Hommage à Sayed Darwiche, «celui qui a jeté les bases de la chanson arabe contemporaine», précise le jeune musicien. Quel est le rêve de ce troubadour absolument conscient de toutes les embûches qui l’attendent et qui sait pertinemment qu’il s’agit là d’un chemin aux difficultés innombrables? Car il ambitionne de réussir dans une musique qui ne cède guère à la facilité . «J’aimerai surtout, dit-il, faire un théâtre musical. Une sorte de show où nous serions plusieurs à collaborer.» Sens de l’équipe et du travail en commun pour une musique «autre», celle que les personnes âgées retrouvent avec plaisir, celle que les jeunes découvrent, celle qui remet au goût du jour la musique ancienne pour les générations nouvelles. Cette même musique qui a déjà conquis Masrah al-Madina, le Théâtre de Beyrouth, Saïda, Tripoli, Tunis et surtout le public français. Et quels sont les projets immédiats de ce jeune homme à l’allure d’un poète à la Musset? «Je prépare une opération du genoux, séquelle des jeux de foot», dit-il dans un éclat de rire aussi sonore qu’une «coulée» de oud. E.D.
Les cheveux noirs en queue-de-cheval sur la nuque, la voix posée et basse, des yeux noirs profonds, boucle d’oreille en argent à l’oreille et une gourmette en cuir marron au poignet, un bournous noir (ramené d’une tournée en Tunis), une barbe noire de pope grec, sans un parapluie par un temps où il pleut des cordes, et vingt ans! Voilà Ziyad Sahhab qui, avec la troupe Shahhadin ya baladna (Mendiants ô mon pays, probablement un discret hommage à Chouchou), s’est taillé un succès considérable avec le Festival Shams à Beyrouth et a fait un véritable tabac à Cahors, en France, l’année dernière lors des manifestations francophones. Discussions à bâtons rompus et rencontre informelle avec un artiste de talent, un jeune homme pas du tout rangé comme tout le monde. Ménestrel des temps modernes, Ziyad a pour...