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Actualités - Chronologie

Colombie Les « bombes à l’urine », arme de prédilection des guérilleros

Le cheveu en brosse, un lourd gilet pare-balles sur le torse, un casque noir dans une main, le fusil d’assaut Galil (de fabrication israélienne) dans l’autre, cet agent des forces spéciales revit son sanglant combat contre les guérilleros, et sa hantise « d’être blessé puis infecté par leurs bombes pleines d’urine ». Le caporal-chef Abelardo, l’un des 600 militaires chargés de la sécurité lors du récent séjour du président Alvaro Uribe à Carthagène (Nord), préfère taire son nom de famille. « Pour une raison bien simple : j’ai caché la vérité à mes parents sur cette aventure », sourit-il, l’œil aux aguets sur l’aéroport. Membre des forces spéciales de l’infanterie de marine, ce sous-officier de 27 ans, dont huit sous l’uniforme kaki, a vu tomber autour de lui 24 de ses camarades dans l’attaque de la base navale de Jurado, sur le Pacifique, par mille rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes), en décembre 1999. Autour de lui, ses subordonnés éclatent de rire à l’évocation de leur peur éventuelle lors d’une offensive. « Pour notre pays, on ferait n’importe quoi ! », assure Alexander, 21 ans, soldat professionnel depuis deux ans. « On s’habitue vite à ne plus se préoccuper des attaques de la guérilla », ajoute en écho Daniel, 36 ans, et près de 13 dans le service actif. D’un ton détaché, Abelardo, l’un des rares rescapés de Jurado, évoque ces mauvais souvenirs avec fatalisme. « Nous étions cernés par les FARC, raconte-t-il. Leurs bombes, d’énormes bonbonnes de gaz piégées, pleuvaient sur la base, remplies d’urine, d’excréments et d’ammoniaque pour provoquer des infections chez les blessés ». Ce sous-officier n’a trouvé son salut que dans la fuite, avec deux fusils d’assaut dans les mains, après avoir abandonné les morts sur le terrain, sous les hurlements des rebelles. « Ils m’ordonnaient de me rendre. Les balles sifflaient autour de moi. “Je meurs pour mon pays”, que j’ai répliqué en arrosant le camp adverse de mes deux calibres 5,56 de 30 coups chacun, depuis la forêt tropicale où je m’étais abrité », poursuit-il. « Les guérilleros, un millier au total, paraissaient sortir de terre comme des champignons. Eux non plus n’avaient pas peur. Je crois en avoir abattu une trentaine ». La guerre civile en Colombie, avec plus de 200 000 morts depuis 1964, oppose la troupe, les FARC (17 000 hommes), l’Armée de libération nationale (ELN, extrême gauche – 4 000 hommes) et les groupes paramilitaires (10 000 hommes).
Le cheveu en brosse, un lourd gilet pare-balles sur le torse, un casque noir dans une main, le fusil d’assaut Galil (de fabrication israélienne) dans l’autre, cet agent des forces spéciales revit son sanglant combat contre les guérilleros, et sa hantise « d’être blessé puis infecté par leurs bombes pleines d’urine ». Le caporal-chef Abelardo, l’un des 600 militaires chargés de la sécurité lors du récent séjour du président Alvaro Uribe à Carthagène (Nord), préfère taire son nom de famille. « Pour une raison bien simple : j’ai caché la vérité à mes parents sur cette aventure », sourit-il, l’œil aux aguets sur l’aéroport. Membre des forces spéciales de l’infanterie de marine, ce sous-officier de 27 ans, dont huit sous l’uniforme kaki, a vu tomber autour de lui 24 de ses camarades dans...