Au cours d’un colloque scientifique tenu récemment à l’hôpital Saint-Georges sous l’égide des Églises du Moyen-Orient, autour du thème «Traumatismes et ruptures», d’éminents spécialistes libanais et étrangers ont développé divers aspects des conséquences de l’agression psychique qu’implique le traumatisme. Parmi les intervenants, on notait la présence non seulement d’éminents spécialistes (psychiatres, psychanalystes, psychothérapeutes), mais également celle d’écrivains, essayistes et intellectuels intéressés par un problème dont bon nombre de Libanais subissent jusqu’à présent les séquelles. L’intervention d’ailleurs de Yolande Gueutchérian, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris et la Société libanaise de psychanalyse, fut axée sur le retentissement et les répercussions de la guerre libanaise sur le psychisme de la population. Compte tenu de l’intérêt particulier que présente cette approche de la longue épreuve subie par tous, nous publions certains passages de cet exposé dont la pertinence n’échappe à personne. Traumatisme! Dans le langage courant, nous utilisons souvent le qualificatif «traumatisé» comme lorsque nous disons: «Je suis traumatisé par tel ou tel événement». Nous signifions par là que l’événement nous a marqués, a laissé une trace dans notre mémoire, dans notre psychisme et que nous avons du mal à l’oublier. Mais le traumatisme n’est pas qu’un souvenir même si, entre-temps, il a été fortement refoulé. Il est actif et actuel parce qu’il perturbe notre vie non pas en tant que souvenir du passé mais en tant qu’élément du présent. Il fait partie de notre vie psychique inconsciente présente qu’il colore de teintes morbides, conditionnant ou fléchissant nos comportements, nos relations actuelles, notre vie. Tout ce que nous sommes suite à un traumatisme, tout ce que nous faisons, est empreint, – de manière subreptice ou marquée, consciente ou inconsciente – des effets ravageurs de la situation traumatisante. Le traumatisme appelle la mort, réelle ou psychique. Le mythe de Sisyphe Confronté à ce que vivent les personnes traumatisées psychiques, le mythe de Sisyphe s’impose invariablement à l’esprit. Sisyphe, condamné par les dieux à une épreuve épuisante dans les Enfers, épreuve inachevée et éternellement renouvelée, labeur inutile et sans espoir, absurde: rouler sans cesse un rocher (symbole de l’immobilité, de l’immuable), jusqu’au sommet d’une montagne d’où la pierre retombe par son propre poids; et Sisyphe de recommencer – encore et encore – cette tâche écrasante et infructueuse: soulever l’énorme pierre, la rouler, l’aider à gravir la pente, pour la voir lui échapper aussitôt. Si ce mythe est tragique, c’est qu’il nous livre un héros enserré dans sa lutte contre un destin aveugle, confronté de surcroît avec la mort, et que ce héros est conscient. Où serait en effet sa peine, comme l’écrit Albert Camus, si à chaque pas l’espoir de réussir le soutenait? À l’instar de Sisyphe, le traumatisé psychique est lui aussi conscient du drame de sa vie: il est réduit à faire des efforts surhumains pour maintenir sa tête hors de l’eau, comme le nageur pris dans les eaux déchaînées d’une mer démontée et qui, reprenant à peine son souffle, se voit à nouveau aspiré vers les profondeurs, par la mort, comme Sisyphe le fut, une fois Thanatos libéré de sa prison par Zeus. Thanatos et sa fonction mortifère! Confronté inlassablement à la mort psychique et à la destructivité qu’il tente de combattre vainement, recommencer jour après jour cette lutte pour ne pas sombrer, gérer une détresse à nulle autre pareille, semble être le destin singulier de la personne traumatisée. Le syndrome de répétition décrit à travers ce mythe se présente au premier plan dans le tableau clinique des personnes souffrant de traumatismes psychiques. Par la répétition, «... ce qui est demeuré incompris fait retour; telle une âme en peine, il n’a pas de repos jusqu’à ce que soient trouvées résolution et délivrance», écrit Freud dans Cinq psychanalyses. Yolande Gueutchérian ajoute: «Il y a différentes manières d’être tortionnaire et il n’est pas nécessaire de donner la mort physique pour être assassin. Je pense à tous ceux qui transgressent en toute impunité les interdits et les lois, avançant tête haute, laissant derrière eux de nombreuses victimes. Je pense aussi à tous ceux qui, par leur silence, deviennent plus qu’indifférents, plus que complices, mais bourreaux à leur tour, par le fait même qu’ils laissent faire.» Les surgelés sous microscope Économiques, pratiques, diversifiés, les denrées et les mets surgelés connaissent depuis quelque temps une consommation accrue. Longtemps boudés par les palais libanais, ils sont en train de s’imposer aux mœurs, aux goûts et aux habitudes grâce à la solution pratique, au ravitaillement et au fait que de plus en plus de femmes travaillent hors du foyer... Surgélation optimale et conservation Les méthodes, par ailleurs, de surgélation ne cessent de progresser en s’améliorant. On compte à l’heure actuelle, au Liban, plus de 4950 produits différents, comprenant du poisson, des viandes, de la volaille, une large gamme de plats cuisinés, des fruits, des desserts et entremets, etc. Sans compter les préparations exotiques, les glaces, les légumes... Il faut reconnaître que les producteurs utilisent des produits de première fraîcheur et de la meilleure qualité. Les denrées conservent ainsi la plupart de leurs qualités nutritionnelles, certains légumes ne perdant que 25% de leur vitamine C. La stabilité alimentaire est d’une durée de huit mois, selon les produits, à condition que le stockage soit effectué dans de bonnes conditions... Si les plats cuisinés ou apprêtés ne nécessitent pas, généralement, une longue décongélation, les grosses pièces de viande, les poissons entiers et les crustacés nécessitent par contre une vraie décongélation. Ne jamais décongeler une denrée dans un four traditionnel ou hors du réfrigérateur. Soit placer les aliments, dépouillés de leur emballage, dans le bas du réfrigérateur durant quelques heures, soit régler le four à micro-ondes sur la fonction «décongélation» et soumettre l’aliment à son action pour préserver les vitamines, la cuisson doit être le plus rapide possible. Les réchauffages successifs nuisent à la qualité nutritionnelle et à la texture des aliments surgelés. Phobies Mon enfant a peur de tout... L’enfant craintif n’est pas nécessairement un enfant phobique. Mais si cette peur qu’il éprouve est intense et irrationnelle, ne concerne que certaines choses, sans qu’il puisse expliquer pourquoi, il peut souffrir de phobie. Palpitations, sueurs, tremblements, vertiges sont des symptômes qui signent la présence de ce mal. C’est le sentiment d’angoisse éprouvé par le sujet à l’idée de se trouver confronté à la raison ou l’objet de sa terreur qui signe la présence de cette anomalie. Chez l’enfant, les phobies varient en fonction de l’âge. Aux alentours de quatre ans, c’est le noir qui engendre la peur. Vers 6 à 12 ans, c’est l’atteinte à l’intégrité de leur corps qui les panique (blessure, fracture, saignement). Mais aussi et surtout l’idée de la mort. La phobie scolaire est répandue chez les 7-15 ans. Il peut s’agir d’une vraie peur scolaire ou d’une phobie dite «sociale», traduite par la peur des autres (promicuité, partage, heurts, agressivité, persiflage, etc.). Dans le premier cas, l’enfant manifeste de façon flagrante son aversion (hurlements, peur, fuite, réticence d’entrer en classe). Dans le second cas, c’est une fois en classe confronté à ses camarades qu’il panique... À l’adolescence, les phobies sont proches, quasi semblables à celles de l’âge adulte (agoraphobie, peur des espaces clos, vertiges, phobies sociales, etc.). Ces peurs très fréquentes disparaissent généralement avec l’âge. Cependant, dès qu’une phobie entrave le déroulement et le fonctionnement normal de sa vie (rejet de l’école, phobies flagrantes, peur de s’exprimer devant les autres), il est impératif de l’aider, en faisant appel au spécialiste, à surmonter ses difficultés et sa peur, retrouvant confiance en lui... Le travail curatif en groupe donne d’excellents résultats. À travers le jeu des rôles, les petits sont confrontés à des situations leur faisant peur. Ils sont alors incités à dépasser toute réticence à l’aide de thérapies d’affirmation de soi. Ces thérapies aident par leur apprentissage à contrôler sa peur et surtout à avoir confiance en soi. Le groupe l’aide alors à trouver lui-même la solution à son problème. Les thérapies comportementales aident à supprimer les troubles en quelques mois. À signaler: le recours aux remèdes antidépresseurs, anxiolytiques, etc. constitue une démarche très exceptionnelle. Cholestérol: le «mauvais» et le «bon» Malgré l’importance du rôle joué par le cholestérol dans l’organisme, le grand public arrive difficilement à départir son action néfaste de son apport positif. Le Pr Zeidan Karam, chef du service de cardiologie auprès de l’hôpital Saint-Georges, répond à certaines questions que se posent les non-avertis sur cette substance organique qui, comme Janus, accuse un double visage. LDL et HDL Le mauvais cholestérol ou LDL a pour tâche de charrier les graisses et de les coller sur les parois des artères pour les rétrécir. Le bon cholestérol ou HDL a par contre la charge de nettoyer la paroi des artères du cholestérol transporté par le LDL et de le transférer vers le foie où il sera détruit. Ainsi plus le taux de LDL (mauvais) est élevé, plus les artères rétrécissent. Plus le HDL (bon) est élevé, plus il y aura «d’éboueurs» pour dégraisser les artères et garder large leur lumière calibre. Il existe également une relation directe entre le taux élevé de cholestérol et la fréquence des maladies cardiaques. Trente pour cent du cholestérol est apporté par l’alimentation et 70% élaboré par l’organisme. Une alimentation appropriée permet d’influer sur cet apport en le baissant. Il est bon à savoir à ce propos que le beurre, contrairement à ce qu’on pense, n’est pas a priori nocif. Seul le beurre produit par des graisses 100% saturées, essentiellement animales, est à proscrire. Par contre les beurres fabriqués à partir d’huiles végétales insaturées ne sont nullement contre-indiqués. Acides gras saturés Les lipides (matières grasses contenues dans le sang) deviennent nocifs lorsque leur taux devient excédentaire. Ils sont constitués par le cholestérol et les triglycérides. Le cholestérol, indispensable, vital, fournit de l’énergie et participe à la structure des membranes cellulaires. Le taux minimum toléré est de 1,20 g par litre. Il faudrait préciser que lors d’une analyse, trois «aspects» du cholestérol sont mesurés: le LDL, dont le taux maximum souhaitable est de 1g/l (mauvais cholestérol); le HDL (ou «bon cholestérol»), dont le taux minimum souhaitable est supérieur à 0,40g/l; le cholestérol total, dont le taux maximum idéal est de 2g/l.
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