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Actualités - Reportage

CORRESPONDANCE Paysages finlandais en fils de soie à Washington(photos)

WASHINGTON - Irène MOSALLI On connaît l’apport de la Finlande au design contemporain à travers sa production de meubles, de verreries et de céramiques qui tiennent autant de l’œuvre d’art que de l’objet fonctionnel. En ce moment, on peut en savoir plus sur le textile d’art de ce pays nordique en visitant une exposition se tenant à l’ambassade de Finlande à Washington et qui s’intitule « Fiberscape » ou paysages de fils. Ici, le tissu devient un support pour des créations picturales, sculpturales et même photographiques. Toutes, traitées sur le mode soyeux et aérien, semblent flotter dans l’espace. Elles sont aux antipodes du concept de la tapisserie rigide et à l’exécution serrée. Elles sont le fait de trois artistes tissant trois styles différents mais toutes s’inspirant de la nature. La soie comme pellicule photographique Cette technique est celle de d’Aino Faven qui imprime directement sur de la fine organza des photos aux contours estompés. Sur l’un des panneaux flottants, elle a fixé l’image de ses yeux et sur un autre le négatif de la photo de son corps. Quand les panneaux bougent et que change la lumière, ces visions semblent immatérielles. Faven projette de faire un film sur soie. Une mosaïque de soie Pour dire les Iles désertes et les Planètes, Katri Haathi recouvre des centaines de têtes d’épingles et de punaise d’étoffes de soie qui constituent ainsi des myriades de lucioles qui, à l’aide de jeux de lumière, projettent des ombres fantastiques ou lyriques. Jouer du métier à tisser Inka Kivalo n’est pas une passéiste mais elle utilise un métier à tisser ayant cent ans d’âge dont elle aime à jouer « comme d’un instrument de musique ». Elle y rythme des tissages improvisés dans la mesure où elle ne place pas un modèle devant ses yeux. En fait, elle inscrit le dessin dans sa mémoire. Elle crée elle-même la teinture de ses fils pour restituer la texture des éléments des sites qu’elle réalise : le rouge fort des coquelicots, le tacheté des verts-forêt et la palette des aubes. Elle a aussi ses moments ludiques. Comme lorsqu’elle s’est plu à confectionner un troupeau d’éléphants à dominante mauve et rose. Ces trois artistes (issues de la légendaire Université d’art et de design de Helsinki) ont participé l’an dernier à la prestigieuse Triennale de la tapisserie qui s’est tenue à Lodz, en Pologne. Toutes ont innové côté technique et matériel en diversifiant leur inspiration et leurs activités. Kivalo s’adonne parallèlement à l’enseignement, Faven crée des bijoux à partir de matériaux recyclés et Haathi produit des tissus utilisés dans les cérémonies liturgiques. Il est important pour elles de valoriser le travail fait main et de faire se rencontrer l’art et l’industrie.
WASHINGTON - Irène MOSALLI On connaît l’apport de la Finlande au design contemporain à travers sa production de meubles, de verreries et de céramiques qui tiennent autant de l’œuvre d’art que de l’objet fonctionnel. En ce moment, on peut en savoir plus sur le textile d’art de ce pays nordique en visitant une exposition se tenant à l’ambassade de Finlande à Washington et qui s’intitule « Fiberscape » ou paysages de fils. Ici, le tissu devient un support pour des créations picturales, sculpturales et même photographiques. Toutes, traitées sur le mode soyeux et aérien, semblent flotter dans l’espace. Elles sont aux antipodes du concept de la tapisserie rigide et à l’exécution serrée. Elles sont le fait de trois artistes tissant trois styles différents mais toutes s’inspirant de la nature. La soie comme...