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CÉLÉBRATION Leni Riefenstahl, cinéaste d’Hitler et artiste pluridisciplinaire, a 100 ans (PHOTO)

C’est au mieux de sa forme que Leni Riefenstahl, la cinéaste officielle du IIIe Reich, a fêté hier ses 100 ans. Née le 22 août 1902 à Berlin, cette grande sportive entreprend des études d’art. Danseuse au début des années vingt, elle fait ses premiers pas au cinéma comme actrice dans des films d’Arnold Fanck, un spécialiste des films d’alpinisme. Intrépide, elle joue sans doublure dans des films de montagne acrobatiques comme Prisonniers de la montagne (1929) ou Tempête sur le Mont-Blanc (1930). Dans La Lumière bleue, en 1932, où elle escalade les sommets pieds nus, elle est à la fois interprète, productrice et coréalisatrice. Rencontre avec le Führer Quand Adolf Hitler prend le pouvoir en 1933, elle est séduite par le discours du Führer et devient, en quelques mois, la cinéaste du régime. Elle réalise Le triomphe de la volonté en 1934, un long métrage de propagande sur le congrès du Parti national-socialiste à Nuremberg. Deux ans après, Leni Riefenstahl tourne Les Dieux du stade, à l’occasion des Jeux olympiques de Berlin. Ce long métrage en deux parties, qui connaît un succès considérable dans toute l’Europe, exalte la puissance, le corps humain et l’idéologie nazie. Jugé artistiquement et techniquement innovatif, « ce film n’a jamais été une commande d’Hitler ni un film de propagande », affirmait-elle en octobre 2000, au moment de la sortie de sa biographie, Leni Riefenstahl : cinq vies (Éd. Taschen). Pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle réalise Tiefland, une fiction pour laquelle sont recrutées des dizaines de tziganes dans des camps de concentration, où ils retourneront après le tournage. L’association Roma e.V. a déposé ce mois-ci une plainte contre Riefenstahl pour « négation de l’Holocauste ». Internée de la fin de la guerre jusqu’en 1948, elle est qualifiée par une commission d’enquête de « sympathisante » du régime nazi, mais aucune condamnation n’est prononcée à son égard. À plusieurs reprises, elle reconnaîtra avoir été « naïve » dans son appréciation du régime hitlérien. Dans les très rares interviews qu’elle accorde désormais, cette vieille dame aux cheveux teints en blond refuse de répondre aux questions sur cette partie de sa vie. À cent à l’heure Après la guerre, elle se consacre à la photographie, puis au film sous-marin (Impression sous-marine a été diffusé jeudi dernier sur la chaîne franco-allemande de télévision Arte), avec notamment des plongées en mer Rouge ou aux Maldives. Elle passe son brevet de plongée sous-marine à 72 ans, prétendant à son entraîneur en avoir 20 de moins. Vivant à cent à l’heure (elle échappe en mars 2000 à un accident d’hélicoptère dans le centre du Soudan), elle réalise plusieurs documentaires, considérés comme des chefs-d’œuvre, sur le peuple des Noubas, auquel elle consacre également de nombreux albums de photographies et dont elle apprend la langue. Maudite dans son pays, elle continue pourtant à y vivre, au bord du lac de Starnberg, au sud de Munich. L’artiste a depuis longtemps trouvé un public à l’étranger, qui admire l’esthétisme de ses œuvres. Aujourd’hui, Leni Riefenstahl n’a toujours pas l’intention de décrocher. « Je me force à ne pas trop dormir. J’ai encore tellement de projets », déclarait-elle dans une récente interview au quotidien populaire Bild.
C’est au mieux de sa forme que Leni Riefenstahl, la cinéaste officielle du IIIe Reich, a fêté hier ses 100 ans. Née le 22 août 1902 à Berlin, cette grande sportive entreprend des études d’art. Danseuse au début des années vingt, elle fait ses premiers pas au cinéma comme actrice dans des films d’Arnold Fanck, un spécialiste des films d’alpinisme. Intrépide, elle joue sans doublure dans des films de montagne acrobatiques comme Prisonniers de la montagne (1929) ou Tempête sur le Mont-Blanc (1930). Dans La Lumière bleue, en 1932, où elle escalade les sommets pieds nus, elle est à la fois interprète, productrice et coréalisatrice. Rencontre avec le Führer Quand Adolf Hitler prend le pouvoir en 1933, elle est séduite par le discours du Führer et devient, en quelques mois, la cinéaste du régime. Elle réalise...