Rechercher
Rechercher

Actualités - Analyse

Le secteur aérien panse toujours ses plaies en espérant des jours meilleurs

Les attentats aux avions-suicide aux États-Unis ont provoqué la crise la plus grave jamais subie par le secteur aérien, qui panse toujours ses plaies en espérant une embellie l’an prochain. Une perte nette de 12 milliards de dollars en 2001, des dizaines de milliers d’emplois supprimés, des milliers d’avions retirés des flottes: les compagnies aériennes mondiales n’ont jamais autant souffert que depuis le 11 septembre. Avant les attentats déjà, le ralentissement économique enclenché aux États-Unis avait réduit la croissance du trafic passagers et du transport de fret. Après, la psychose de l’avion a brutalement fait chuter le trafic et, dans sa foulée, les revenus des compagnies. Globalement, le trafic passagers international a baissé de 3,8% en 2001, après une hausse de 10% en 2000. Pour octobre 2001, premier mois plein après les attentats, il a dégringolé de 24% comparé au même mois de l’année précédente, selon les dernières statistiques de l’Association internationale du transport aérien (IATA). L’IATA prévoit que, pour 2002, la trafic passagers devrait encore décliner de 3% par rapport à 2001. Cette nouvelle baisse est imputable à celle du marché intérieur américain, souligne l’IATA. Plusieurs grandes compagnies n’ont pas survécu. Swissair, déjà fragilisée par une stratégie d’expansion tous azimuts, n’a pu éviter la faillite. De l’ancien géant helvétique est né une petite compagnie, Swiss, aux ambitions ravalées. Dans la foulée, sa filiale belge Sabena a disparu. La compagnie australienne Ansett a aussi été rayée de la carte. Aux États-Unis, la septième compagnie du pays et quatorzième mondiale, US Airways, a sollicité début août la protection de la loi sur les faillites, espérant ainsi obtenir le temps nécessaire pour se réorganiser en échappant aux griffes de ses créanciers. United Airlines, deuxième compagnie américaine, est aussi en proie à de graves difficultés financières. Le numéro un, American Airlines, a, quant à lui, décidé de supprimer 7 000 emplois et de réduire sa flotte. Les deux constructeurs d’avions de plus de 100 places, l’américain Boeing et l’européen Airbus, subissent également le contrecoup de la faiblesse de leurs clients, qui se concrétise par une baisse des commandes d’avions et de la production. Si les compagnies américaines restent sinistrées, leurs rivales européennes commencent à relever la tête. British Airways et Iberia ont renoué avec des bénéfices trimestriels, essentiellement grâce aux restructurations sévères mises en œuvre après le 11 septembre. Alitalia espère équilibrer ses comptes au premier semestre, Lufthansa a revu ses prévisions de bénéfices à la hausse pour 2002 et Air France compte augmenter le sien par rapport à 2001. Percée des compagnies à bas coût Malgré ces progrès, une réelle reprise du trafic n’est envisagée qu’en 2003 par les compagnies et les analystes. Sauf nouvelle catastrophe. L’Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit ainsi que le trafic passagers de l’aviation mondiale ne devrait retrouver son niveau d’avant le 11 septembre 2001 qu’à la fin de 2003 et les compagnies aériennes n’entameront pas leur convalescence financière avant l’année suivante. La crise laisse toutefois présager des bouleversements durables. La percée en Europe des compagnies à bas coûts («low cost»), devenues une menace pour les transporteurs traditionnels à la faveur de la crise, va modifier la donne. De 5%, la part de marché de ces compagnies est appelée à grimper à 25% d’ici à 2010, estime le cabinet Mercer Management Consulting dans une étude. Aux États-Unis, elles pourront renforcer leur emprise. La britannique easyJet ou l’irlandaise Ryanair se payent même le luxe d’intensifier la rivalité Airbus/Boeing. Si Ryanair a choisi début 2001 l’américain pour l’achat de 100 avions plus 50 options, easyJet ménage le suspense pour une commande de 100 à 120 appareils, histoire de faire baisser un peu plus les prix. À terme, les analystes prédisent une profonde recomposition du monde de l’aérien en Europe, avec quelques grandes compagnies internationales fortes, organisées en alliances (Lufthansa, British Airways, Air France) parallèlement aux compagnies à bas prix.
Les attentats aux avions-suicide aux États-Unis ont provoqué la crise la plus grave jamais subie par le secteur aérien, qui panse toujours ses plaies en espérant une embellie l’an prochain. Une perte nette de 12 milliards de dollars en 2001, des dizaines de milliers d’emplois supprimés, des milliers d’avions retirés des flottes: les compagnies aériennes mondiales n’ont jamais autant souffert que depuis le 11 septembre. Avant les attentats déjà, le ralentissement économique enclenché aux États-Unis avait réduit la croissance du trafic passagers et du transport de fret. Après, la psychose de l’avion a brutalement fait chuter le trafic et, dans sa foulée, les revenus des compagnies. Globalement, le trafic passagers international a baissé de 3,8% en 2001, après une hausse de 10% en 2000. Pour octobre 2001, premier...