L’Opep pourrait relever sa production en septembre jusqu’à 800 000 barils par jour, si l’Arabie saoudite qui cherche à se concilier les États-Unis parvenait à convaincre ses partenaires, a estimé hier un responsable de l’Opep. Mais l’Arabie saoudite, premier producteur mondial de pétrole, aura beaucoup de mal à surmonter l’opposition des autres membres du cartel lors de la réunion ministérielle prévue le 19 septembre à Osaka. Les ministres du Pétrole de l’organisation pourraient « décider en septembre d’un relèvement modéré de la production et laisser aux marchés le temps de l’absorber » avant de prendre une nouvelle décision plus tard dans l’année, a spéculé ce responsable au quartier général de l’Opep à Vienne. « Il leur faudra parvenir à un compromis pour mettre une quantité limitée de brut sur le marché », qui pourrait se situer « entre 500 000 barils et 750 000, voire 800 000 barils par jour », a-t-il estimé. Mais « la décision sera très difficile à arracher », a-t-il ajouté. En fait, « je crois que le vent est en train de tourner contre les intérêts des Saoudiens », a-t-il ajouté. Il a relevé que l’Indonésie avait rejoint hier le Koweït, l’Iran et le Venezuela pour s’opposer à un relèvement des quotas lors de la réunion d’Osaka. En revanche, l’Algérie et le Nigeria demandent un relèvement de leurs quotas, et dans les cercles de l’Opep on évoquait déjà ce mois-ci un relèvement du plafond de production de 500 000 barils par jour (bpj) pour les satisfaire. La position saoudienne est essentiellement politique et vise à apaiser les États-Unis qui s’inquiètent des cours élevés du pétrole, a expliqué ce responsable. Les prix ont atteint leur plus haut niveau depuis un an à New York le semaine dernière devant les craintes d’une attaque américaine contre l’Irak. Pour lui, il est possible que l’Arabie saoudite soit en train de lancer des ballons d’essai « pour voir comment réagissent les marchés et les ministres » des autres membres du cartel. Il est aussi possible que les ministres « décident de ne rien faire dans l’immédiat et de se réunir plus tard dans l’année », a poursuivi ce responsable qui suit les luttes d’influence au sein du cartel. L’idée est de « laisser au marché un peu plus de temps, deux mois au maximum ». En tout cas, « ils ne peuvent pas se permettre de ne pas se retrouver avant (la prochaine réunion régulière en) mars, ils devraient se revoir fin novembre ou début décembre », a-t-elle ajouté. Le cartel de onze membres, qui assure 30 % de la production mondiale de brut, a réduit sa production d’un cinquième l’année dernière en réaction à une baisse de la demande. Mais depuis, plusieurs membres de l’Opep ont recommencé à dépasser leurs quotas. D’après le bulletin spécialisé Middle East Economic Survey, la production de l’Opep a dépassé en juillet de 1,8 million de barils par jour le plafond de 23,52 millions bpj que s’est fixé l’organisation.
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