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Actualités - Reportage

CORRESPONDANCE Un livre, « Kimono/Kosode », pour habiller l’esprit(photos)

WASHINGTON-Irène MOSALLI «C’est un métier que de faire un livre, comme de faire une horloge.» Et Carol Schwartzoff peut illustrer cette définition donnée par La Bruyère, car elle est à la fois écrivain et une manuelle de haute précision. Elle vient d’obtenir le prix décerné annuellement par la Bibliothèque du Musée national des femmes à Washington pour son livre intitulé Kimono/Kosode. C’est là un livre d’art qui va au-delà du concept du genre puisqu’elle en a fait aussi une œuvre d’art. Présenté dans un très bel étui, Kimono/Kosode a l’apparence d’un ouvrage conventionnel. Mais lorsque l’on veut l’ouvrir, il révèle ses multiples dimensions et fonctions. Au fil des pages qui se déplient de différentes manières, on obtient un kimono, l’historique de cette tenue, un petit théâtre et une sculpture. Le tout traité en cinq couleurs: bleu, noir, rouge, vert et marron. L’idée de cette création est venue à Carol Schwartzoff en lisant Les mémoires d’une geisha (d’Arthur Golden) et un récit du XIe siècle, Conte de Genji, et d’autres titres anciens. Parmi ces derniers, L’histoire du tailleur de bambou qu’elle a réécrit pour le public contemporain et qui, entre 2000 et 2001, a totalisé 30 éditions. Fascinée par la littérature japonaise, elle a continué sur sa lancée. Ses recherches l’on notamment menée à l’histoire du kimono qu’elle a alors retracée d’une manière visuelle multidimensionnelle. Un véritable travail d’orfèvre qu’elle a exécuté elle-même à la main. En ouvrant le livre, le lecteur obtient une sculpture, puis il retrouve un kimono. L’ouvrage, posé sur le côté, devient un petit théâtre dont l’ouverture sur scène a les contours d’un kimono. Et bien sûr il y a le texte. Pour construire ce livre, elle a utilisé, entre autres, des charnières et des chevilles en bois de bouleau, du papier japonais qu’elle a teint elle-même puis décoré à la feuille d’or. Elle a voulu, à travers toute cette élaboration, mettre en relief les plis et les replis qui constituent un kimono. Une manière d’habiller à l’occidentale des visions autres que les siennes. D’aspect simple avec un style épuré, un véritable kimono japonais est fait d’un tissu mesurant 13 mètres de long et c’est tout un art de savoir le nouer. Le kosode, qui a la même coupe mais des manches courtes, se porte sous le kimono. Fruit d’une longue évolution historique du kimono, sa structure actuelle est identique pour les hommes, les femmes et les enfants. Avec le temps, il a subi des transformations en matière de ligne et de tissu. Avec l’abolition des lois somptuaires qui régissaient strictement les habitudes vestimentaires (interdiction d’utiliser la soie ou le satin ou certaines couleurs réservées aux samouraïs et aux courtisans, port obligatoire d’un habit spécifique propre à chaque classe), l’usage de la soie se répandra largement pour la confection des kimonos. Permettant une grande liberté de mouvement, il n’était pas étonnant qu’il soit adopté par les Occidentaux qui en ont fait une tenue de détente et d’intérieur. Pour l’écrivain Colette, il avait même des effets thérapeutiques : «Le déshabillage, la fraîcheur, sur la peau, d’un kimono de shantung bleuâtre, lavé vingt fois, dissipent ma migraine commençante.»
WASHINGTON-Irène MOSALLI «C’est un métier que de faire un livre, comme de faire une horloge.» Et Carol Schwartzoff peut illustrer cette définition donnée par La Bruyère, car elle est à la fois écrivain et une manuelle de haute précision. Elle vient d’obtenir le prix décerné annuellement par la Bibliothèque du Musée national des femmes à Washington pour son livre intitulé Kimono/Kosode. C’est là un livre d’art qui va au-delà du concept du genre puisqu’elle en a fait aussi une œuvre d’art. Présenté dans un très bel étui, Kimono/Kosode a l’apparence d’un ouvrage conventionnel. Mais lorsque l’on veut l’ouvrir, il révèle ses multiples dimensions et fonctions. Au fil des pages qui se déplient de différentes manières, on obtient un kimono, l’historique de cette tenue, un petit théâtre et une...