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ÉDITION Une pile impressionnante d’ouvrages, un an après le 11 septembre

Du témoignage des survivants du WTC à l’analyse géopolitique en passant par des reportages en Afghanistan, les livres parus en France, un an après le 11/9, sont très nombreux (plus de 70 !) et, de cette impressionnante pile, deux thèmes ressortent : l’antiaméricanisme et l’islamisme. Ainsi, dans L’ennemi américain/Généalogie de l’antiaméricanisme français, Philippe Roger (Le Seuil) tente d’éclairer cette « exception française » qui est aussi un paradoxe : l’antiaméricanisme est une donnée centrale de la vie culturelle en France, où il est plus vif que dans tout autre pays d’Europe, alors que, pourtant, la France n’a jamais été en guerre avec les États-Unis. L’académicien Jean-François Revel donne aussi sa vision de L’obsession antiaméricaine/Son fonctionnement, ses causes, ses inconséquences (Plon). Pour lui, « l’animosité à l’égard de l’Amérique a décuplé » depuis trente ans (il avait écrit en 1970 le best-seller international Ni Marx ni Jésus déjà sur cette question) et, bien sûr, depuis un an. « Aujourd’hui comme naguère, dit-il, un livre sur les États-Unis est condamné à être un livre consacré à la désinformation sur les États-Unis. » Les Britanniques Ziauddin Sardar et Merryl Wyn Davies se demandent Pourquoi le monde déteste-t-il l’Amérique ? (Fayard). Leur réponse est qu’« elle voit un peu le monde comme elle voyait les Indiens : des enfants à conduire à la civilisation ». Enfin, Lewis Lapham a écrit Le djihad américain (Saint-Simon), une histoire des États-Unis à travers Dieu et le fait religieux. Parmi les autres ouvrages, il faut citer en priorité le travail du Sri Lankais Rohan Gunaratna, qui enquête sur l’organisation de Ben Laden depuis plusieurs années et qui publie chez Autrement Al-Qaida/Au cœur du premier réseau terroriste mondial. C’est lui, en premier, que le Congrès américain a appelé, peu après le 11/9, pour entendre ses avis. Plon propose un Dictionnaire mondial de l’islamisme, ouvrage collectif sous la direction des Cahiers de l’Orient (revue dirigée par Antoine Sfeir). Olivier Roy signe L’islam mondialisé (Seuil) : « Loin d’exprimer le “choc des cultures”, les tensions liées aujourd’hui à l’islam sont le syndrome de son occidentalisation mal vécue et des crises en cascade qu’il provoque », écrit-il. Il signe aussi Les illusions du 11 septembre (Seuil). Ali Laïdi et Ahmed Salma ont écrit Le jihad en Europe (Seuil), sur les filières, notamment européennes, du terrorisme islamiste, Mohamed Sifaoui La France, malade de l’islamisme (Le Cherche-Midi) et l’ancien ministre des Finances du Liban, Georges Corm, Orient-Occident/La fracture imaginaire (La Découverte). Bruno Dellinger est l’auteur de World Trade Center 47e étage (Robert Laffont) : « J’ai entendu l’avion. L’impact d’une violence inouïe a suivi immédiatement », raconte ce chef d’entreprise français qui avait ses bureaux dans la tour 1 du WTC. La Martinière édite Journal d’une année à part de Laurence Haïm (journaliste vivant à New York), Ramsay Le jour où le monde a basculé, rédigé par l’équipe de reporters du journal allemand Der Spiegel et préfacé par John Le Carré. Textuel sort Les écrits de septembre (Béatrice Fraenkel, photos à l’appui, montre comment New York a été, après le 11/09, envahie par les mots : sur les murs, les vitrines des magasins, etc.) et Le Monde/L’aube 11 septembre, un an après (préface de Sylvie Kauffmann). L’académicien René Rémond a écrit Du mur de Berlin aux tours de New York/Douze ans pour changer le siècle (Bayard), Frédéric Encel Géopolitique de l’apocalypse/La démocratie à l’épreuve de l’islamisme (Flammarion) tandis que la revue Esprit consacre son numéro d’août-septembre au monde de l’après 11/9. Enfin, Jean-Pierre Perrin signe Jours de poussière/Choses vues en Afghanistan (La Table Ronde) et Stéphane Allix Carnets afghans (Robert Laffont).
Du témoignage des survivants du WTC à l’analyse géopolitique en passant par des reportages en Afghanistan, les livres parus en France, un an après le 11/9, sont très nombreux (plus de 70 !) et, de cette impressionnante pile, deux thèmes ressortent : l’antiaméricanisme et l’islamisme. Ainsi, dans L’ennemi américain/Généalogie de l’antiaméricanisme français, Philippe Roger (Le Seuil) tente d’éclairer cette « exception française » qui est aussi un paradoxe : l’antiaméricanisme est une donnée centrale de la vie culturelle en France, où il est plus vif que dans tout autre pays d’Europe, alors que, pourtant, la France n’a jamais été en guerre avec les États-Unis. L’académicien Jean-François Revel donne aussi sa vision de L’obsession antiaméricaine/Son fonctionnement, ses causes, ses...