Recueillis dans la prière ou en pleurs, rassemblés dans les églises bondées ou sur des lieux publics en plein air, les Australiens ont observé dimanche une journée de deuil national, une semaine après l’attentat de Bali, où une centaine de leurs compatriotes ont perdu la vie. « Notre chagrin est au-delà de toute compréhension », ont dit dans un communiqué les parents d’Angela Golotta, tuée dans cette action terroriste alors qu’elle était âgée de 19 ans et seule Australienne à avoir été jusqu’à présent formellement identifiée. Son corps, le premier d’un Australien mort dans l’attentat de Bali, avait été rapatrié samedi dans un cercueil recouvert d’un drapeau. Une minute de silence a été observée dimanche à midi à la demande des autorités, de Darwin, au Nord, jusqu’en Tasmanie, à l’extrême Sud, tandis que les gens arboraient des brins d’acacia, la plante nationale australienne, en mémoire des personnes disparues au cours de la pire tragédie connue par l’Australie en temps de paix. Certains ont à cet égard exprimé la crainte que leur vaste pays, longtemps considéré comme étant trop insouciant et trop éloigné pour attiser la haine, ne soit plus jamais le même après l’attentat à la voiture piégée du 12 octobre qui n’a toujours pas été revendiqué et a fait 187 morts avec le décès d’une femme balinaise lors d’un vol vers l’Australie où elle devait être soignée, selon un nouveau bilan. « Je ne veux pas paraître alarmiste, mais nous vivons dans un monde différent », a à cet égard lancé dimanche à la télévision le Premier ministre John Howard, mettant en garde contre l’éventualité d’une autre attaque contre l’Australie. Le chef du gouvernement a ensuite participé à un service religieux commémoratif dans une église de Canberra, cependant que 30 000 personnes s’étaient, de leur côté, regroupées dans le Domain Park de Sydney, sous le soleil du printemps austral. De nombreuses autres rencontres ont aussi été organisées dans les maisons des familles en deuil et dans les localités qui, à l’instar de Coogee, dans la banlieue de Sydney, où six membres de l’équipe locale de rugby sont morts à Bali, ont perdu des groupes entiers de jeunes partis passer leurs vacances en Indonésie. Des milliers de personnes étaient également attendues à une cérémonie à la chandelle sur un terrain de sport de Perth en mémoire des victimes de la cité, dont sept membres d’une équipe de football. Les athlètes des équipes sportives, qui devaient jouer dimanche, portaient un brassard noir et des registres de condoléances ont été mis en place dans les parlements fédéral ou locaux, ainsi que dans d’autres bâtiments officiels. Pour leur part, le président George W. Bush et son secrétaire d’État Colin Powell ont adressé des messages de condoléances et d’encouragement aux Australiens, le ministre américain des Affaires étrangères parlant à cette occasion de l’attentat de Bali comme d’« un 11 septembre pour le peuple australien », en référence aux attaques terroristes de 2001 aux États-Unis. Toutefois, le chef de l’Église anglicane australienne, l’archevêque Peter Carnley, a critiqué le soutien apporté par Canberra notamment à la politique américaine vis-à-vis de l’Irak, estimant que « ce n’était certainement qu’une question de temps avant que des vies australiennes ne soient sacrifiées dans des actions de représailles ».
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