Quinze Pakistanais soupçonnés de faire partie du réseau el-Qaëda ont été placés en détention provisoire jeudi en Sicile, où ils ont été appréhendés au mois d’août au terme d’une enquête menée par les autorités italiennes et les militaires américains basés dans l’île. Les quinze suspects sont âgés de 24 à 38 ans. « Il y a une bonne probabilité qu’ils fassent partie de l’association terroriste el-Qaëda », a affirmé jeudi le préfet de Caltanissetta, Santi Giuffre, lors d’un point de presse. « Ils ne s’apprêtaient pas à commettre un attentat sur le territoire national » italien, a-t-il précisé. Les quinze hommes sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, recel de faux papiers et appartenance à une association présumée de nature religieuse et inspirée par le fondamentalisme islamique qui vise à commettre des actes terroristes contre l’État italien, des États étrangers et des organisations internationales ». Ils avaient embarqué à Casablanca, au Maroc, à bord d’un navire marchand et ont été, semble-t-il, pris dans les mailles du filet par hasard, ont précisé les autorités policières et judiciaires italiennes. Le bateau, le Sara, battant un pavillon de complaisance, faisait route vers la Libye et n’aurait jamais dû s’approcher des côtes siciliennes. Le débarquement en Sicile n’était pas prévu, a souligné le magistrat sicilien Francesco Messineo, procureur de Caltanissetta, ville du centre de la Sicile où les quinze hommes ont été placés en détention provisoire. Leur dossier est suivi par le parquet de Gela, ville du littoral sud-sicilien, où le Sara a été contraint à accoster après son signalement par les services secrets italiens et américains. Les quinze Pakistanais avaient été dans un premier temps conduits au centre de détention pour immigrés de Caltanissetta. Ils ont été longuement interrogés par la police antiterroriste italienne, la Digos, et le Sara a été perquisitionné avec l’aide d’une unité des services secrets de la marine américaine, l’USNCIS, installée à la base américaine de Sigonella, en Sicile. « Ces personnes n’avaient aucune raison d’être sur ce bateau », a souligné M. Santi Giuffre, en soulignant que c’était clair « depuis le début » des auditions. « Il y a des contradictions dans leurs versions. Il y a donc de forts éléments qui font supposer que ce sont vraiment des terroristes, et non de simples immigrants clandestins », a-t-il ajouté. Des documents et des notes ont été retrouvés à bord du bateau et les enquêteurs ont mis la main sur des noms et des numéros de téléphone, notamment à Paris et à Madrid, ont précisé MM. Giuffre et Messineo. Samuel Worh, le chef de l’USNCIS, participait à la conférence de presse. Autre élément à charge, selon les trois responsables : les quinze hommes, munis de faux papiers, avaient, chacun, un billet d’avion aller-retour Casablanca-Karachi (Pakistan) dont le coût semble bien au-dessus de leurs moyens. Les enquêteurs s’intéressent également à un code pakistanais signifiant « personne qui unit en mariage », retrouvé à bord et apparu pour la première fois après le premier attentat contre les tours du World Trade Center de New York en 1993. Certains des suspects, dont les noms ont été rendus publics, apparaissaient déjà dans des enquêtes antiterroristes américaines, a souligné M. Giuffre. Battant pavillon de l’île Tonga, le Sara transportait une cargaison d’une valeur de près de 750 000 euros, dont 80 tonnes de plomb, et l’équipage était composé de sept marins roumains. Le navire s’était identifié sous un faux nom lors d’un tout premier contrôle au large de la Sicile.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Quinze Pakistanais soupçonnés de faire partie du réseau el-Qaëda ont été placés en détention provisoire jeudi en Sicile, où ils ont été appréhendés au mois d’août au terme d’une enquête menée par les autorités italiennes et les militaires américains basés dans l’île. Les quinze suspects sont âgés de 24 à 38 ans. « Il y a une bonne probabilité qu’ils fassent partie de l’association terroriste el-Qaëda », a affirmé jeudi le préfet de Caltanissetta, Santi Giuffre, lors d’un point de presse. « Ils ne s’apprêtaient pas à commettre un attentat sur le territoire national » italien, a-t-il précisé. Les quinze hommes sont poursuivis pour « association de malfaiteurs, recel de faux papiers et appartenance à une association présumée de nature religieuse et inspirée par le fondamentalisme...