L’Amérique, « ce n’est plus Fred Astaire qui danse avec Cyd Charisse, c’est Bush qui danse avec Sharon ! » La formule n’est pas d’un islamiste, mais du cinéaste égyptien Youssef Chahine, et donne la mesure de l’antiaméricanisme qui prospère dans le monde arabe. « J’ai appris mon métier en Amérique, j’y ai eu mes premières amours. Mais je me sens trahi par la politique étrangère de celle qui était ma meilleure amie, ma maîtresse », explique cet artiste de réputation mondiale, chrétien, arabe, citoyen d’un pays allié de Washington, anglophone et francophone, connaisseur et amateur du mode de vie occidental. Pour le réalisateur de Gare centrale, comme pour les commentateurs arabes, l’image du président George W. Bush n’a pas cessé de se détériorer depuis qu’il a déclaré la guerre au terrorisme. Sitôt après les attentats du 11 septembre 2001, la presse et les dirigeants arabes ont accusé les États-Unis, et l’Occident en général, de pratiquer l’amalgame, mêlant islam et terrorisme et diabolisant la religion musulmane. Entre autres mesures condamnées, les interpellations et les contrôles renforcés aux frontières américaines, basés, selon les Arabes, sur le seul délit de faciès. « Ces mesures sont discriminatoires à l’encontre des citoyens des pays arabes et islamiques et des pays du Proche-Orient », déclarait début juin le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Cette déclaration suivait l’annonce par l’Attorney General John Ashcroft de la mise en place, à l’automne, d’un système de contrôle des étrangers qui présentent « un risque élevé pour la sécurité des États-Unis ». En arrivant aux frontières, un visiteur jugé suspect devra donner ses empreintes digitales et se faire photographier. Alors que les relations entre Washington et Ryad connaissent des turbulences, la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco vient d’annoncer qu’elle envisage d’envoyer les étudiants qu’elle sponsorise, ailleurs qu’aux États-Unis, face aux délais d’obtention de visas. Bien que Washington se félicite de la bonne coopération de ses alliés arabes dans la lutte antiterroriste, la presse de ces pays, qui est le plus souvent contrôlée par les autorités, ne cesse de critiquer la politique américaine, rejoignant dans le ton les positions des « durs » du camp arabe, Irak ou Syrie. Lubie américaine Cible principale de ces critiques de la presse arabe, le soutien jugé inconditionnel de Washington au Premier ministre israélien Ariel Sharon, immanquablement qualifié de « boucher » du peuple palestinien. Sorte de « sas de décompression » entre l’opinion de la rue et le gouvernement, la presse égyptienne s’en prend ainsi presque chaque jour aux États-Unis. Le quotidien al-Akhbar dénonçait à la mi-août « l’hystérie » américaine, face à la décision de M. Bush de priver l’Égypte d’aide financière supplémentaire pour protester contre l’emprisonnement d’un militant des droits de l’homme américano-égyptien, Saad Eddine Ibrahim. Le projet américain de renverser par la force le président irakien Saddam Hussein, soupçonné de produire des armes de destruction massive, est lui aussi condamné par les dirigeants arabes. « Les États-Unis n’ont-ils pas eux aussi des armes de destruction de masse, comme ils le reprochent à l’Irak ? », s’interroge Mohammed, étudiant en médecine à l’Université du Caire. La presse dénonce une « lubie » américaine, tandis que l’éditorialiste du journal gouvernemental égyptien al-Ahram, Mohammed Sid Ahmed, s’efforce d’expliquer le comportement « irrationnel » de George W. Bush. Les attentats du 11 septembre ont été pour lui « une humiliation personnelle qu’il faut réparer, écrit-il. C’est un Pearl Harbour, et il faut Hiroshima et Nagasaki ». Après les talibans, le régime de Saddam Hussein dans la ligne de mire américaine Un an après les attentats antiaméricains du 11 septembre, l’Irak est présenté à Washington comme la prochaine cible, après l’Afghanistan, de la guerre antiterroriste, malgré l’absence de preuves sur son implication dans ces attaques. Ennemi juré des États-Unis depuis la guerre du Golfe en 1991, l’Irak est accusé par les Américains tantôt de liens avec le réseau el-Qaëda d’Oussama Ben Laden, tenu pour responsable des attentats du 11 septembre, tantôt de possession d’armes de destruction massive qui risquent de passer aux mains de terroristes. Si Washington n’a pu fournir de preuve sur la première accusation, l’Administration du président George W. Bush, qui promet de renverser le régime du président Saddam Hussein, affiche sa détermination à ne pas tolérer le danger de l’armement irakien prohibé. L’Irak insiste sur son désarmement après le démantèlement de son arsenal d’armes de destruction massive sous la supervision des inspecteurs de l’Onu ayant opéré dans le pays de 1991 à décembre 1998. Mais Bagdad lie tout retour de ces inspecteurs à une levée de l’embargo qui le frappe depuis l’invasion du Koweït en 1990. « Toutes les données recueillies après les événements du 11 septembre prouvent que l’Irak n’y était pas impliqué. Néanmoins, l’Administration américaine s’emploie à prouver le contraire, en cherchant à tromper l’opinion publique mondiale », déplore l’universitaire irakien Abderrazak al-Doulaimi. La diffusion de notes, prises par les collaborateurs du secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, quelques heures après l’attaque contre les tours jumelles de New York, tend à montrer que l’obtention de preuves contre l’Irak importe peu à l’Administration américaine. Deux heures après les attaques, les informations convergeant toutes vers Ben Laden, M. Rumsfeld a ordonné à l’armée de préparer des frappes avant d’ajouter : « Juger s’il serait bon de frapper SH (Saddam Hussein) en même temps. Pas seulement oustachi Ben Laden. » Ennemi fictif Face à « la fragilité de son dispositif de sécurité », l’Administration américaine « a cherché à désigner un ennemi fictif pour lui attribuer la responsabilité » des attentats, ajoute M. Doulaimi, doyen de la faculté de journalisme à Bagdad. Pour l’analyste irakien Madhhar Aref Kateb, « les menaces américaines contre l’Irak témoignent de l’impuissance de Washington à trouver les vrais responsables des événements du 11 septembre ». « Elles relèvent aussi du terrorisme pratiqué par une grande puissance contre un État indépendant et souverain, membre de l’Onu », ajoute cet analyste. Les Irakiens, saignés à blanc par douze ans d’embargo, la guerre du Golfe en 1991 et la guerre Irak-Iran en 1980-88, craignent les retombées d’une invasion de leur pays par l’armée américaine, évoquée avec insistance aux États-Unis. Les « faucons » de l’Administration Bush, dont le vice-président Dick Cheney, Donald Rumsfeld et la conseillère pour la sécurité nationale Condoleezza Rice, poussent en faveur d’une telle action contre un pays qu’ils ont placé, avec l’Iran et la Corée du Nord, dans « un axe du mal ». Une telle opération est pourtant critiquée par les alliés des États-Unis, y compris en Europe où l’on réclame au préalable un mandat de l’Onu. Ces réticences, plus prononcées dans le monde arabo-islamique, donnent du répit au président Saddam Hussein qui, maintenant son traditionnel bras de fer avec Washington, demeure le seul dirigeant au monde à n’avoir pas condamné officiellement les attentats du 11 septembre. À noer qu’Ousssama Ben Laden s’était posé en champion de la cause palestinienne mais aussi de l’Irak pour rallier les musulmans à sa guerre contre les États-Unis. « Les enfants innocents sont jusqu’à aujourd’hui tués en Irak injustement, sans que cela ne soit dénoncé et sans que les dirigeants et les sultans (arabes) ne bougent », disait l’homme le plus recherché au monde, dans un message diffusé en octobre dernier par la chaîne d’informations arabe al-Jazira. Après avoir joué la carte du pétrole, en déclarant au printemps dernier une suspension d’un mois de ses exportations pétrolières en soutien aux Palestiniens contre l’offensive militaire israélienne en Cisjordanie, le régime irakien continue de souffler le chaud et le froid sur la question du retour en Irak des inspecteurs en désarmement, le point d’achoppement dans la crise actuelle avec Washington. Sharon, grand vainqueur de l’après-11 septembre Alors que le monde regardait, hébété, les ruines fumantes du World Trade Center, Israéliens et Palestiniens ont très vite compris ce qu’ils pouvaient gagner en se rangeant au côté des États-Unis. Cependant, les attentats-suicides anti-israéliens rappelant les kamikazes de New York, les événements ont inévitablement tourné en défaveur du président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat. Quelques heures seulement après l’écrasement des avions sur les tours jumelles, l’image des Palestiniens s’est vue ternie par quelques manifestations sporadiques en faveur de Ben Laden dans les territoires palestiniens, largement relayées par les télévisions du monde entier. Puis, pendant quelques semaines, la guerre de propagande entre Israël et les Palestiniens éclipse presque les violences. Les islamistes, de leur côté, marquent une pause dans leurs attentats-suicides pour ne pas s’attirer les foudres de la communauté internationale. Deux jours après les attentats du 11 septembre, alors que le président américain George W. Bush pointe un doigt accusateur en direction d’Oussama Ben Laden, le Premier ministre israélien Ariel Sharon déclare au secrétaire d’État Colin Powell qu’Israël aussi a « son Ben Laden » : Yasser Arafat. Soucieux de faire bonne figure, ce dernier s’affiche en train de donner son sang pour les victimes des attentats, qu’il a très vite condamnés, tandis que ses ministres, eux, tentent de dresser des comparaisons entre le Ground Zero de Manhattan et les villes palestiniennes après les raids aériens israéliens. Mais, aux yeux de la communauté internationale la cause palestinienne sort écornée le 7 octobre à la suite d’une déclaration de Ben Laden sur la télévision satellitaire qatarienne al-Jazira : « Je jure devant Dieu que l’Amérique ne connaîtra plus jamais la sécurité tant que la Palestine ne la connaîtra pas. » Les dirigeants palestiniens prennent alors rapidement leurs distances vis-à-vis de Ben Laden tandis qu’Israël rejette l’idée que ses 35 ans d’occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie aient pu servir de motivation aux auteurs des attentats antiaméricains. Se présentant au contraire comme une victime de longue date du terrorisme, l’État juif réaffirme sa solidarité avec les États-Unis, et pour deux semaines, Jérusalem change le nom de sa principale artère, la rue de Jaffa, en « rue de New York ». Pourtant, pour le Proche-Orient, la principale conséquence du 11 septembre est le regain d’intérêt soudain du gouvernement Bush pour cette région. Les Américains comprennent qu’ils ont besoin du soutien des Arabes dans leur « guerre antiterroriste ». Le 19 novembre, M. Powell expose sa « vision d’un Proche-Orient en paix » et annonce l’envoi d’un émissaire spécial. Mais la première mission du général Anthony Zinni se termine précipitamment, mi-décembre, dans une ambiance de folie meurtrière : les troupes israéliennes multiplient les destructions des symboles de l’Autorité palestinienne dans les territoires autonomes alors que les kamikazes palestiniens vont se faire sauter dans les villes d’Israël. À mesure que les candidats au suicide passent à l’acte, le crédit de M. Arafat diminue. Israël puis les États-Unis l’accusent de ne pas empêcher les attentats et d’être lié à un trafic d’armes en provenance d’Iran mis au jour début janvier 2002. Le 25 janvier, M. Bush se dit « très déçu » par le chef palestinien, qu’il accuse de « favoriser le terrorisme ». M. Arafat sort perdant de la première manche dans la guerre de propagande, mais M. Sharon veut une victoire définitive. Le 29 mars, après une vague d’attentats meurtriers, il envoie l’armée réoccuper les grandes villes de Cisjordanie et fait fi des appels américains et internationaux qui lui demandent de se retirer immédiatement. Les forces israéliennes ne se retireront qu’en mai, avant de revenir mi-juin, avec le blanc-seing de Washington à M. Sharon. M. Arafat perd définitivement cette guerre de propagande le 24 juin, lorsque le président américain déclare : « La paix exige une direction palestinienne nouvelle et différente afin que puisse naître un État palestinien. » L’Arabie saoudite en première ligne, malgré elle, de la guerre antiterroriste L’Arabie saoudite s’est retrouvée malgré elle en première ligne de la guerre antiterroriste menée par George W. Bush, contrainte de livrer bataille pour contrer l’impact des attentats du 11 septembre, perpétrés principalement par de jeunes fanatiques saoudiens. Dès les débuts de l’enquête à aujourd’hui, les accusations fusent aux États-Unis, formulées par les médias, des groupes de solidarité avec les victimes et, selon des ministres saoudiens, le lobby juif. Qualifié d’« ennemi » dans l’enceinte même du Pentagone, confronté à une plainte de proches de victimes pour des indemnisations de 3 000 milliards de dollars réclamées en particulier à trois de ses princes et stigmatisé pour être le pays d’origine d’Oussama Ben Laden, le royaume saoudien a dans un premier temps démenti les accusations, avant d’exprimer sa perplexité puis sa colère. Les dirigeants saoudiens, qui avaient habilement maintenu pendant deux siècles un équilibre entre leurs excellentes relations avec l’Occident et l’establishment religieux wahhabite, étaient mal préparés à la tempête. 15 des 19 auteurs des attentats du 11 septembre étant de nationalité saoudienne, le royaume s’est vu taxé de « nid du terrorisme ». « Les relations saoudo-américaines ont été faciles et limpides pendant soixante-dix ans », relève l’analyste saoudien Dawoud al-Shurayan. « En ce moment, poursuit-il, elles sont dans une zone de turbulence, difficiles et troublées, et on a l’impression que quelque chose (d’important) pourrait se produire ». « Je pense que Washington n’acceptera plus d’entretenir les mêmes relations (avec l’Arabie saoudite) comme par le passé », note l’analyste saoudien, qui dirige le bureau du prestigieux quotidien arabe al-Hayat dans le royaume. Certains analystes saoudiens sont toutefois sceptiques sur l’éventualité d’un changement des relations officielles entre Washington, qui a besoin des énormes réserves pétrolières du royaume, et Ryad qui ne peut pas se passer de la protection militaire américaine. Les médias saoudiens ont accueilli avec « grand réconfort » l’entretien téléphonique du président américain George W. Bush avec le prince héritier saoudien Abdallah et sa rencontre, fin août, avec l’ambassadeur saoudien à Washington, le prince Bandar. Les communiqués officiels publiés à Ryad après ces entretiens, soulignant, quant à eux, la « bonne coopération » et la « solidité des relations » entre Ryad et Washington. Pas assez pour dissiper les craintes de nombreux Saoudiens qui s’estiment aussi victimes du 11 septembre. Ente les assurances officielles américaines et les campagnes médiatiques antisaoudiennes qui font rage aux États-Unis, qui croire, s’interrogent de nombreux Saoudiens. Les médias du royaume, qui reflètent généralement le point de vue officiel, ont récemment appelé le gouvernement à réviser ses relations avec les États-Unis et souligné que Washington ne devrait pas être l’unique option stratégique pour Ryad. Le refus catégorique par Ryad d’autoriser Washington à utiliser ses bases pour attaquer l’Afghanistan puis son opposition à une guerre contre Bagdad pour renverser le régime de Saddam Hussein ont envenimé davantage les relations stratégiques entre les deux alliés. Le royaume saoudien tente de faire comprendre aux Américains que « l’Arabie saoudite n’est pas un satellite qui dépend de l’aide américaine ». « C’est un pays indépendant qui souhaite prendre ses propres décisions de façon souveraine », relève M. Shurayan. Conséquences de cette altération des relations bilatérales, la coopération économique entre Ryad et Washington a été sérieusement affectée. Les exportations américaines vers le royaume ont chuté au premier semestre 2002 à leur plus bas niveau en 12 ans, avec un recul de 24,4 %. « Je ne pense pas que les relations (saoudo-américaines) soient très tendues. Il y a sûrement des pressions, mais les Américains ne sacrifieront jamais ces liens, même si les attentats du 11 septembre se reproduisent », affirme, de son côté, Tourad al-Amri, président d’un centre non gouvernemental saoudien d’études stratégiques et de sécurité. Un diplomate occidental juge, lui, que « les États-Unis ne considèrent pas l’Arabie saoudite comme une pompe à essence. Ryad et Washington ont besoin l’un de l’autre pour instaurer la stabilité politique de la région ». Un argument de taille, certes, mais dont la portée pourrait être fortement remise en cause en cas d’attaque irakienne contre Bagdad. L’Iran intégré par Washington dans « l’axe du mal » Malgré l’immédiate condamnation des attentats par Téhéran, les relations irano-américaines se sont détériorées depuis le 11 septembre, au point que l’Iran est désormais aussi une cible potentielle de la guerre antiterroriste de George W. Bush. Les premières semaines après les attentats avaient pourtant marqué un net adoucissement de ton des dirigeants iraniens vis-à-vis des États-Unis, pays qualifié depuis la révolution islamique de 1979 de « grand Satan ». La population avait exprimé une réelle émotion et deux manifestations spontanées de « solidarité avec le peuple américain » furent même autorisées, chose impensable quelques semaines auparavant. Lors des prières du vendredi, les traditionnels « À bas l’Amérique » avaient même brusquement disparu. Cette amorce de réchauffement entre ces deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en avril 1980, aura été de courte durée. Le refroidissement a débuté avec l’opération militaire américaine en Afghanistan, le 7 octobre. Opération vigoureusement condamnée en dépit du fait qu’elle ait été menée en coordination avec l’Alliance du Nord, l’alliée de Téhéran, ennemi juré des talibans. La volonté américaine de diriger la « campagne contre le terrorisme » s’est heurtée à l’hostilité marquée de l’Iran qui, parallèlement, faisait la promotion d’une « coalition pour la paix ». Celle-ci, placée sous l’égide de l’Onu, devait s’attacher à étudier les « racines » du terrorisme qui se trouvent en particulier, selon Téhéran, dans la pauvreté, la misère ainsi que dans « l’occupation de la Palestine ». La tension est encore montée d’un cran lorsque M. Bush a, le 29 janvier, classé l’Iran comme un pays de l’« axe du mal » cherchant à se doter d’armes de destruction massive, avec l’Irak et la Corée du Nord. Tension avivée aussi par les accusations selon lesquelles l’Iran hébergerait ou aiderait dans leur fuite des membres d’el-Qaëda. En février, l’Iran a annoncé avoir arrêté quelque 150 sympathisants ou membres du réseau de Ben Laden et les avoir remis à leurs pays d’origine, essentiellement le Koweït et l’Arabie saoudite. Mardi dernier, l’Iran a demandé au Pakistan de l’aider à empêcher les éventuelles infiltrations de membres d’el-Qaëda. Des gestes insuffisants pour Washington qui maintient ses accusations. « L’Iran a très mal ressenti ces accusations, surtout les réformateurs proches du président Mohammed Khatami, parce qu’il avait condamné les attentats et avait collaboré positivement à une solution de la question afghane », explique un diplomate européen. Tous les dirigeants du pays, surtout les conservateurs qui contrôlent les principales institutions du régime et les forces armées, ont réagi très vigoureusement, considérant la position américaine comme « très grave ». Occasion ratée Le conflit israélo-palestinien a accru encore les frictions. L’Iran est accusé de soutenir les organisations radicales palestiniennes comme le Hamas, Téhéran accusant en retour Washington d’octroyer un « soutien total » à Israël. La politique américaine a également engendré des dissensions internes à la République islamique. Les journaux iraniens se sont vu interdire par la justice conservatrice de préconiser une reprise du dialogue avec Washington. Furieux de cette mesure, les réformateurs ont répliqué en accusant les conservateurs d’organiser des rencontres secrètes avec des Américains. Considéré comme un modéré jusqu’ici par Washington, M. Khatami a haussé le ton le 28 août, accusant la Maison-Blanche d’être « belliciste ». « Les attentats (du 11 septembre 2001) ont été un événement horrible », a souligné M. Khatami, mais « cela pouvait être l’occasion de changer radicalement l’approche mondiale du terrorisme et de la violence », et « malheureusement, l’occasion n’a pas été saisie ». « Je les mets en garde (les Américains), qu’ils ne fassent pas quelque chose qui leur soit préjudiciable, car une intervention en Iran ne concernerait pas seulement l’Iran, mais attiserait l’insécurité dans la région et partout », a-t-il lancé à l’adresse des États-Unis. En prévision de l’anniversaire du 11/9, Israël déploie de nouvelles batteries de missiles antimissiles Patriot L’armée de l’air israélienne a déployé trois batteries de missiles antimissiles américains de type Patriot, a indiqué hier le quotidien Maariv. Photos à l’appui, le journal a précisé que ces batteries ont été déployées jeudi respectivement dans les secteurs de la ville de Haïfa (nord d’Israël), du kibboutz Hefetz Haïm près de la ville de Gedera (centre) et enfin aux abords de la station balnéaire d’Eilat sur le littoral de la mer Rouge. Selon Maariv, ce dispositif a été mis en place à l’approche du premier anniversaire des attentats du 11 septembre et pourrait être maintenu en prévision d’une éventuelle offensive militaire des États-Unis contre l’Irak. Ces dernières semaines, l’armée israélienne a déployé une batterie de missiles antimissiles de conception israélienne Hetz (Arrow-Flèche) dans le cadre d’un exercice « de routine » près de la centrale électrique de Hadera (Nord). Une batterie de Patriot a en outre été déployée dans le désert du Néguev (Sud), où se trouve la centrale nucléaire de Dimona. Un porte-parole de l’armée israélienne s’est refusé à tout commentaire, tandis que le ministère de la Défense à Tel-Aviv n’était pas joignable. L’Irak avait tiré 39 missiles Scud sur Israël durant la guerre du Golfe en 1991, tuant deux personnes et en blessant plusieurs centaines d’autres. La nièce de George Bush refuse de défiler avec de la musique arabe Lauren Bush, nièce du président américain George W. Bush, a refusé de défiler jeudi soir à la semaine de la mode de Barcelone (nord-est de l’Espagne), parce que le thème de la présentation était le monde arabe, a rapporté hier le quotidien catalan La Vanguardia. Lauren Bush, 17 ans, devait défiler pour la première fois en Espagne pour la « Pasarela Gaudi » et présenter la collection printemps-été 2003 de Toypes, maison implantée en Galice (Nord-Ouest). Elle ignorait cependant que le thème de la collection, comme sa mise en scène, s’inspirait du monde arabe. Lorsqu’elle a découvert les pantalons bouffants, les tuniques, les turbans, les tapis qui recouvraient la scène, ainsi que la musique arabe qui devait accompagner le défilé, elle a préféré renoncer à sa présentation, sur l’insistance de sa mère Sharon Bush qui l’accompagnait. Selon La Vanguardia, Sharon Bush a estimé que sa fille ne pouvait pas participer à une telle manifestation dans le contexte international actuel et à quelques jours de l’anniversaire des attentats du 11 septembre aux États-Unis. Finalement, revêtue d’une simple robe noire, Lauren Bush s’est contentée d’accompagner le styliste Jorge Galinanez de la maison Toypes pour saluer le public à la fin de la présentation. Lauren Bush joue de malchance avec la semaine de la mode de Barcelone. L’année dernière, elle avait déjà dû renoncer à défiler parce que la manifestation s’était déroulée quelques jours après les attentats aux États-Unis. Bouteflika pour une « coopération accrue » contre le terrorisme Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a souhaité une « coopération accrue » contre le terrorisme entre son pays et l’Indonésie lors d’un dîner, jeudi, en l’honneur de la présidente indonésienne Megawati Sukarnoputri, en visite d’État en Algérie. « Ce défi que représente le terrorisme, nous devons le relever ensemble à travers une coopération accrue entre nos deux pays et par une coordination de nos efforts au niveau international », a dit M. Bouteflika, dont les propos sont rapportés par l’agence de presse algérienne APS. Lors d’un échange de toasts, le président Bouteflika a estimé que l’Algérie et l’Indonésie « sont confrontées aujourd’hui à un défi majeur qui menace leurs institutions et contrarie leurs objectifs de développement et de progrès ».
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