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Actualités - Chronologie

Ankara hésite entre son soutien aux USA et sa hantise des Kurdes

Face à une possible attaque des États-Unis en Irak, la Turquie hésite entre son soutien traditionnel au grand frère américain et sa hantise non moins traditionnelle à l’égard des Kurdes. « L’établissement d’un État indépendant (kurde) près de nos frontières serait inacceptable », a martelé ce week-end le Premier ministre turc Bülent Ecevit. Si les Kurdes d’Irak venaient à créer un État indépendant, la Turquie prendrait « les mesures nécessaires », a-t-il averti au lendemain d’une réunion du Parlement mis en place par les deux factions kurdes qui contrôlent le nord de l’Irak depuis la fin de la guerre du Golfe. La Turquie craint que l’apparition d’un État kurde à sa frontière ne réveille les velléités de sécession de sa propre minorité kurde dans le sud-est du pays. Quinze années de guerre contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont traumatisé le pays et expliquent l’intransigeance d’une partie de la classe politique face à la moindre revendication d’une population qui compte de 12 à 20 millions de personnes, soit près d’un habitant sur quatre en Turquie. Ce n’est que l’été dernier que le Parlement turc, soucieux de l’attitude de l’Union européenne que le pays voudrait rallier, a autorisé l’enseignement privé et la diffusion radiotélévisée en langue kurde. Cette réforme demeure toutefois contestée, notamment par les ultranationalistes. Ceci permet de comprendre que les Kurdes irakiens tentent de rassurer Ankara. « Les Kurdes ne menaceront pas la sécurité et la stabilité de leurs voisins et nous sommes prêts à donner des assurances », affirmait par exemple vendredi Massoud Barzani, leader du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Le PDK et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) de Jalal Talabani veulent créer un État fédéral en Irak au sein duquel les Kurdes disposeraient d’une large autonomie. « Le fédéralisme veut dire l’union, pas la division, » affirme Said Ahmed Pire, responsable de l’UPK pour les relations étrangères. La Turquie, qui maintient depuis plusieurs années des soldats dans le nord de l’Irak, affirme son attachement à l’intégrité territoriale de son voisin, mais n’hésite pas à revendiquer un droit de regard sur cette ancienne province ottomane et le droit d’y défendre les intérêts de la minorité turcomane. « Les ressources naturelles de l’Irak ne sont pas des ressources qui peuvent être octroyées à tel ou tel élément du peuple irakien », affirmait récemment le ministre turc des Affaires étrangères Sukru Sina Gurel pour lequel il faut empêcher les Kurdes de s’approprier les riches puits de pétrole de la région de Kirkouk. « Comme nous l’avons fait à Chypre, nous prendrons le moment venu ce qui nous revient de droit à Mossoul et Kirkouk », affirmait plus énergiquement encore samedi le président du Parlement turc, l’ultranationaliste Omer Izgi. « La Turquie devrait prendre l’initiative et ses forces armées prendre le contrôle du nord de l’Irak, plus ou moins jusqu’au 36e parallèle » avant toute opération militaire américaine, avance pour sa part le général à la retraite et spécialiste géopolitique Armagan Kuloglu. Cela permettrait « d’endiguer l’afflux de réfugiés, de garantir la sécurité des Turcomans et d’empêcher les Kurdes de devenir économiquement forts en prenant la région de Mossoul et Kirkouk », ajoute-t-il, estimant que 30 000 à 40 000 hommes suffiraient à la tâche. « La Turquie perdra beaucoup si elle ne prend pas une part active » au renversement du président irakien Saddam Hussein, estime lui aussi le général à la retraite Cevik Bir. Et d’ajouter : « La Turquie devrait se préparer à une opération qui semble inévitable. »
Face à une possible attaque des États-Unis en Irak, la Turquie hésite entre son soutien traditionnel au grand frère américain et sa hantise non moins traditionnelle à l’égard des Kurdes. « L’établissement d’un État indépendant (kurde) près de nos frontières serait inacceptable », a martelé ce week-end le Premier ministre turc Bülent Ecevit. Si les Kurdes d’Irak venaient à créer un État indépendant, la Turquie prendrait « les mesures nécessaires », a-t-il averti au lendemain d’une réunion du Parlement mis en place par les deux factions kurdes qui contrôlent le nord de l’Irak depuis la fin de la guerre du Golfe. La Turquie craint que l’apparition d’un État kurde à sa frontière ne réveille les velléités de sécession de sa propre minorité kurde dans le sud-est du pays. Quinze années de guerre...