Des chercheurs du Karolinska Institue de Stockholm et de l’institut Pasteur de Paris ont découvert qu’un récepteur à la nicotine règle les réflexes respiratoires du sommeil. Leurs travaux de recherche, établis chez la souris, ont permis la découverte de ce mécanisme, valable également chez l’homme. Ils projettent ainsi un éclairage neuf, apportant par leurs travaux une explication de la mort subite du nourrisson, un incident dramatique dont la cause demeurait obscure. La découverte en question explique, en effet, comment l’exposition à la nicotine pendant la grossesse représente un facteur de risque important, sinon le plus important de la mort du jeune enfant durant les mois qui suivent sa naissance. Un avertissement qui mérite une attention toute particulière. Dans un nombre de pays européens, dont la France, la mort subite du nourrisson (MSN) reste une des premières causes de mortalité durant l’année qui suit la naissance de l’enfant. Des travaux de recherche entrepris à ce sujet dans deux des plus importantes institutions de recherche scientifique de l’Europe apportent une explication à ce phénomène, dont la survenue en Europe a été estimée, en 1990, à un décès pour mille naissance... Au cours des années qui suivirent, les recommandations de couchage sur le dos et la diffusion systématique de règles de puériculture ont contribué à la baisse de 50% de l’incidence de la mortalité des nourrissons. Sans toutefois pouvoir expliquer un nombre important de ces décès. Aujourd’hui la lumière est faite sur la principale cause de ces décès jusque-là inexplicables. Les travaux des chercheurs viennent confirmer le rôle néfaste de la nicotine sur l’embryon et ses conséquences ultérieures sur le nourrisson. Une équipe franco-suédoise Les résultats d’un travail de neurobiologie fondamentale, publiés dans les comptes-rendus de l’Académie scientifique américaine, confirment les résultats des travaux accomplis conjointement par les deux équipes franco-suédoises. Selon cette recherche, un récepteur cérébral particulier à la nicotine constitue le pivot du contrôle de la respiration et de l’éveil lors du sommeil. La nicotine se fixant dans le cerveau à ces récepteurs spécifiques, dont certains sont des neuromédiateurs essentiels à l’influx nerveux destiné au mouvement musculaire. Parmi eux, le récepteur bêta 2 micotinique joue un rôle particulier permettant d’expliquer le rôle de la nicotine dans la mort subite du nourrisson. Des études préalables avaient déjà démontré que ce même récepteur intervient dans les comportements d’apprentissage chez l’animal éveillé. Aujourd’hui, il vient d’être démontré qu’il joue également un rôle dans la régulation de la respiration, notamment dans les réflexes vitaux engagés par l’organisme face à un manque d’oxygène, survenant spontanément lors de brèves pauses respiratoires. En temps normal, il déclenche, lors de brèves apnées (pauses respiratoires), une puissante excitation cardio-respiratoire ainsi que l’éveil. Si cette réponse protectrice est affaiblie ou absente, l’apnée et le manque d’oxygénation conduisent à l’arrêt respiratoire. Des travaux effectués sur des souris ont confirmé l’effet négatif de la nicotine. Selon les chercheurs, dans l’espèce humaine, la nicotine transmise par le sang de la mère à son fœtus conduirait à une excitation continue du récepteur de la nicotine pendant la grossesse. La conséquence serait la diminution des réflexes respiratoires et de l’éveil face aux apnées du sommeil. D’où le risque accru de mort subite du nourrisson. Il est donc à espérer que, conscientes de ce danger, les futures mamans évitent tout contact avec les émanations de nicotine. Un argument supplémentaire contre le tabagisme, actif ou passif, des femmes enceintes... Sinusite: une affection à prendre au sérieux Considérée à tort comme un mal sans gravité, la sinusite ne doit jamais être traitée par le mépris. Mal de tête, petite fièvre et nez bouché peuvent annoncer ou faire soupçonner sa présence. Négligée, cette affection est susceptible d’entraîner des complications regrettables... La sinusite, comme son nom l’indique, est une inflammation des sinus, c’est-à-dire des cavités des os de la face. Ces cavités sont tapissées d’une muqueuse et communiquent avec les fosses nasales. Une agression, qu’elle soit virale, microbienne ou allergique, touchant le nez peut facilement venir infecter ou enflammer cette muqueuse. Après une grippe, un gros rhume, une rhino-pharyngite ou même un banal rhume de cerveau, l’infection peut s’étendre aux sinus donnant naissance à une sinusite. Agressés, les sinus réagiront en sécrétant un mucus épais pouvant difficilement s’écouler normalement. Il se trouvera donc enkysté dans les cavités sinusales. On ressent une douleur très vive, le nez est bouché, un mal sur le front, si l’inflammation touche les sinus frontaux, et au niveau des joues si elle touche les sinus maxillaires. Une fièvre pouvant monter jusqu’à 38,5° confirme l’existence d’une infection. Même si elle paraît bénigne, cette infection ne doit en aucun cas être négligée ou traitée par le mépris... De l’inhalation à la chirurgie Le traitement indispensable, on le répète, dépend du cas et de sa gravité. S’il s’agit d’une sinusite maxillaire survenant au cours d’un rhume, gouttes nasales ou pulvérisation, antalgiques et inhalations chaudes avec un produit mentholé suffisent pour arrêter l’évolution du mal. S’il s’agit de sinusite frontale, plus rebelle et souvent bien plus douloureuse, les antibiotiques et les anti-inflammatoires sont inévitables. Surtout en cas de poussées infectieuses sévères. En cas d’échec de tout traitement médical, une intervention chirurgicale peut être de mise. Elle consiste en un nettoyage («curetage») des muqueuses infectées, ce qui permet l’élimination radicale de l’infection des sinus... Orthopédie Le décryptage du mal de dos Ventre en avant, épaules tombantes, cambrure dorsale excessive. Ces mauvaises postures sont les pires ennemies de la colonne vertébrale. Or tout le monde a plus ou moins tendance à s’avachir et à rentrer les épaules. Résultat, sept personnes sur dix se plaignent d’avoir mal au dos. Quand ce «mal» n’est pas une infirmité, la conséquence d’une malformation ou d’un traumatisme (chute), une mauvaise posture (la démarche, la position assise, la position debout) en est généralement la principale coupable. La colonne vertébrale soutient le corps et lui permet de faire tous les mouvements de rotation, d’inclinaison et de flexion. Elle se compose de vertèbres, de disques intervertébraux et de nerfs. Un déséquilibre causé sur cet ensemble corporel, par une chute, une mauvaise position, une malformation ou une mauvaise habitude, se crée. En déviant l’axe d’une articulation, d’infimes lésions sont provoquées aux niveaux articulaire, discal, ligamentaire ou musculaire. Le maintien de la posture incorrecte, donc anormale, la mise en tension excessive d’un groupe musculaire et articulaire unilatéral entraîneront la fatigue et la tétanisation de l’autre côté. Résultat: le durcissement et le raccourcissement du premier côté et de fortes contractures à l’autre. Toute mauvaise posture entraîne des pressions anormales qui, à leur tour, engendrent des déformations. Un dos courbé peut se transformer en cyphose (déviation de la colonne vertébrale). Toutes les postures atypiques sont sources de maux de dos récurrents. À long terme, elles risquent de déclencher des lombalgie, discopathie, sciatique, hernie discale, arthrose, dorsalgie. Autant de maux et de malheurs parfaitement évitables, en réapprenant ou tout simplement en pensant à bien se tenir.
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