Turquie L’adhésion d’Ankara à l’UE menacée après l’inéligibilité d’Erdogan
le 23 septembre 2002 à 00h00
L’interdiction faite au très populaire dirigeant pro-islamiste turc Recep Tayyip Erdogan de se présenter aux élections législatives porte un coup sévère aux efforts du pays pour améliorer la démocratie et adhérer à l’Union européenne, estimaient les observateurs turcs samedi. De nombreuses voix, parmi lesquelles des journalistes, des responsables économiques et syndicats et même les partis rivaux de celui de M. Erdogan, se sont élevées pour dénoncer la décision vendredi des autorités électorales turques de prononcer l’inéligibilité de ce candidat qui avait de grandes chances de remporter les élections du 3 novembre prochain. « Avec une telle mentalité, l’Union européenne ne sera plus qu’un rêve pour la Turquie », a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ismail Cem, qui est maintenant à la tête du parti de centre-droit d’opposition, selon l’agence de presse Anatolie. « Ceci est la démocratie turque en 2002 », titre en une sur un fond noir le quotidien libéral Radikal. « Ce ne sera pas une surprise si l’UE... devient de plus en plus suspicieuse » en ce qui concerne les récentes réformes de la Turquie pour s’aligner sur les normes européennes, écrit Ilter Turkmen, chroniqueur dans le très populaire journal Hurriyet. Mais certains commentateurs sont en faveur de l’interdiction. « Tous les États du monde prennent des mesures légales pour protéger leur système, » estime Emin Colasan dans le même journal, en se référant à la récente interdiction du parti basque Batasuna en Espagne. Le Haut Conseil électoral, dont la décision est sans appel, avait décidé vendredi « à la majorité des voix de rejeter la candidature de M. Erdogan aux élections » en raison de son casier judiciaire. Condamné en 1998 pour « incitation à la haine religieuse », cet homme de 48 ans avait été emprisonné pendant quatre mois. « Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les coupoles nos casques et les croyants nos soldats. » Ces vers, tirés d’un poème turc, mais prononcés par M. Erdogan à l’occasion d’un meeting politique, sont à l’origine de sa condamnation. L’ancien maire d’Istanbul avait défendu sa candidature comme légitime en raison de récents changements du code pénal.
L’interdiction faite au très populaire dirigeant pro-islamiste turc Recep Tayyip Erdogan de se présenter aux élections législatives porte un coup sévère aux efforts du pays pour améliorer la démocratie et adhérer à l’Union européenne, estimaient les observateurs turcs samedi. De nombreuses voix, parmi lesquelles des journalistes, des responsables économiques et syndicats et même les partis rivaux de celui de M. Erdogan, se sont élevées pour dénoncer la décision vendredi des autorités électorales turques de prononcer l’inéligibilité de ce candidat qui avait de grandes chances de remporter les élections du 3 novembre prochain. « Avec une telle mentalité, l’Union européenne ne sera plus qu’un rêve pour la Turquie », a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Ismail Cem, qui est maintenant...
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