Le secrétaire d’État américain Colin Powell, jusqu’à maintenant silencieux sur l’Irak, a demandé la diffusion de tous les « renseignements disponibles » sur l’Irak dans un entretien à la BBC (télévision) diffusé hier. « Je pense que les informations, les renseignements disponibles sur l’Irak doivent être présentés au monde », a déclaré Colin Powell lors de cet entretien dont l’intégralité doit être diffusée dimanche prochain. « Nous avons besoin d’un débat au sein de la communauté internationale, afin que tout le monde puisse tirer ses conclusions à ce sujet », a-t-il ajouté. Seul parmi les plus proches conseillers du président George W. Bush, M. Powell s’était distingué par son silence ces dernières semaines dans le débat qui fait rage aux États-Unis sur d’éventuelles frappes militaires contre l’Irak. Alors que le vice-président Dick Cheney, le secrétaire (ministre) à la Défense Donald Rumsfeld et la conseillère diplomatique de M. Bush, Condoleezza Rice, rivalisent de déclarations de plus en plus hostiles à Bagdad, le chef de la diplomatie américaine avait gardé un profil bas. « Je pense que le débat actuel est trop centré sur la position des États-Unis et sur le débat au sein de l’Administration américaine et non pas sur le régime irakien », a déclaré à ce sujet Colin Powell à la BBC lors de cet entretien réalisé au département d’État. En ce qui concerne un éventuel retour des inspecteurs en désarmement de l’Onu en Irak, les responsables du département d’État s’emploient régulièrement à tempérer les inquiétudes des capitales étrangères qui s’alarment d’une possible action militaire sans consultations. Ancien commandant en chef interarmes, le général Powell avait exprimé ses réticences à engager des troupes dans la guerre du Golfe en 1990/91, puis dans les Balkans. La dernière intervention de M. Powell sur l’Irak remontait au 12 août, lors d’un point de presse avec la ministre espagnole des Affaires étrangères, Ana Palacio. Il avait alors encouragé les efforts de l’opposition irakienne pour offrir une alternative « si et quand un changement de régime a lieu » à Bagdad. Par ailleurs, le Time Magazine a affirmé hier que M. Powell a l’intention de démissionner à la fin de l’actuel mandat du président George W. Bush même si ce dernier est réélu. « Il aura rendu des services inestimables pendant quatre ans. Mais cela suffit », a affirmé un proche de M. Powell à l’hebdomadaire. Selon ce proche, Powell voit les choses en ces termes : « J’ai fait ce que mon cœur m’avait dicté. Je l’ai (Bush) amené ici et je l’ai aidé à démarrer. J’ai fait de mon mieux ». Seule l’imminence d’une victoire diplomatique majeure, au Proche-Orient par exemple, pourrait pousser M. Powell à rester un peu plus longtemps, selon ce proche. Le mandat de l’actuel président s’achèvera en janvier 2005. En démissionnant, M. Powell ne sera pas motivé par des ambitions politiques. Il « ne se présentera jamais à la présidence », affirme ce proche. En revanche, fait remarquer l’hebdomadaire, l’effacement de M. Powell constituerait un handicap politique pour les républicains, en faisant disparaître une voix modérée susceptible d’élargir la base électorale du parti.
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