L’avenir du sélectionneur national italien Giovanni Trapattoni est incertain après le résultat obtenu sans la manière par la Squadra (2-0) face aux modestes joueurs de l’Azerbaïdjan en qualifications de l’Euro 2004 de football, samedi soir à Bakou, et l’on spécule déjà sur son remplacement. M. Trapattoni avait déjà été critiqué par l’opinion publique et une partie des médias, après la cuisante élimination de la Coupe du monde par la Corée du Sud (2-1 au but en or en 8e de finale). À son retour d’Asie, le « Trap », 63 ans, a sauvé sa place grâce au soutien inconditionnel du président de la fédération, Franco Carraro. Les deux hommes se sont connus au Milan AC dans les années 60. Néanmoins, au lendemain du retour de Bakou, le possible remplacement de « Il Trap » est à nouveau évoqué avec insistance. Le nom de son prédécesseur Dino Zoff, qui avait démissionné après l’Euro 2000, a été avancé. « Si Trap saute, Zoff revient », titre en éditorial le quotidien La Gazzetta dello Sport, qui note que « le résultat a changé mais pas la situation. L’Italie a battu l’Azerbaïdjan, mais Trapattoni n’a pas vaincu les fantômes qui font trembler son banc depuis trois mois ». Certes, l’Italie ne développe pas un football bien conquérant et se contente de quelques flambées de certains de ses solistes. Et trois mois ne lui ont pas suffi pour se doter d’un jeu collectif acceptable et d’une vraie animation offensive. « Regardez Bielsa ! » Face à l’Azerbaïdjan, elle a trop longtemps peiné en première mi-temps et subi la domination d’une formation volontaire mais médiocre. L’avenir de Trapattoni se trouve étroitement lié aux deux prochains matches qualificatifs de la « Squadra azzurra », le 12 octobre contre la Yougoslavie à Naples, et quatre jours plus tard à Cardiff devant le pays de Galles, deux adversaires de calibre bien supérieur. Homme de caractère, peu enclin aux demi-mesures et aux compromis, « Trap » n’accepte qu’en partie les critiques : « Si nous subissons l’adversaire, c’est le fruit de notre football national. Nous avons toujours eu du mal à produire un jeu séduisant et notre football a été toujours pauvre dans ce domaine. Je ne me laisse jamais conditionner par le pessimisme. Regardez Bielsa (le sélectionneur argentin, ndlr), il a complètement raté le Mondial qu’il devait gagner. Au lieu de le renvoyer, on l’a confirmé pour quatre ans. J’ai la conscience pour moi, j’ai bien travaillé au Mondial », se défend le technicien lombard. Giovanni Trapattoni a un peu plus d’un mois pour redonner du style à sa sélection. Dans le cas contraire, il sera bien difficile à M. Carraro de lui sauver de nouveau la mise.
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