La crue de l’Elbe, qui a coûté la vie à la majorité des 19 morts en Allemagne depuis le début des intempéries, continuait hier sa progression vers le nord du pays, plus rapide mais moins élevée que prévu, la plupart des digues résistant à la pression des eaux. Les États régionaux du Brandebourg (Est), de Basse-Saxe (Nord-Ouest), et de Mecklembourg-Poméranie (Nord-Est) et le sud du Schleswig-Holstein (Nord), commençaient à être menacés. Des milliers de secouristes et volontaires consolidaient des digues entre Wittenberge (Brandebourg) et Geesthacht, peu avant Hambourg. « Nous nous attendons à ce que la crue arrive plus vite que prévu, mais à un niveau moindre », a indiqué Sigmar Gabriel, ministre-président de Basse-Saxe. Ce dernier devait tenir dans l’après-midi d’hier une réunion de crise à Lunebourg (sud-est de Hambourg) avec son homologue du Schleswig-Holstein Heide Simonis, et avec le maire de la Ville-État de Hambourg, Ole von Beust. Des foyers de résidence pour personnes âgées ont notamment été évacués dans la nuit dans les environs de Neuhaus, à 70 km au sud-est de Hambourg. C’est à Hambourg que l’Elbe se jette dans la mer du Nord. À Wittemberge, le niveau de l’Elbe était de 7 mètres hier matin. À 8 mètres, l’électricité devait être coupée. Un pic était attendu pour jeudi et pourrait entraîner l’évacuation de 20 000 riverains. Dans la région, 22 000 bovins, porcs et moutons ont été placés en sécurité. La ville de Magdebourg, dans l’est de l’Allemagne, a passé la nuit de lundi à mardi en état de siège, le pic de la crue de l’Elbe passant à la hauteur de la capitale de la Saxe-Anhalt et soumettant ses digues à de fortes pressions. L’eau est arrivée plus vite et moins haut que prévu, culminant autour de 6,70 mètres. Les digues ont tenu bon dans l’ensemble, sauf à l’est de la ville où plusieurs centaines de soldats, pompiers et secouristes ont passé la nuit à accumuler des sacs pour renforcer une digue fissurée, a précisé un porte-parole de la cellule de crise. En amont, la crue a transformé les environs de Wittenberg, en Saxe-Anhalt, en un vaste paysage lacustre. Quelque 40 000 personnes avaient dû être évacuées. À l’hôtel de ville de Dessau (Saxe-Anhalt), comme tout au long de l’Elbe, la population faisait preuve de solidarité. « Les gens n’arrêtent pas de téléphoner pour demander s’ils peuvent aider et où ils peuvent faire des dons », selon une porte-parole. À Dresde, la baisse des eaux a permis à de nombreux habitants de regagner leurs domiciles. « Nous nous retrouvons dans une ville qui nous donne l’impression qu’elle a à nouveau été bombardée », selon Else Bergmann, 85 ans, qui a vécu les bombardements alliés de 1945 qui avaient sévèrement détruit la ville. Le musée de l’Albertinum de la capitale saxonne, où quelque 11 000 œuvres d’art avaient été déplacées, a toutefois rouvert ses portes hier. Le Land de Saxe porte le plus lourd tribut humain des intempéries avec 15 morts, sur un total de 19 décès depuis le 10 août. 26 personnes étaient toujours portées disparues en Saxe. Selon la cellule de crise du ministère régional de l’Intérieur, les risques d’épidémie via les eaux étaient faibles, au moins pour la population civile. L’institut Robert-Koch de Berlin, spécialisé dans le traitement des infections, a conseillé à toutes les personnes en contact avec de l’eau à se protéger par des gants et des bottes étanches. L’institut a également recommandé aux personnes en contact régulier avec de l’eau depuis plusieurs jours de se vacciner contre l’hépatite A, mais ne s’attend pas à une épidémie de choléra ou de typhus.
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