Londres était une ville morte en début de semaine, jour férié en Grande-Bretagne : quelques rares passants hantaient les rues désertes et les magasins étaient fermés. Dans le quartier de Notting Hill (ouest de Londres), pourtant, c’était une toute autre histoire... Des centaines de milliers de spectateurs sont venus assister au carnaval le plus important d’Europe, hymne à la culture et, tout particulièrement à la musique des Caraïbes. Le carnaval de Notting Hill est le moment pour les communautés noires des Antilles de se retrouver, de faire la fête et de faire connaître leur culture au reste du monde. Car le public est international. Le bouche-à-oreille et les médias ont fait connaître l’événement au-delà des frontières britanniques : le Notting Hill Carnival est devenu un but de voyage en soi. Joël et Raya sont ainsi venus spécialement de Paris pour y assister. Pierre et Marie sont, eux, venus de Bruxelles. Quant à Marco, il a fait le voyage avec Rud et Denis d’Amsterdam. Une cinquantaine de chars crachant leur musique depuis d’énormes enceintes sont précédés et suivis de troupes de danseurs, de musiciens aux costumes chatoyants. Le rouge sang brillant se marie avec l’or et différentes nuances de vert, de bleu et d’orange. Les danseuses de samba, fort dévêtues, ne semblent pas gênées outre mesure par une température peu clémente et décidément bien peu estivale. Mais la grisaille du ciel n’affecte pas le moral des participants. Les costumes vont de l’artisanal à ce que l’on pourrait qualifier de haute couture de la fête : des plumes de toutes les couleurs ornent les coiffes des participants et les costumes de papillon aux ailes géantes (jusqu’à 6 mètres de haut) sont légion. Au fil des heures, la foule se fait de plus en plus compacte et c’est une véritable marée humaine qui envahit Ladbroke Grove, la principale artère du quartier. Il faut jouer des coudes pour avancer. Malgré tout, devant ce qui semble être une grande fête populaire où tout le monde danse et se réjouit, le spectateur retire une impression mitigée face à une manifestation devenue très commerciale. Même son de cloche chez certains participants : « L’atmosphère n’est plus la même, dit Gladys. Il y a trop de flics, c’est devenu trop commercial, renchérit Lenox. Le carnaval a perdu son âme. » Certains chars ressemblent plus à des podiums publicitaires qu’à des plates-formes de carnaval. La police est omniprésente et le public est coincé derrière des barrières tout le long de rues où il lui est interdit d’aller, de danser derrière et à côté des chars. Ceux-ci sont en outre trop espacés les uns des autres et le rythme du défilé s’en ressent. En revanche, arrivé dans le quartier plus populaire de Kensal Town, dont les habitants sont souvent originaires des Caraïbes, la présence policière se fait plus discrète et les barrières ont disparu. Mais la fête a parfois aussi lieu là où on ne l’attend pas. Dans les rues adjacentes au parcours, par exemple, où des DJ font de la techno pour un public que le défilé du carnaval ne semble pas intéresser. (Téléphoto AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Londres était une ville morte en début de semaine, jour férié en Grande-Bretagne : quelques rares passants hantaient les rues désertes et les magasins étaient fermés. Dans le quartier de Notting Hill (ouest de Londres), pourtant, c’était une toute autre histoire... Des centaines de milliers de spectateurs sont venus assister au carnaval le plus important d’Europe, hymne à la culture et, tout particulièrement à la musique des Caraïbes. Le carnaval de Notting Hill est le moment pour les communautés noires des Antilles de se retrouver, de faire la fête et de faire connaître leur culture au reste du monde. Car le public est international. Le bouche-à-oreille et les médias ont fait connaître l’événement au-delà des frontières britanniques : le Notting Hill Carnival est devenu un but de voyage en soi. Joël et Raya...