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Actualités - Reportage

CORRESPONDANCE - Un documentaire passionnant Des arbres et des hommes(photo)

Paris – De Mirèse AKAR C’est nous qui avons créé le couple nature-culture dont il va sans dire que minéraux, végétaux et animaux se passeraient fort bien. Et c’est donc à nous seuls qu’il sert de système d’évaluation, nous conduisant à porter sur eux un regard qui, même distancié, restera entaché d’anthropomorphisme. Des fables sans morale Voilà ce que ne peut s’empêcher de penser le spectateur d’Arbres, un merveilleux documentaire dont le tournage a fait parcourir à Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil pas moins de 140000 km. Il ne leur a certes pas fallu aller bien loin pour constater que l’arbre des villes, devenu aussi banal qu’un meuble urbain, ne bénéficie que d’une attention distraite de la part des piétons. Mais c’est parfois aux antipodes qu’ils ont dû aller pour observer, in situ, des specimens moins ordinaires, à l’origine de quelques jolies fables sans morale qui émaillent le commentaire du film dit par Michel Bouquet. Ainsi du baobab narcissique de Madagascar. Mécontent de sa condition, il l’aurait fait savoir à son Créateur qui l’aurait aussitôt replanté à l’envers. Ou du palétuvier qui ne s’accommode pas d’une existence sédentaire et joue au funambule sur ses racines-échasses, parcourant plusieurs mètres par an, ce qui est le bout du monde pour un arbre. Le séquoia de Californie, au nom de chef indien, n’a besoin que de sa taille – 112 m – et de son poids – 5500 tonnes – pour nous en imposer. Quant au figuier étrangleur, il se moque éperdument de s’attirer nos blâmes et continuera d’enserrer les troncs de ses voisins pour mieux les étouffer. Et le hêtre tortillard ne semble éprouver aucune honte à nous paraître un peu « dérangé », lui qui dirige bizarrement ses rameaux vers le sol tandis que ses racines tentent de s’en échapper. « Fous de palmiers » Les girafes trouvant ses feuilles à leur goût, l’acacia se montre bon enfant jusqu’à un certain point puis émet un gaz toxique dès qu’elles en consomment plus que de raison. Le palmier peut se targuer de 3000 variétés de par le monde, mais aussi d’une association originale, « Fous de palmiers ! », active du côté de Hyères, dans le Var, où quelques pépiniéristes réussissent le tour de force d’exporter de jeunes plants vers la péninsule arabique. Ce qui n’est pas précisé dans Arbres, et on peut le regretter. À propos du spectaculaire banian, on retient cette jolie formule qu’« il ne cache pas la forêt : il est lui-même la forêt ». Mais aucun des specimens montrés ne vole la vedette au patriarche du règne végétal, un pin des White Mountains, greffier de l’histoire depuis pas moins de 5000 ans et qui, soyons beaux joueurs en le reconnaissant, dame le pion à nos cèdres pluriséculaires.
Paris – De Mirèse AKAR C’est nous qui avons créé le couple nature-culture dont il va sans dire que minéraux, végétaux et animaux se passeraient fort bien. Et c’est donc à nous seuls qu’il sert de système d’évaluation, nous conduisant à porter sur eux un regard qui, même distancié, restera entaché d’anthropomorphisme. Des fables sans morale Voilà ce que ne peut s’empêcher de penser le spectateur d’Arbres, un merveilleux documentaire dont le tournage a fait parcourir à Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil pas moins de 140000 km. Il ne leur a certes pas fallu aller bien loin pour constater que l’arbre des villes, devenu aussi banal qu’un meuble urbain, ne bénéficie que d’une attention distraite de la part des piétons. Mais c’est parfois aux antipodes qu’ils ont dû aller pour observer, in...