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Actualités - Chronologie

L’homme qui personnifie l’intifada

Présenté par Israël comme un « chef terroriste », Marwan Barghouthi a vu sa popularité grimper chez les Palestiniens depuis le début de l’intifada, au point que certains le considèrent comme un successeur possible de Yasser Arafat. Selon un sondage publié par un institut de recherches palestinien le 21 mai, soit un peu plus d’un mois après son arrestation, M. Barghouthi, avec 19 % des réponses, était alors le dirigeant palestinien le plus populaire après le président Arafat, personnalité préférée de 35 % des habitants de Cisjordanie et Gaza. Or cette popularité ne peut que s’accroître avec l’ouverture de son procès, que l’intéressé, déterminé et pugnace, compte bien transformer en tribune pour dénoncer l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Chef pour la Cisjordanie du Fateh, le mouvement de M. Arafat, et élu du Conseil législatif palestinien (Parlement), cet homme de 43 ans, de petite taille et au visage rond orné d’une fine moustache, a été propulsé sur le devant de la scène par l’intifada déclenchée fin septembre 2000. Avant le début du soulèvement palestinien, il était relativement peu connu des Palestiniens et quasiment pas des Israéliens. Mais les multiples entretiens qu’il a donnés à la presse, étrangère comme israélienne, l’ont vite rendu célèbre auprès des Israéliens, leur permettant selon eux de mettre un nom et un visage sur les attaques et attentats palestiniens. D’autant que M. Barghouthi a été systématiquement présenté par les autorités israéliennes comme le chef sur le terrain de cette révolte et le leader des Tanzim, terme désignant les groupes armés contrôlés par le Fateh, bien qu’il ait toujours assuré être un simple homme politique. Il est aussi accusé par Israël d’être le chef des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, un groupe armé issu du Fateh, ce que cette formation a reconnu dans un communiqué diffusé le 1er avril. Une adolescence en prison M. Barghouthi a toutefois toujours nié être le chef des Brigades, auteurs de plusieurs attentats-suicide en Israël, mais a aussi souligné leur « efficacité, en dépit de moyens limités ». « Les Brigades constituent le plus important développement qu’ait connu le Fateh sur le plan militaire depuis 25 ans », avait-il déclaré. En août 2001, il avait échappé à un tir de missiles israéliens contre un convoi de trois voitures dans lequel il avait pris place et qui visait, selon l’armée, un activiste de la garde rapprochée de M. Arafat, la Force 17, recherché pour le meurtre de huit Israéliens. Titulaire d’une maîtrise en sciences politiques de l’Université de Bir Zeit, près de Ramallah, M. Barghouthi, marié et père de quatre enfants, a passé un bonne partie de son adolescence dans une prison israélienne avant d’être exilé en Tunisie en 1987, au début de la première intifada (1987-1993). Revenu dans les territoires palestiniens après les accords d’Oslo de 1993, dont il est alors un fervent partisan, il est élu au Conseil législatif lors du premier scrutin qui suit la proclamation de l’autonomie. Mais le blocage du processus de paix après l’échec du sommet de Camp David de juillet 2000 en fait un « déçu d’Oslo », bien qu’il reste partisan d’une solution reposant sur la coexistence pacifique de deux États, israélien et palestinien. Après le début de l’intifada, il acquiert vite la réputation d’un opposant résolu à l’occupation capable de mobiliser les foules par ses talents oratoires. « Nous considérons que toute personne qui ne s’oppose pas à l’occupation appartient au camp des terroristes », avait-il déclaré en novembre 2001, parodiant les condamnations du terrorisme par le président américain George W. Bush après les attentats du 11 septembre.
Présenté par Israël comme un « chef terroriste », Marwan Barghouthi a vu sa popularité grimper chez les Palestiniens depuis le début de l’intifada, au point que certains le considèrent comme un successeur possible de Yasser Arafat. Selon un sondage publié par un institut de recherches palestinien le 21 mai, soit un peu plus d’un mois après son arrestation, M. Barghouthi, avec 19 % des réponses, était alors le dirigeant palestinien le plus populaire après le président Arafat, personnalité préférée de 35 % des habitants de Cisjordanie et Gaza. Or cette popularité ne peut que s’accroître avec l’ouverture de son procès, que l’intéressé, déterminé et pugnace, compte bien transformer en tribune pour dénoncer l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Chef pour la Cisjordanie du Fateh, le...