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Marj, un village libanais qui aurait préféré rester dans l’anonymat

Tirer un mot des habitants de Marj, village natal de Ziad Jarrah n’est pas une sinécure. Même et surtout depuis qu’Oussama Ben Laden a porté aux nues le jeune Libanais, confirmant qu’il était l’un des 19 kamikazes auteurs des attentats du 11 septembre, rapporte l’AFP dans un reportage réalisé dans cette localité. Après la traversée du Mont-Liban, les maisons de pierre blanche de ce village de la vallée de la Békaa, disséminées dans les champs de maïs encore verts, semblent hospitalières aux visiteurs qui s’y aventurent. On accède au jardin, mais la résidence de la famille de Ziad Jarrah est déserte, ses portes sont closes et nul ne répond. « Il n’y a personne », lance un voisin, qui ajoute précipitamment à la vue des caméras des journalistes : « Moi, je ne sais rien ». Au premier anniversaire des attaques du 11 septembre, la famille Jarrah, très connue dans ce village, est injoignable. L’activité qui enfièvre les magasins et les épiceries de ce village relativement riche s’arrête soudain dès qu’on prononce le nom du pirate de l’air. Même des voisins depuis des décennies des Jarrah déclarent curieusement : « Nous ne les connaissions pas bien. Nous nous contentions de nous saluer. » Une réponse étrange dans ce village conservateur, où tout le monde connaît tout le monde et où le nom des Jarrah figure sur la plupart des enseignes, signe qu’il s’agit de la famille la plus importante de l’agglomération. La famille de Ziad affirme qu’il était un jeune étudiant tranquille, qui s’est rendu en Allemagne et aux États-Unis à la recherche d’une meilleure éducation, et qu’il a été l’une des victimes innocentes des attentats du 11 septembre. Ce n’est pas ce qu’affirment les autorités américaines et allemandes. Ziad Jarrah, qui aurait eu 27 ans aujourd’hui, est accusé d’être l’un des 19 membres des équipes-suicide ayant pris le contrôle d’avions de ligne qui se sont écrasés sur des bâtiments aux États-Unis, provoquant la mort de plus de 3 000 personnes. Il aurait été aux commandes du Vol 93 de la United Airlines, qui s’est écrasé en Pennsylvanie après qu’un groupe de passagers eut tenté de maîtriser les pirates de l’air. Dans la dernière vidéocassette diffusée cette semaine par la chaîne de télévision qatariote al-Jazira, Oussama Ben Laden cite Jarrah comme étant « une âme pure venue du Liban, du Levant, un descendant d’Abou Oubeida al-Jarrah », un des lieutenants du prophète Mahomet. Au contraire, pour un vieux villageois qui accepte de s’exprimer, « ce Ben Laden n’est pas un musulman ». « L’islam nous interdit de tuer des innocents. Ben Laden est une fabrication des États-Unis pour contrôler les richesses pétrolières de la région », ajoute-t-il, par référence à l’appui de Washington à Ben Laden dans la guerre contre les troupes d’occupation soviétique en Afghanistan. « Nous n’avons pas d’extrémistes musulmans. Tous les musulmans du village ont contribué à la reconstruction de l’église », poursuit-il. En effet, s’il y a plusieurs mosquées à Marj, dont l’une attenante à la résidence familiale des Jarrah, le village n’a jamais été un fief islamiste, ni une place forte des cultivateurs de drogue qui ont envahi la Békaa durant la guerre de 1975-1990. La famille de Ziad, musulmane sunnite comme la majorité des habitants de Marj, a donné une éducation moderne à son fils dans des écoles chrétiennes de la Békaa et de Beyrouth, et les femmes ne portent pas le voile. Elle a toujours nié que Ziad ait été une recrue du mouvement extrémiste musulman et qu’il se serait entraîné en Afghanistan, affirmant qu’il n’était ni pratiquant ni politisé, mais qu’il aimait l’alcool et les femmes. La famille Jarrah continue en outre de refuser de célébrer ses obsèques. « Nous n’avons pas à parler à la presse. Nous n’avons rien à dire de plus. Laissez-nous tranquilles, je vous prie », supplie son oncle Jamal Jarrah, qui filtre soigneusement ses appels et ses visiteurs dans la banque voisine où il travaille.
Tirer un mot des habitants de Marj, village natal de Ziad Jarrah n’est pas une sinécure. Même et surtout depuis qu’Oussama Ben Laden a porté aux nues le jeune Libanais, confirmant qu’il était l’un des 19 kamikazes auteurs des attentats du 11 septembre, rapporte l’AFP dans un reportage réalisé dans cette localité. Après la traversée du Mont-Liban, les maisons de pierre blanche de ce village de la vallée de la Békaa, disséminées dans les champs de maïs encore verts, semblent hospitalières aux visiteurs qui s’y aventurent. On accède au jardin, mais la résidence de la famille de Ziad Jarrah est déserte, ses portes sont closes et nul ne répond. « Il n’y a personne », lance un voisin, qui ajoute précipitamment à la vue des caméras des journalistes : « Moi, je ne sais rien ». Au premier anniversaire...