L’armée israélienne a intensifié ces dernières semaines sa lutte contre les organisations radicales palestiniennes en Cisjordanie dont elle a arrêté plusieurs responsables politiques ou chefs militaires. L’arrestation samedi d’un des chefs politiques du mouvement islamiste Hamas en Cisjordanie, Hassan Youssef, est la dernière en date d’une série de succès de l’armée commencée en avril avec la capture de Marwan Barghouthi, secrétaire général du Fateh (le mouvement de Yasser Arafat) pour la Cisjordanie. Les groupes palestiniens et les observateurs reconnaissaient dimanche que ces arrestations de responsables politiques des groupes radicaux, survenant après l’arrestation ou l’assassinat de plusieurs de leurs chefs militaires, portait un coup dur à ces organisations, mais estimaient qu’Israël ne pouvait pas les mettre définitivement au tapis. Issa Karaka, président de l’Association des prisonniers palestiniens, estime ainsi qu’il s’agit d’une « campagne menée au hasard, qui a touché des familles entières, mais que rien ne permet de dire qu’Israël a défait les Palestiniens ». « Parmi les personnes arrêtées, 1 800 ont été placées en détention administrative (système permettant de proroger la détention, sans procès), ce qui signifie qu’Israël ne sait pas de quoi les accuser », a-t-il ajouté. La liste des chefs politiques palestiniens emprisonnés par Israël s’est également allongée, le 27 août, de deux noms : ceux de membres du bureau politique du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) mouvement laïque d’inspiration marxiste et opposé à tout compromis avec Israël. Ces deux hommes, Bachir el-Khairi et Ali Jaradat, ont été arrêtés à Ramallah le 27 août, jour du premier anniversaire de la mort d’Abou Ali Moustapha, chef du FPLP assassiné par Israël. Le 11 juin, l’armée israélienne avait arrêté à Ramallah le secrétaire général adjoint du FPLP, Abdelrahim Mallouh. Ces arrestations « prouvent qu’Israël poursuit sa politique d’arrestations et d’assassinats pour affaiblir le FPLP (...) mais cela n’affectera pas notre lutte contre l’occupation », a déclaré Qaëd al-Ghoul, autre dirigeant du groupe. Le chef du FPLP, Ahmad Saadat, qu’Israël tient pour responsable de l’assassinat du ministre israélien du Tourisme, Rehavam Zeevi, en octobre 2001, est détenu par l’Autorité palestinienne, dans la prison de Jéricho en Cisjordanie. Sa détention avait été l’une des conditions posées par l’armée israélienne pour lever le siège du quartier général de Yasser Arafat à Ramallah, le 1er mai. Parallèlement à ces arrestations, l’armée a continué sa politique d’assasinats ciblés dont un dernier exemple a été donné samedi avec l’élimination d’un membre des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, groupe armée lié au Fateh, le mouvement de Yasser Arafat. Un rapport récemment publié par l’Association de défense des droits de l’homme israélienne indiquait que les opérations d’assassinats ciblés, responsables de la mort de 79 activistes palestiniens depuis le début de l’intifada, ont également coûté la vie à 32 civils palestiniens. Pour l’analyste palestinien Hani al-Masri, « des opérations de ce genre (...) ont pour but à la fois d’éliminer des activistes mais aussi de terroriser et de décourager la population ». « Cette escalade est destinée à effrayer le peuple palestinien pour qu’il se rende. C’est du terrorisme d’État », estime pour sa part le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat. Certains éditorialistes israéliens estiment que la stratégie qui consiste à tuer les chefs militaires et à emprisonner les dirigeants politiques est à l’origine de l’accalmie que connaît actuellement Israël, où n’a été commis aucun attentat depuis presque un mois. Mais d’autres estiment que ce calme est dû aux discussions que mènent ces jours-ci les différents groupes palestiniens pour tenter d’ébaucher une stratégie commune. Au cours de ces discussions, les représentants du Fateh ont prôné l’arrêt des attentats en territoire israélien, ce que refusent pour l’heure les groupes radicaux islamistes ou laïques.
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