La rentrée scolaire, déjà achevée dans certains établissements, sur le point de l’être dans d’autres, a inspiré à l’un de nos lecteurs, Charles Khalifé, une réflexion sur le rôle de coordinateur, qu’il assume lui-même dans une école de Beyrouth. M. Khalifé suggère que le coordinateur joue trois fonctions dans un établissement scolaire : celle de formateur et de superviseur, deux fonctions qui se rejoignent, et celle de conseiller pédagogique de la direction. Voici son constat : « Il est heureux de constater que tout établissement scolaire a maintenant un coordinateur pour chaque cycle. Toutefois, la conception qu’on se fait de son rôle est généralement erronée. À ceux qui se demanderaient en quoi consiste ce rôle, je suggère, à la lumière de mon expérience, deux fonctions fondamentales : celles de formateur et de superviseur, auxquelles s’ajoute une fonction subsidiaire : celle de conseiller pédagogique de la direction. Dans sa fonction de formateur, le coordinateur visite régulièrement, tout au long de l’année, les classes de son ressort. À raison de trente minutes – c’est un minimum – pour chaque cours, il lui faudra une semaine pour terminer sa ronde. Dans les grands collèges, cela lui prendrait deux semaines sans doute. « L’objectif de la visite est de vérifier la méthode et la compétence de chaque professeur. Le coordinateur note le positif comme le négatif de la chose : hésitations, pauvreté de l’exploitation du sujet traité (explication d’un texte, grammaire, etc.). Dans ce cas, le coordinateur fait du dépannage : il comble les lacunes de l’enseignant en s’adressant aux plus timides comme pour voir s’ils ont compris (le prestige du prof reste ainsi préservé). D’ailleurs, les bons éducateurs devraient se démettre de leur respect humain et n’envisager que l’intérêt et le progrès de leurs apprenants. Si le cours est monotone, ce qui va entraîner bâillements et bavardage, le coordinateur intervient pour jouer comme un bon acteur en vue d’animer la classe en la faisant participer de près aux explications. « Pour que cette fonction de superviseur soit complète, le coordinateur doit, en aparté, fournir aux intéressés un compte rendu circonstancié de son appréciation. Il leur montre les qualités puis les lacunes et les défaillances de leurs méthodes respectives. Il communique ses vues, par écrit, à la direction. « Le coordinateur parfait est celui qui ose donner lui-même, périodiquement, des cours dans les différentes classes. Il inculque ainsi des schémas méthodologiques aux enseignants en les appliquant dans ses différents cours. Il va de soi que le coordinateur est censé être un maître chevronné pour qui tout est acquis et clair. « Pour clore ce côté didactique, le coordinateur réunira son personnel tous les quinze jours au moins pour faire des remarques générales ou des suggestions sur tel ou tel problème et notamment sur l’application des programmes, débattre des difficultés rencontrées (langue, grammaire...), écouter le cours d’un des enseignants, y porter critiques ou éloges. Ce cours-là pourra porter sur une explication d’un petit texte, sur la facture d’une narration, ou encore sur un exposé modèle. « Le coordinateur joue, en outre, un rôle de superviseur. Ce qu’il supervise, d’abord, ce sont les préparations des professeurs. Ses indications à même le cahier souligneront l’importance de tel ou tel point. Il supervise, ensuite, systématiquement, les corrections des contrôles et des examens. Il supervise aussi, périodiquement, des devoirs corrigés (narrations, explications de texte...) où il y aurait beaucoup à dire. Enfin, sa fonction couvre aussi les classeurs ou cahiers de classe et les cahiers de lecture personnelle, supposée faite à la maison, tous les soirs. « En troisième lieu, le coordinateur joue le rôle de conseiller pédagogique auprès de la direction. Il donne son avis sur le maintien des manuels ou leur remplacement par d’autres plus appropriés ; il contribuera à l’enrichissement de la bibliothèque ; il donne son appréciation sur d’éventuelles recrues, après avoir assisté à leur cours de préférence devant les élèves. « Le coordinateur sera enfin consulté sur l’attribution des classes de son ressort aux professeurs qui y conviennent le mieux. « Comme on le voit, le coordinateur est censé jouer un rôle fondamental dans tout établissement scolaire digne de ce nom. Lui demander d’assumer plus d’une classe à enseigner lui-même serait le détourner de sa véritable mission, qui est énorme, et l’inciter à la bâcler ou à la négliger, au détriment de l’établissement lui-même. » Charles KHALIFÉ Docteur ès lettres – Sorbonne Coordinateur
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La rentrée scolaire, déjà achevée dans certains établissements, sur le point de l’être dans d’autres, a inspiré à l’un de nos lecteurs, Charles Khalifé, une réflexion sur le rôle de coordinateur, qu’il assume lui-même dans une école de Beyrouth. M. Khalifé suggère que le coordinateur joue trois fonctions dans un établissement scolaire : celle de formateur et de superviseur, deux fonctions qui se rejoignent, et celle de conseiller pédagogique de la direction. Voici son constat : « Il est heureux de constater que tout établissement scolaire a maintenant un coordinateur pour chaque cycle. Toutefois, la conception qu’on se fait de son rôle est généralement erronée. À ceux qui se demanderaient en quoi consiste ce rôle, je suggère, à la lumière de mon expérience, deux fonctions fondamentales : celles de...