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Actualités - Chronologie

Le président US veut atténuer l’antiaméricanisme en défendant l’islam modéré

George W. Bush met en avant la différence entre islam modéré et pacifiste et islamistes extrémistes afin d’atténuer le ressentiment aux États-Unis à l’égard des musulmans et tenter de restaurer l’image de l’Amérique dans le monde arabe. Depuis les attaques du 11 septembre et avec l’éventualité d’un conflit avec l’Irak, le président américain a multiplié les gestes et déclarations défendant la communauté islamique de manière à éviter que la guerre qu’il mène contre le terrorisme ne soit perçue comme « une croisade » de l’Occident contre l’islam. M. Bush s’est ainsi rendu jeudi dernier au centre islamique de Washington pour la célébration du dernier jour du ramadan. Le président était venu dans cette même mosquée, une semaine après les attentats du 11 septembre, à un moment où des musulmans étaient la cible d’actes hostiles aux États-Unis. Il avait alors notamment déclaré en réaction à plusieurs incidents que les « mères musulmanes portant le voile ne devaient avoir aucune crainte en Amérique (...) car l’intolérance n’est pas l’Amérique que je connais ». Jeudi dernier, George W. Bush a déclaré : « Le ramadan nous rappelle que l’islam apporte espoir et réconfort à plus d’un milliard de personnes sur la planète » et cette religion « prêche la justice et insiste sur la responsabilité morale de l’homme ». Mais sa tâche d’apaisement des passions est compliquée par la violence des attaques verbales à répétition ces derniers mois de plusieurs dirigeants de la droite chrétienne américaine, prédicateurs proches du Parti républicain. Le « télévangéliste » Jerry Falwell a qualifié le prophète Mahomet de « terroriste » avant de se rétracter deux semaines après et le pasteur Pat Robertson a parlé à propos de l’islam d’« une religion par essence violente ». Allant encore plus loin, M. Robertson, le fondateur de la Christian Coalition, a affirmé que « Adolf Hitler était terrible, mais ce que les musulmans veulent faire aux juifs était pire ». Il a aussi estimé que le président Bush n’en pensait pas moins et que ses déclarations apaisantes n’étaient motivées que par des raisons politiques pour « éviter surtout que la guerre contre le terrorisme ne dégénère en guerre sainte ». Les déclarations de M. Falwell ont provoqué des émeutes en Inde et contribué aux bons scores des partis religieux au Pakistan, a relevé Richard Cohen, éditorialiste du Washington Post. Pour Imad-ad-Dean Ahmad, directeur du centre musulman privé d’études Minaret of Freedom basé à Washington, « M. Bush essaye de limiter les dégâts provoqués par les déclarations des leaders de la droite chrétienne sur un vaste nombre de musulmans dans le monde et plus particulièrement dans les pays alliés des États-Unis ». Toutefois, a-t-il ajouté, « je ne pense pas qu’il sera capable de faire disparaître le mécontentement que suscite chez les musulmans la politique étrangère américaine ou leurs doutes quant au véritable respect de l’Administration Bush pour la région islamique ». Cette opinion est confirmée par les résultats d’un sondage récente du Pew Research Center, un centre d’études privé indépendant de Washington. L’enquête a été réalisée de juillet à octobre auprès de 38 000 personnes dans 44 pays et dirigée par l’ancienne secrétaire d’État américaine Madeleine Albright. Selon le Pew, l’image des États-Unis dans les pays musulmans s’est fortement détériorée avec 59 % d’opinions défavorables au Liban, 75 % en Jordanie, 69 % au Pakistan, 69 % en Égypte et ce bien que ces pays soient des alliés de Washington. « La véritable cause du fort sentiment antiaméricain dans les pays musulmans, surtout arabes, est le soutien inconditionnel apporté par l’Administration Bush à Israël », a estimé Charles Butterworth, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à l’Université du Maryland.
George W. Bush met en avant la différence entre islam modéré et pacifiste et islamistes extrémistes afin d’atténuer le ressentiment aux États-Unis à l’égard des musulmans et tenter de restaurer l’image de l’Amérique dans le monde arabe. Depuis les attaques du 11 septembre et avec l’éventualité d’un conflit avec l’Irak, le président américain a multiplié les gestes et déclarations défendant la communauté islamique de manière à éviter que la guerre qu’il mène contre le terrorisme ne soit perçue comme « une croisade » de l’Occident contre l’islam. M. Bush s’est ainsi rendu jeudi dernier au centre islamique de Washington pour la célébration du dernier jour du ramadan. Le président était venu dans cette même mosquée, une semaine après les attentats du 11 septembre, à un moment où des...