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INVENTION - Révolution ou rêve écologique ? Et maintenant, l’automobile à air comprimé

Une petite entreprise varoise relève le défi d’utiliser l’air comprimé comme carburant propre et présente un prototype trois places à volant central au Mondial de l’automobile, qui a ouvert ses portes au public le week-end dernier à Paris. Cent cinquante kilomètres avec un plein d’air comprimé qui coûterait 1,5 euro... Si ces performances – promises par l’inventeur de la MiniCAT mais pas encore testées officiellement – s’avèrent exactes, on pourrait être au début d’une révolution. Le prototype est spécialement conçu pour une utilisation en ville. Le design rappelle beaucoup la Smart, mais sous le capot, c’est un moteur à air comprimé conçu par l’ingénieur français Guy Nègre. La technique a été brièvement utilisée au début du siècle par des tramways à Nantes et à La Rochelle. Pour la rendre efficace sur une voiture, « huit années de recherche ont été nécessaires et une quarantaine de brevets déposés », explique M. Nègre, qui a travaillé pendant 30 ans dans la Formule 1 et l’industrie aéronautique. Le principe : trois longs tubes en fibre de carbone fixés sous le chassis contiennent de l’air comprimé à une pression 150 fois plus grande que celle des pneus. Dans le moteur, un piston aspire l’air extérieur et le comprime à 20 bars, ce qui le chauffe à 400 degrés celsius. Une injection d’air comprimé force le piston à redescendre en entraînant l’axe des roues. Prix : 14 000 dollars Le poids du véhicule est réduit grâce à un châssis en tubes d’aluminium collés ainsi que par l’économie de câbles, avec un système électrique basé sur un seul fil. Comme l’air extérieur doit être filtré avant compression, l’air ressortirait même de la voiture plus propre. Pour faire le plein, quatre heures de charge sur du 220V seraient suffisantes, ce qui coûterait 1,5 euro seulement en heures creuses. Alors, trop beau pour être vrai ? Les grands constructeurs ont pour le moment tourné le dos à l’air comprimé pour investir dans les batteries électriques et les moteurs à hydrogène (comme le dernier prototype de General Motors, Hy-wire, en vedette au Mondial de l’automobile). La filière de la pile à combustible, qui utilise l’hydrogène, est considérée comme la plus prometteuse sur le plan écologique. Pour faire le bilan écologique de la MiniCAT, il faudra considérer l’ensemble de la pollution sur toute la chaîne, de la compression de l’air (qui nécessite de l’électricité), au nettoyage des filtres, rappellent les spécialistes. Guenter Hoermandinger, spécialiste des transports à la Commission européene, estime « à titre personnel » qu’une autonomie de 150 kilomètres est « hors de question » compte tenu de la quantité d’air compressé. « 10 kilomètres seraient déjà un succès énorme », indique-t-il. Ces doutes sont partagés par Stéphane Biscaglia, ingénieur de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui ajoute que « les données techniques qui nous ont été communiquées sont très vagues. » Pour la MiniCAT, c’est bientôt l’épreuve de vérité, puisque son inventeur, qui dispose d’une usine près de Nice, annonce la première voiture fabriquée en série pour le premier semestre 2003, à un prix voisin de 14 000 dollars.
Une petite entreprise varoise relève le défi d’utiliser l’air comprimé comme carburant propre et présente un prototype trois places à volant central au Mondial de l’automobile, qui a ouvert ses portes au public le week-end dernier à Paris. Cent cinquante kilomètres avec un plein d’air comprimé qui coûterait 1,5 euro... Si ces performances – promises par l’inventeur de la MiniCAT mais pas encore testées officiellement – s’avèrent exactes, on pourrait être au début d’une révolution. Le prototype est spécialement conçu pour une utilisation en ville. Le design rappelle beaucoup la Smart, mais sous le capot, c’est un moteur à air comprimé conçu par l’ingénieur français Guy Nègre. La technique a été brièvement utilisée au début du siècle par des tramways à Nantes et à La Rochelle. Pour la...