Artisan et signataire des accords d’Oslo, numéro deux de l’OLP et souvent cité comme le successeur potentiel de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas, plus connu sous le nom de guerre d’Abou Mazen, s’est dit résolument hostile à l’usage de la violence armée pour résister à l’occupation israélienne. Dans une interview accordée au cours du week-end, ce cofondateur du Fateh avec Arafat dans les années 1960 estime que « de nombreuses erreurs ont été commises, qui n’auraient pas dû l’être », au cours des deux dernières années d’intifada, qui ont enterré le processus d’Oslo de 1993. « J’ai souvent dit que l’usage des armes dans cette intifada était une erreur. Je n’ai rien contre le fait de jeter des pierres. C’est un mode d’expression populaire. Ça ne pose pas de problèmes de recourir à la protestation populaire parallèlement à des négociations », confie-t-il. Âgé de 67 ans, contre 73 pour Arafat, Abou Mazen incarne aujourd’hui la légitimité historique de la « résistance » des Palestiniens, immédiatement après le président de l’Autorité autonome. Il est un partisan déclaré de la reprise en main financière et sécuritaire de cette dernière, que réclament les États-Unis. Sous la pression de Washington, qui a repris à son compte une exigence israélienne, Arafat a procédé à certains remaniements au sein de l’Autorité, qualifiés de purement cosmétiques par Israël. Au nombre de ceux-ci figure la nomination d’un nouveau ministre de l’Intérieur, Abdel-Razzak al-Yahia. Celui-ci, dont la promotion a été bien accueillie par Washington, s’est prononcé publiquement contre toutes les formes de violence, y compris les jets de pierres, ce en quoi Abou Mazen semble ainsi se différencier. Mais tous deux rejettent sans ambages les attentats-suicide des mouvements extrémistes palestiniens, dont la popularité au sein de l’opinion palestinienne a chuté de 74 % à 64 % depuis décembre dernier, selon un sondage publié dimanche. Abou Mazen dit rejeter tous les attentats contre des civils et stigmatise notamment les attentats-suicide qui « nuisent incontestablement à la cause palestinienne » et à son image dans le monde. Menaces de mort Mahmoud Abbas, qui avait cosigné les accords d’Oslo en septembre 1993 avec Shimon Peres sur la pelouse de la Maison-Blanche sous les yeux de Bill Clinton, Yasser Arafat et l’ancien Premier ministre israélien assassiné Yitzhak Rabin, est très respecté aux États-Unis, en Israël, dans le monde arabe comme au sein même de la direction palestinienne. Il est considéré comme le « cerveau » de l’OLP, mais il ne jouit pas du même charisme ni de la même notoriété que son chef et n’est pas le porte-étendard de la rue palestinienne, sans doute parce qu’il est jugé trop conciliant vis-à-vis d’Israël. Cependant, son profil correspond au Premier ministre palestinien que les États-Unis aimeraient bien voir gouverner les affaires palestiniennes au détriment d’Arafat, qui ne détiendrait plus qu’un pouvoir protocolaire. Mais ce dernier s’oppose à cette idée, quitte à être accusé de faire traîner les réformes institutionnelles promises. Durant la dizaine de jours qu’a duré le siège de la Moukataa, le QG de Yasser Arafat à Ramallah, Mahmoud Abbas et une quinzaine de hauts responsables du Fateh ont géré au jour le jour les affaires palestiniennes, tel un gouvernement intérimaire. Certains Palestiniens, y compris au sein même du Fateh, y ont vu une initiative destinée à isoler un peu plus Arafat, dont le président George Bush Jr a estimé qu’il devait être supplanté par des dirigeants « non compromis dans le terrorisme ». Mais Abou Mazen nie toute intention de ce genre.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Artisan et signataire des accords d’Oslo, numéro deux de l’OLP et souvent cité comme le successeur potentiel de Yasser Arafat, Mahmoud Abbas, plus connu sous le nom de guerre d’Abou Mazen, s’est dit résolument hostile à l’usage de la violence armée pour résister à l’occupation israélienne. Dans une interview accordée au cours du week-end, ce cofondateur du Fateh avec Arafat dans les années 1960 estime que « de nombreuses erreurs ont été commises, qui n’auraient pas dû l’être », au cours des deux dernières années d’intifada, qui ont enterré le processus d’Oslo de 1993. « J’ai souvent dit que l’usage des armes dans cette intifada était une erreur. Je n’ai rien contre le fait de jeter des pierres. C’est un mode d’expression populaire. Ça ne pose pas de problèmes de recourir à la...