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Actualités - Chronologie

Les Kurdes rêvent toujours d’indépendance, malgré les menaces des voisins

Les Kurdes sont en droit de réclamer un État indépendant, souligne un dirigeant kurde de premier plan, mais pour aussitôt ajouter que la population kurde est réaliste et se contenterait pour le moment d’un Irak fédéral. « Il est bien sûr de notre droit légitime de vouloir établir un État indépendant, notre nation ayant des caractéristiques uniques, des structures politique, culturelle et sociale différentes et comptant une forte population », déclare M. Jawhar Nahmegh Salim. « Mais nous constatons que dans la situation actuelle, il nous faut être réalistes dans nos objectifs et tirer le plus de gains possible, dans le cadre de la nation irakienne », dit-il. « Nos espoirs et aspirations, pour le moment, se limitent à ce cadre », ajoute M. Salim lors d’une rencontre cette semaine dans le quartier général de sa formation, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), à Salaheddine. « Mais cela n’annule pas notre droit, en tant que peuple, à l’autodétermination », dit-il. Le PDK partage avec une autre formation kurde, l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), le contrôle du Kurdistan irakien qui échappe au pouvoir central de Bagdad depuis la guerre du Golfe en 1991. La région compte plus de 23 millions de Kurdes répartis essentiellement en Irak, Iran, Turquie et Syrie. Il s’agit d’un des plus importants groupes ethniques sans État propre et sa situation difficile a été propulsée au devant de la scène après les menaces américaines de renverser Saddam Hussein. Des pays voisins de l’Irak, surtout la Turquie qui, depuis des décennies, combat les séparatistes kurdes, expriment de plus en plus leurs craintes qu’un renversement du président irakien puisse ouvrir la voie à l’établissement d’une zone autonome kurde. Les deux autres voisins, la Syrie et l’Iran, qui comptent d’importantes communautés kurdes, ont également soulevé les mêmes objections à tout projet d’État souhaité par le PDK et l’UPK. Pour M. Salim, l’Iran « ne s’inquiète pas trop d’un renversement de Saddam », même si publiquement il affirme son opposition à une attaque contre son ancien ennemi. Il insiste sur le fait que les Kurdes, dont les conditions de vie sont difficiles dans cette enclave, sont « réalistes » et par conséquent veulent faire partie de l’Irak. « Pour ce qui est de l’autodétermination, nous ne pensons pas que la conjoncture actuelle nous permette d’aller jusqu’à cet extrême », explique-t-il. Et de nouveau il s’en prend à la Turquie, qui a menacé la semaine dernière de recourir à la force pour stopper toute démarche en vue de l’indépendance, l’accusant d’utiliser la question kurde comme un outil de chantage avant une éventuelle frappe américaine en Irak. « Le problème de la Turquie c’est qu’elle refuse de reconnaître l’existence même des Kurdes. Mais sa rhétorique ne s’adresse pas à nous car nous avons expliqué clairement que notre objectif était de vivre au sein de l’Irak », dit-il.
Les Kurdes sont en droit de réclamer un État indépendant, souligne un dirigeant kurde de premier plan, mais pour aussitôt ajouter que la population kurde est réaliste et se contenterait pour le moment d’un Irak fédéral. « Il est bien sûr de notre droit légitime de vouloir établir un État indépendant, notre nation ayant des caractéristiques uniques, des structures politique, culturelle et sociale différentes et comptant une forte population », déclare M. Jawhar Nahmegh Salim. « Mais nous constatons que dans la situation actuelle, il nous faut être réalistes dans nos objectifs et tirer le plus de gains possible, dans le cadre de la nation irakienne », dit-il. « Nos espoirs et aspirations, pour le moment, se limitent à ce cadre », ajoute M. Salim lors d’une rencontre cette semaine dans le quartier général de sa...