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Actualités - Analyse

«Les soldats perdus de l’islam»: témoignage de deux anciens militants

Un Algérien musulman élevé à Alger et un Français du Sud, catholique, perdu dans une banlieue parisienne, racontent leur vie dans un livre: Les soldats perdus de l’islam. À 17 ans, l’horizon n’est pas très dégagé à Bab el-Oued: Rachid est d’abord militaire dans l’armée algérienne, puis quitte son pays pour la France. Errance, squats, cages d’escaliers, trafic de stupéfiants, cambriolages: l’eldorado rêvé n’est que mirage. Il s’enfonce dans la délinquance, où il finit par croiser deux policiers. Jugé en comparution immédiate, il est incarcéré. Même destin pour Walid, qui s’appelait William. Élevé dans le Sud par une mère seule, il vit mal leur départ en banlieue parisienne. «Mon programme scolaire à moi comprenait insultes et brimades». Mais, rapidement, l’argent facile et les petits deals lui ramènent des copains. Imprégné d’alcool, un soir où sa mère le sermonne, il casse tout dans l’appartement et rompt au passage avec la fragile stabilité qu’elle tentait de maintenir: après la rue, il atteint là encore la «case prison». La spirale qui suivra est identique pour ces deux hommes que tout pourrait séparer: en prison, des «frères» les protègent. William se convertit à l’islam, apprend l’arabe, récite ses prières et devient Walid. Rachid dévore les lectures prêtées par Hafid, un homme respecté des autres, qui lui dit être là pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». À leur sortie, ils sont attendus, doucement embrigadés. Des mosquées classiques, ils vont dans des salles de prières plus confidentielles. «Ils vous prennent de plus en plus à part, c’est très organisé», a raconté Walid. Il ne dira pas qui se cache derrière ce «ils» car, dit-il, sa famille est menacée de mort. Après Londres, le premier ira en Afghanistan et en Bosnie. Le deuxième au Pakistan puis en Tchétchénie. «Pour des raisons de sécurité», ils restent vagues sur cette étape où ils basculent véritablement en devenant des «soldats de l’islam», ne donnent ni dates ni noms, ce qui rend leur récit moins crédible. Omar Guendouz, qui a recueilli leur témoignage, a assuré qu’il avait pu vérifier, à l’aide de photos, de courriers et par ses contacts, que leur histoire était véritable. Après leurs expériences au combat, parfois douloureuses, ces deux repentis ont souhaité parler pour encourager les jeunes à résister à l’embrigadement. (Les soldats perdus de l’islam, par Omar Guendouz, Ramsay, 144 pages). (AFP)
Un Algérien musulman élevé à Alger et un Français du Sud, catholique, perdu dans une banlieue parisienne, racontent leur vie dans un livre: Les soldats perdus de l’islam. À 17 ans, l’horizon n’est pas très dégagé à Bab el-Oued: Rachid est d’abord militaire dans l’armée algérienne, puis quitte son pays pour la France. Errance, squats, cages d’escaliers, trafic de stupéfiants, cambriolages: l’eldorado rêvé n’est que mirage. Il s’enfonce dans la délinquance, où il finit par croiser deux policiers. Jugé en comparution immédiate, il est incarcéré. Même destin pour Walid, qui s’appelait William. Élevé dans le Sud par une mère seule, il vit mal leur départ en banlieue parisienne. «Mon programme scolaire à moi comprenait insultes et brimades». Mais, rapidement, l’argent facile et les petits...