La famine et la pauvreté restent plus que jamais des handicaps à plus de paix et de sécurité en Afrique sub-saharienne, analyse l’Institut international d’études stratégiques (IISS) dans son rapport 2002-2003 sur l’état des forces dans le monde. « Dans le même temps, l’épidémie du sida est un problème croissant, réduisant les capacités militaires de nombreux pays de la région », explique le rapport publié jeudi à Londres. Ainsi au Zimbabwe, 75% des membres des forces armées sont infectés par le virus du sida, selon des estimations citées par l’IISS. « Aggravant le problème, les soldats qui sont infectés ont des niveaux de discipline faibles, ce qui peut nuire à leur efficacité au combat et conduire à des violations des droits de l’homme », explique l’institut, dont le siège est à Londres. Guerres civiles et conflits locaux restent la toile de fond, même si certains conflits anciens ont été réglés ou sont en passe de l’être. Ainsi la mort de Jonas Savimbi, le chef de l’Unita angolaise, « a marqué la fin d’un conflit vieux de 40 ans ». « Des négociations se sont ouvertes entre les rebelles et le gouvernement », menant au désarmement de 80% des rebelles. « Mais avec un demi-million de personnes proches de la famine, les risques de conflit demeurent », avertit l’IISS. « Dans le contexte général des conflits en Afrique, le cas de la Sierra Leone est un succès », relève l’IISS. Le conflit s’est terminé en janvier 2002, mettant fin à une décennie de guerre civile qui a fait 43000 morts. « Toutefois des tensions perdurent entre l’élite urbaine de la côte, qui contrôle la richesse du pays, et la population relativement pauvre de l’intérieur des terres », relève l’IISS. Des progrès ont également été enregistrés au Soudan: « Il y a de réelles perspectives de prospérité dans ce pays, particulièrement grâce aux revenus pétroliers, mais elles nécessitent la stabilité », explique l’IISS. La Russie cherche à remplacer la Chine comme principal fournisseur d’armes au Soudan. Moscou a proposé de moderniser l’armée soudanaise et de fournir des avions, Khartoum octroyant à la Russie une licence pour explorer et exploiter le secteur énergétique soudanais. « L’Afrique du Sud est le seul pays de la région à accroître de façon notable ses capacités militaires », relève l’IISS, qui cite deux programmes d’équipement naval. D’abord la commande de quatre corvettes allemandes, qui doivent être livrées en 2004, pourrait redonner une présence navale à l’Afrique du Sud. Ces navires seront « les mieux armés de la région », selon l’institut. Le second programme concerne une commande de trois sous-marins à propulsion classique de fabrication allemande, livrables en 2005. L’Afrique du Sud est le seul pays de la région à disposer de sous-marins.La piraterie et la sécurité maritime représentent une « menace grandissante » sur le continent. « Après les événements du 11 septembre, il y a eu des inquiétudes, notamment de la part du gouvernement américain, sur la sécurité des ports et de la marine marchande, notamment dans l’Afrique sub-saharienne, où les ports sont peu sûrs », indique le rapport.
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