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Actualités - Chronologie

Contesté par les pays occidentaux, Mugabe se fait l’avocat des pauvres(PHOTO)

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, de plus en plus contesté par l’Occident pour sa réforme agraire et ses atteintes aux droits de l’homme, a profité du sommet de la Terre à Johannesburg pour se faire l’avocat des plus pauvres, victimes de la suprématie des pays riches. Dans son discours lundi au sommet de la Terre, Robert Mugabe, applaudi par de nombreux délégués des pays du Sud, a justifié la réforme agraire qu’il a mise en place pour redistribuer aux Noirs sans terres celles de la minorité blanche au nom du « développement durable ». « Nous, au Zimbabwe, comprenons trop bien que le développement durable n’est pas possible sans réforme agraire » a-t-il dit, ajoutant que dans son pays « la terre vient en premier, avant tout le reste et que tout provient et dérive de la terre ». Lancée début 2000, la réforme agraire au Zimbabwe s’est précipitée le mois dernier avec l’arrestation de 277 fermiers blancs qui avaient refusé de répondre à l’ultimatum du gouvernement enjoignant à quelque 2 900 propriétaires de quitter leurs exploitations le 8 août. Cette réforme est présentée par le président Mugabe comme indispensable pour corriger les injustices héritées de la colonisation britannique et, après la libération politique obtenue avec l’indépendance en 1980, parvenir enfin, 22 ans après, à la « libération économique ». Au Zimbabwe, 70 % des terres les plus fertiles appartiennent toujours à une poignée de propriétaires blancs, la plupart descendants de colons venus de Grande-Bretagne, la majorité noire devant se contenter de terres arides peu productives. Mais les violences contre les fermiers et leurs ouvriers ayant accompagné cette réforme lors d’occupations organisées par le pouvoir, ont fortement perturbé la production et contribué à l’aggravation de la situation économique du Zimbabwe où la moitié de la population est menacée de famine dans les mois à venir. Robert Mugabe a réitéré à Johannesburg ses attaques contre les pays occidentaux et plus particulièrement la Grande-Bretagne, accusée de vouloir rétablir le colonialisme au Zimbabwe en soutenant les fermiers blancs et l’opposition. « Blair, gardez votre Angleterre, et laissez-moi garder mon Zimbabwe », a-t-il lancé au Premier ministre britannique, Tony Blair. Tony Blair avait affirmé de son côté lundi lors d’une visite à la township d’Alexandra que Robert Mugabe avait « causé un tort considérable au peuple » du Zimbabwe en le privant de ses droits, et qu’il menait l’économie de son pays à la faillite en prenant le colonialisme comme « bouc émissaire ». Le leader de l’opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, a, pour sa part, regretté hier que le sommet de la Terre ait été « détourné » de son objectif « par des voyous » dont le seul but est de « préserver leur pouvoir politique personnel ». « M. Mugabe et ses associés sont totalement coupés des intérêts des Zimbabwéens », a-t-il affirmé. Lovemore Madhuku, président d’une organisation proche de l’opposition, l’Assemblée nationale constitutionnelle (NCA), a estimé qu’avec sa rhétorique anti-impérialiste, Robert Mugabe pensait pouvoir « détourner l’attention » sur les atteintes aux droits de l’homme commises au Zimbabwe. Soumis depuis plus de six mois a des sanctions d’une majeure partie des pays occidentaux, dont les États-Unis et l’Union européenne (UE), Robert Mugabe n’entend pas pour autant changer de politique, car ces sanctions le renforcent dans sa volonté d’apparaître comme le défenseur des opprimés.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, de plus en plus contesté par l’Occident pour sa réforme agraire et ses atteintes aux droits de l’homme, a profité du sommet de la Terre à Johannesburg pour se faire l’avocat des plus pauvres, victimes de la suprématie des pays riches. Dans son discours lundi au sommet de la Terre, Robert Mugabe, applaudi par de nombreux délégués des pays du Sud, a justifié la réforme agraire qu’il a mise en place pour redistribuer aux Noirs sans terres celles de la minorité blanche au nom du « développement durable ». « Nous, au Zimbabwe, comprenons trop bien que le développement durable n’est pas possible sans réforme agraire » a-t-il dit, ajoutant que dans son pays « la terre vient en premier, avant tout le reste et que tout provient et dérive de la terre ». Lancée début 2000,...