Les grands clubs de football italiens ont accepté hier de mettre la main à la poche pour régler un contentieux opposant huit petites équipes aux chaînes de télévision sur les droits de retransmission des matchs qui menaçait de priver la péninsule de son sport national. Six grosses écuries du Calcio, la Juventus Turin, le Milan AC, l’Inter Milan, l’AS Rome, la Lazio Rome et Parme, se sont engagées à verser une importante contribution économique – 6 millions d’euros selon des sources proches du dossier – à Piacenza, Pérouse, Côme, Modène, Atalanta Bergame, Empoli, Brescia et Chievo Vérone. Ces huit formations étaient privées de contrat télévisé en raison d’un différend financier avec les deux chaînes cryptées Stream et Telepiu. « Gigantesque pas en arrière » Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion au sommet, hier matin, organisée par le ministre des Biens culturels, chargé des sports, Giuliano Urbani. Elle permet ainsi de combler le fossé séparant encore les clubs rebelles aux chaînes et de sauver le championnat 2002-2003 qui pourra commencer régulièrement les 14 et 15 septembre, après un premier report dicté par la Ligue des clubs professionnels le 20 août. « Une médiation ne peut jamais être satisfaisante, nous avons dû céder et effectuer un gigantesque pas en arrière. Les chiffres sont restés très éloignés de ceux que nous voulions, la seule satisfaction est que le championnat puisse débuter, car nous avons beaucoup investi pour pouvoir jouer », a commenté le président de Côme, Enrico Preziosi, parlant au nom des huit collègues. Le président de la Ligue, Adriano Galliani, a expliqué que la Juventus, le Milan AC, l’Inter Milan et l’AS Rome verseront une somme un peu plus élevée que la Lazio et Parme : « La Lazio et Parme ne sont pas encore au courant, mais ils ne feront pas d’histoire », a-t-il estimé. « Il y a eu un accord et j’en suis content. Le groupe est à nouveau uni, les grands ont mis la main à la poche, c’est ce que je voulais », a indiqué Franco Sensi. Le président de la Roma était depuis longtemps solidaire de la lutte menée par les huit rebelles. Image écornée « Beaucoup de problèmes demeurent, mais je suis satisfait, car avec cette médiation, nous avons évité la sécession de la Ligue », s’est félicité Mario Pescante, le sous-secrétaire d’État aux Sports. Avant cet entretien décisif, les positions restaient très divergentes entre les dissidents et les chaînes cryptées. Les huit clubs avaient demandé 10 millions d’euros par club, alors que Stream et Telepiu n’offraient que respectivement 4 et 4,5 millions. La Ligue, à l’unanimité, avait décidé le 20 août de venir en aide aux clubs rebelles et de retarder le début du championnat pour leur permettre de trouver un accord avec les deux télévisions. Mais M. Galliani avait répété qu’il n’y aurait pas de deuxième report et que toute équipe qui ne jouerait pas les 14 et 15 septembre aurait match perdu sur tapis vert. Devant ce danger, également très préjudiciable au calendrier et à l’image du football dans l’opinion publique italienne, les deux chaînes avaient amélioré leur offre globale, la portant à 53 millions d’euros. Mais les présidents frondeurs avaient opposé leur veto affirmant qu’ils ne démarreraient pas la saison s’ils n’obtenaient pas au moins une somme plus proche de 65 millions. Le championnat 2002-2003 débutera donc samedi, par la 2e journée. La première journée sera jouée en janvier 2003.
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