Le président George W. Bush a désigné un homme de Wall Street pour compléter sa nouvelle équipe économique qui sera chargée de mettre en œuvre une politique visant à relancer une croissance léthargique grâce à de nouvelles baisses d’impôts. Stephen Friedman, 64 ans, ancien patron de la firme d’investissements Goldman Sachs, a été nommé au poste de principal conseiller économique de la Maison-Blanche, en remplacement de Lawrence Lindsey prié de démissionner avec le secrétaire au Trésor Paul O’Neill, vendredi dernier. « Je travaillerai avec Steve et d’autres sur un paquet de mesures en faveur de la croissance et de l’emploi que nous présenterons au nouveau Congrès », a déclaré M. Bush lors de la présentation à la presse de son nouveau conseiller économique. M. Bush avait nommé lundi John Snow, le PDG du groupe de transport ferroviaire CSX, comme nouveau secrétaire au Trésor. Il avait en outre désigné mardi un nouveau président de la Commission des opérations boursières (SEC), le gendarme de Wall Street, en la personne de William Donaldson. La nomination de M. Friedman était attendue lundi avec celle de John Snow, mais a été retardée en raison de l’opposition de républicains conservateurs qui accusent M. Friedman d’avoir défendu dans le passé la nécessité de lutter avant tout contre les déficits budgétaires. M. Friedman est membre de la Concord Coalition, un groupe de pression défendant l’idée que la réduction des déficits budgétaires est le meilleur moyen de dynamiser la croissance économique. Selon les républicains conservateurs, la nomination de M. Friedman comme conseiller de M. Bush va à l’encontre des baisses d’impôts proposées par le président pour relancer la croissance. M. Bush a donc passé outre l’opposition de ces conservateurs et entend bien que sa nouvelle s’équipe prépare rapidement un programme de relance fondé principalement sur des réductions d’impôts et qui devrait être présenté au Congrès dès le début de 2003. « Nous proposerons de nouvelles mesures pour créer des emplois, réduire le fardeau pesant sur nos contribuables et renforcer la confiance des investisseurs », a affirmé M. Bush. Stephen Friedman a tenu à souligner qu’il partageait totalement le point de vue du président. « Je partage fermement votre conviction que le temps est venu d’une politique ferme en faveur de l’emploi et de la croissance », a-t-il déclaré en se disant également favorable à des mesures fiscales pour alléger « la pression sur les budgets et les économies des familles ». Les nouvelles réductions d’impôts pourraient atteindre quelque 300 milliards de dollars au cours des dix prochaines années, un montant qui viendrait s’ajouter aux 1 350 milliards de dollars de réductions de la fiscalité lancés en 2001, également sur une période de dix ans. Ces diminutions d’impôts devraient bénéficier aux particuliers pour soutenir les dépenses de consommation – qui représentent les deux tiers de l’activité économique américaine – comme aux entreprises afin de doper leurs investissements, toujours en panne. Ces mesures, espère la Maison-Blanche, devraient dynamiser la croissance économique qui n’arrive toujours pas à décoller même si les États-Unis sont sortis depuis un an de la récession. Le produit intérieur brut (PIB) américain devrait augmenter de 0,5 % à 1,5 % seulement au dernier trimestre 2002 après une hausse de 4 % au troisième trimestre (rythme annuel), estiment les analystes. Les baisses d’impôts devraient toutefois se traduire par une aggravation du déficit budgétaire. Celui-ci devrait grimper à 270 milliards de dollars en 2003 et 250 milliards en 2004, contre 159 milliards en 2002, estime ainsi la firme Barclays Capital.
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