D’une simple maternité d’un seul étage créée au début de la Seconde Guerre mondiale, rue du Mexique, à Beyrouth, l’Hôpital Trad figure aujourd’hui parmi les plus prestigieux hôpitaux du pays. Les soixante années de sa fondation ont été célébrées hier au cours d’une cérémonie organisée au Pavion royal du Biel, au centre-ville, sous l’égide du Premier ministre, Rafic Hariri. Dans son allocution, le Dr Sami Trad, propriétaire de l’hôpital, a retracé l’historique de l’établissement hospitalier. « Mon père était un gynécologue apprécié et les femmes venaient de toutes les régions libanaises, voire des pays arabes, pour donner naissance chez nous à l’enfant qu’elles attendaient, déclare le Dr Trad. Ma mère l’aidait et s’occupait de l’administration et de la direction du personnel. Une cuisine fine et traditionnelle, fort appréciée des mères, était préparée à partir de notre maison située au premier étage. » « En été, la maternité était transférée à Aley, poursuit-il. C’était l’époque où les élégantes Beyrouthines préféraient donner le jour à leur progéniture dans l’air frais de la montagne, faute, à l’époque, de climatisation. » En 1958, le Dr Sami Trad rentre au Liban et travaille, dix ans durant, en équipe avec son père, profitant de son expérience. « Après son décès, j’ai continué à pratiquer l’obstétrique et j’ai lancé ma propre méthode d’accouchement sans douleur, connue sous le nom de TAC, et que nous continuons à appliquer dans notre hôpital », souligne le Dr Trad, qui précise, par ailleurs, qu’il a été le premier à introduire au Liban, également à cette époque, de nouvelles techniques obstétriques comme le cardiotocographe et l’extracteur pneumatique ou la ventouse. Parallèlement à l’exercice de son métier, le Dr Sami Trad a entrepris l’agrandissement de la maternité. Ainsi, les soins prodigués ont englobé plusieurs spécialités chirurgicales et la maternité se transforme, vers la fin des années soixante, en un petit hôpital. « Dans ce petit hôpital pourtant, le premier centre d’hémodialyse du Liban a vu le jour et l’un des premiers CT Scans a été introduit au pays, indique le Dr Trad. De même, les premières transplantations rénales ont eu lieu chez nous. » La guerre de 1975 a interrompu les activités de l’hôpital ainsi que « mes beaux projets ». « Je me retrouvais dans le “no man’s land” entre les deux régions Est et Ouest de la capitale, un désert zébré d’éclairs de balles et rythmé par les rafales de RPG », déplore le Dr Trad. L’hôpital n’échappa pas aux ravages de la guerre. Des années durant, il fut le champ de bataille des milices. « Je suis resté presque seul à pratiquer l’obstétrique durant les accalmies avec l’aide de quelques employés fidèles qui vivaient au sous-sol », confie le Dr Trad. En 1990, le Dr Sami Trad a pu enfin commencer à réaliser son rêve et le projet d’agrandissement de l’hôpital débuta. Ce dernier passa de 500 m2 à 7 500 m2 en 1997. Aujourd’hui, l’hôpital compte notamment un centre médical, 24 cliniques allouées aux médecins, 63 lits répartis sur 39 chambres, cinq salles d’opérations dotées d’équipements ultramodernes, un service de réanimation pouvant accueillir six patients, une unité de soins intensifs à part entière, une pouponnière, une suite de travail et d’accouchement et un département de radiologie. « Cet hôpital est l’œuvre de ma vie, conclut le Dr Trad. Je l’ai fait en mémoire de mon père, qui fut mon inspirateur et mon guide, un homme merveilleux et un grand médecin qui avait souhaité perpétuer dans notre ville une présence médicale portant notre nom. Je l’ai fait également pour que mes fils, médecins spécialistes à l’étranger, aient la possibilité de regagner leur pays natal pour y exercer leur art. » Mais l’ambition du Dr Sami Trad ne connaît pas de frontières. Un nouveau projet d’expansion est déjà en vue. Étaient notamment présentes à la réception de nombreuses personnalités du monde médical, social et politique. N.M.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats D’une simple maternité d’un seul étage créée au début de la Seconde Guerre mondiale, rue du Mexique, à Beyrouth, l’Hôpital Trad figure aujourd’hui parmi les plus prestigieux hôpitaux du pays. Les soixante années de sa fondation ont été célébrées hier au cours d’une cérémonie organisée au Pavion royal du Biel, au centre-ville, sous l’égide du Premier ministre, Rafic Hariri. Dans son allocution, le Dr Sami Trad, propriétaire de l’hôpital, a retracé l’historique de l’établissement hospitalier. « Mon père était un gynécologue apprécié et les femmes venaient de toutes les régions libanaises, voire des pays arabes, pour donner naissance chez nous à l’enfant qu’elles attendaient, déclare le Dr Trad. Ma mère l’aidait et s’occupait de l’administration et de la direction du personnel. Une...