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Actualités - Opinion

Tribune Rentrée scolaire : concilier la réalité et l’imaginaire de l’enfant

« Ah ! le joli cartable de marque, avec le plumier et le classeur assortis... Maman, je les veux. » Une phrase très courante ces jours-ci chez les jeunes écoliers à l’occasion de la rentrée scolaire. Les préparatifs de la rentrée scolaire entraînent souvent chez l’enfant des comportements qui peuvent déboucher sur une tension avec les parents si ces derniers ne gèrent pas convenablement la situation. Pour ce faire, une attitude parentale adéquate s’impose. Elle peut paraître, en première analyse, évidente et élémentaire, mais très souvent elle est totalement négligée. Lorsqu’un enfant insiste pour acheter un accessoire de marque ou à la mode, il ne conçoit, lui, que le bon côté des choses : satisfaire un désir, assouvir un orgueil. Qu’importe si papa doit payer le prix fort. Pour lui, il s’agit d’être comme les autres, ou, mieux encore, de s’en distinguer. Il ne comprend pas que cela pourrait être une arme à double tranchant. Car se démarquer des autres peut susciter l’envie et l’adversité. Suivre la mode met en jeu divers facteurs qui ne sont pas nécessairement liés : l’âge, le caractère, le manque, l’excès, l’ennui, l’envie, la jalousie ou l’orgueil. La mode est une fantaisie qui casse la routine et donne un élan nouveau à chaque saison. Il n’y a pas de mal à suivre la mode, mais encore faut-il savoir quand et, surtout, comment « freiner » cet élan. Certains parents se plient aux demandes de leur enfant même quand ils n’en ont pas les moyens. D’autres sont plutôt fermes et cassants, inhibant tout l’enthousiasme de l’adolescent. L’un comme l’autre comportement ne sont pas à conseiller. Il suffit de parler, d’être clair, de faire preuve de franchise et d’expliquer, d’avoir le courage de dire non mais en expliquant le « pourquoi » de ce refus. Ce qui pourrait éviter à un parent d’être embarrassé en public et d’être contraint de répondre par la réprimande à la demande incessante de sa descendance, c’est le dialogue et la franchise. Quiconque ne dialogue pas, ne peut s’attendre à être écouté. L’enfant est, par nature, curieux. Il pose des questions, il incite l’adulte à répondre. Mais souvent, ce dernier s’énerve, s’emporte et fait taire son fils ou sa fille sans prendre la peine d’éclairer sa lanterne. La transparence et la franchise sont indispensables dans la relation parent-enfant. Rares sont les personnes qui prennent le temps d’expliquer et de dialoguer avec leurs enfants. La mise en commun et l’échange ne portent pourtant pas atteinte à la position du parent au sein de sa famille ou de la société. L’interaction fait partie de la vie relationnelle quotidienne. Ce que l’adulte ne peut admettre pour soi, il ne devrait pas l’admettre pour sa progéniture. Imaginez, à titre d’exemple, la réaction et les sentiments d’un homme qui est ignoré, sous-estimé ou méprisé par sa femme, ou vice versa. Cette mise à l’écart favoriserait des comportements inadaptés qui risqueraient de déstabiliser la vie de couple. Cela s’applique aussi à l’enfant. L’échange rapproche les personnes. C’est une invitation à la découverte de l’autre, de ses ambitions, de ses capacités, de ses désirs. L’échange est constructif parce qu’il informe, oriente et socialise. La communication renforce la personnalité et favorise la confiance en soi. Quand le parent discute avec son enfant, il lui accorde du temps, de l’importance et lui fournit des connaissances. Par l’échange, le parent découvre son enfant, ses goûts, sa musique préférée et ses petites habitudes. Il est primordial d’être franc avec lui et de l’aider à découvrir les différentes facettes de ce monde. Parfois, la communication aide l’enfant à comprendre qu’il faut travailler dur pour assurer sa survie par les temps difficiles. Cette part de réalité doit être expliquée à l’enfant. Mais, dans le même temps, il ne faut surtout pas briser l’imaginaire dans lequel vit notre progéniture. Le rôle des parents devrait être de savoir concilier la « réalité » et « l’imaginaire » de leurs descendants afin de préserver leur équilibre et leur épanouissement. Le mythe de Harry Potter est à cet égard une illustration parfaite de cette complémentarité nécessaire entre la réalité et l’imaginaire. Il illustre les désirs profonds qui cherchent à émerger et à se réaliser. « L’école des sorciers » n’est autre que le moyen de réaliser ses désirs. Être sorcier, c’est avoir un pouvoir sur les autres, c’est s’imposer, se distinguer et se réaliser. Tout enfant peut posséder ces qualités s’il est bien entouré et sécurisé. Ce n’est pas par hasard qu’un enfant fait des mains et des pieds pour acheter quelque chose. Ce n’est pas par hasard qu’il grogne ou boude. Pour lui, il s’agit là d’un mode d’expression qui témoigne d’un manque d’interaction relationnelle parent-enfant, d’un déséquilibre relationnel dû à l’absence de transparence et de franchise. D’où la nécessité de favoriser l’échange pour faire comprendre la réalité. Sans briser l’imaginaire. Élémentaire, monsieur Watson. Viviane Matar TOUMA Psychologue - psychothérapeute Professeur à l’USJ
« Ah ! le joli cartable de marque, avec le plumier et le classeur assortis... Maman, je les veux. » Une phrase très courante ces jours-ci chez les jeunes écoliers à l’occasion de la rentrée scolaire. Les préparatifs de la rentrée scolaire entraînent souvent chez l’enfant des comportements qui peuvent déboucher sur une tension avec les parents si ces derniers ne gèrent pas convenablement la situation. Pour ce faire, une attitude parentale adéquate s’impose. Elle peut paraître, en première analyse, évidente et élémentaire, mais très souvent elle est totalement négligée. Lorsqu’un enfant insiste pour acheter un accessoire de marque ou à la mode, il ne conçoit, lui, que le bon côté des choses : satisfaire un désir, assouvir un orgueil. Qu’importe si papa doit payer le prix fort. Pour lui, il s’agit...