Le Mossad, le service de renseignements israélien que le Premier ministre Ariel Sharon a chargé d’enquêter sur une double attaque anti-israélienne au Kenya, bénéficie d’une image quasi mythique depuis sa création, bien qu’il n’ait pas toujours été à la hauteur de sa réputation. Lorsque M. Sharon promet de venger ses concitoyens israéliens tués à l’étranger, c’est avant tout au Mossad qu’il confie cette mission. Comme d’autres services de renseignements, le Mossad dispose d’une section « action », chargée de neutraliser des ennemis désignés de l’État juif avec le feu vert du Premier ministre. Le Mossad (« institution » en hébreu) s’appelle en réalité l’Institution pour les renseignements et les tâches spéciales. Fondé en 1951, il mène des activités qui sont, en principe, couvertes par le secret militaire et la censure. Le nom de ses chefs était tenu secret jusqu’en 1996. Le Mossad qui compte de 2 000 à 3 000 agents est le plus petit des services de sécurité israéliens. Il dépend directement du Premier ministre, tout comme le Service général de sécurité (Shin Beth), qui couvre Israël et les territoires palestiniens. Les Renseignements militaires (Aman), service largement concurrent du Mossad dans la collecte d’informations extérieures et beaucoup plus important en effectif, dépend de l’armée. Le Mossad s’est illustré dans son histoire par quelques actions d’éclat, comme l’enlèvement en Argentine, en 1960, du bourreau nazi Adolf Eichmann. Emmené en Israël, Eichmann fut condamné à mort et exécuté. Le Mossad est aussi connu pour avoir assassiné un à un les responsables de l’organisation palestinienne Septembre noir, qui avait mené l’opération des Jeux olympiques de Munich, en 1972, où 11 athlètes israéliens ont trouvé la mort. En octobre 1995, le Mossad a assassiné à Malte le chef du mouvement radical palestinien Jihad islamique, Fathi Chikaki. D’autres opérations du Mossad n’ont cependant pas été rendues publiques par Israël, par souci de sécurité. Mais le Mossad a enregistré aussi ces dernières années toute une série de fiascos. La plus grave fut la tentative avortée en septembre 1997 d’assassiner Khaled Mechaal, chef du bureau politique du mouvement islamiste palestinien Hamas à Amman. Il est commandé depuis le 30 octobre par le général de réserve Meïr Dagan, 55 ans, politiquement très proche de M. Sharon, auquel il a servi de conseiller politique pour sa campagne électorale. Ce général s’est acquis une réputation de baroudeur. Conseiller de la lutte antiterroriste du précédent Premier ministre de droite Benjamin Netanyahu (entre 1996 et 1999), M. Dagan avait été chargé en novembre 2001 de diriger les pourparlers sur un cessez-le-feu avec les Palestiniens, qui n’ont pas abouti. Il avait dirigé en 1970 une unité secrète de commandos, l’unité Rimon, qui, selon la presse, exécutait sommairement des Palestiniens accusés de perpétrer des attentats dans la bande de Gaza, occupée alors par Israël.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Mossad, le service de renseignements israélien que le Premier ministre Ariel Sharon a chargé d’enquêter sur une double attaque anti-israélienne au Kenya, bénéficie d’une image quasi mythique depuis sa création, bien qu’il n’ait pas toujours été à la hauteur de sa réputation. Lorsque M. Sharon promet de venger ses concitoyens israéliens tués à l’étranger, c’est avant tout au Mossad qu’il confie cette mission. Comme d’autres services de renseignements, le Mossad dispose d’une section « action », chargée de neutraliser des ennemis désignés de l’État juif avec le feu vert du Premier ministre. Le Mossad (« institution » en hébreu) s’appelle en réalité l’Institution pour les renseignements et les tâches spéciales. Fondé en 1951, il mène des activités qui sont, en principe, couvertes par...