Les âarchs (tribus kabyles), fer de lance de la contestation en Kabylie, ont de nouveau exprimé hier leur opposition au pouvoir, en rejetant les élections locales prévues le 10 octobre, après avoir boycotté les législatives du 30 mai dernier. Cette farouche opposition au pouvoir s’est manifestée par l’interdiction signifiée aux autorités de venir se recueillir sur la stèle du 20 août 1956 à Ifri, commémorant le « Congrès de la Soummam » qui avait tracé les grandes lignes de la guerre d’indépendance en Algérie (1954-1962). « Le choix de cette date et de ce lieu symbolique, qui constitue un espace de ressourcement du peuple algérien, répond à l’exigence du mouvement quant à la réappropriation de notre histoire, confisquée par les tenants du pouvoir illégitime qui en ont travesti l’esprit et la portée », explique une déclaration des âarchs remise à la presse à Ifri, près de Béjaïa (Petite Kabylie, 260 km à l’est d’Alger). Les âarchs ont rendu hommage aux chahids (martyrs) de la guerre d’indépendance, et à ceux du Printemps noir, du nom donné aux émeutes qui avaient éclaté à la suite de la mort d’un lycéen en avril 2001 dans une gendarmerie à Beni Douala, près de Tizi Ouzou (Grande Kabylie, 110 km à l’est d’Alger), et avaient fait, d’avril à juin, une soixantaine de morts. Elles sont restées sporadiques depuis. Les autorités, pour leur part, ont préféré commémorer l’anniversaire du 20 août 1956 loin des clameurs de la foule kabyle, à Blida (50 km au sud d’Alger). À Ifri, des milliers de personnes, venues de toute la Kabylie (est d’Alger), se sont rassemblées et ont crié leur opposition au pouvoir et leur rejet des élections locales du 10 octobre prochain. Les participants, portant des banderoles et des drapeaux noirs en signe de deuil, sous une chaleur torride, ont longuement scandé leurs mots d’ordre, devenus célèbres « ulac smah ulac » (pas de pardon) et « ulac l’vote ulac » (pas de vote). Ils ont réaffirmé que la contestation ne cesserait pas en Kabylie tant que la plate-forme d’El-Kseur ne serait pas satisfaite. Cette plate-forme, adoptée le 11 juin 2001 dans cette petite ville près de Béjaïa, contient les principales revendications, en 15 points « non négociables », des âarchs.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les âarchs (tribus kabyles), fer de lance de la contestation en Kabylie, ont de nouveau exprimé hier leur opposition au pouvoir, en rejetant les élections locales prévues le 10 octobre, après avoir boycotté les législatives du 30 mai dernier. Cette farouche opposition au pouvoir s’est manifestée par l’interdiction signifiée aux autorités de venir se recueillir sur la stèle du 20 août 1956 à Ifri, commémorant le « Congrès de la Soummam » qui avait tracé les grandes lignes de la guerre d’indépendance en Algérie (1954-1962). « Le choix de cette date et de ce lieu symbolique, qui constitue un espace de ressourcement du peuple algérien, répond à l’exigence du mouvement quant à la réappropriation de notre histoire, confisquée par les tenants du pouvoir illégitime qui en ont travesti l’esprit et la portée...