Courrier Lettre ouverte au ministre du Tourisme Monsieur le ministre,
le 21 août 2002 à 00h00
En cette année de marasme économique, et afin de ne pas tomber dans la dépression ambiante qui guette tout Libanais en cette période difficile, il nous est arrivé de faire du tourisme au Liban. Faire du tourisme non pas dans le sens Beyrouth – Faraya, Faraya – Faqra, centre-ville – Rmeileh, mais plutôt prendre son bâton de pèlerin et découvrir ce beau Liban que nous n’avons pas appris à connaître. À partir de là, nous pouvons vous assurer qu’une seule question surgit à nos lèvres : mais où est donc le ministre du Tourisme ? Qui est en charge de promouvoir le Liban ? Pas le Liban de la (mal) bouffe, des quelques hôtels de luxe et des festivals de la musique, mais le Liban profond, celui de la culture, du patrimoine, du terroir, des petites auberges et de son passé tant de fois millénaire… Connaissez-vous Hassan de Kammoua’a qui vous conduit dans cette merveilleuse forêt en vous parlant de ces arbres centenaires ? Et Abou Joseph de Wadi Kannoubine, qui vient vous chercher dans son tacot et vous emmène dans son café surplombant la vallée de la Kadisha tout en vous racontant l’histoire des monastères de la Vallée sainte ? Connaissez-vous ce couvent de Maasser el-Chouf, et cette maison d’hôtes à Tyr, nichée au cœur des orangers avec vue sur la grande bleue, qui vous reçoivent avec tellement de chaleur et de simplicité que vous n’avez plus qu’un seul souhait, y passer le reste de votre vie ? Et ce mur phénicien de Batroun qui se dresse stoïque face à la mer, et où les vagues viennent se briser depuis la nuit des temps… Est-il permis qu’à Tyr, lors de notre visite des ruines, nous n’ayons trouvé aucun dépliant à l’entrée qui puisse nous éclairer et éclairer nos touristes sur l’histoire de cette magnifique cité antique ? Les Libanais d’ici et d’ailleurs, les étrangers, ne sont-ils donc pas en droit de connaître ce merveilleux pays, celui “ du miel et de l’encens ” ? Si le tourisme est générateur de devises, alors pourquoi ne pas encourager ces initiatives privées qui veulent développer un autre tourisme, celui-là même qui a pour mission de faire connaître les contrées éloignées, celui-là même qui permettrait à ses habitants de ne plus émigrer ! Faut-il tomber par hasard sur un livre rédigé par deux Américains amoureux du Liban pour découvrir les sentiers cachés de ce beau pays ? Monsieur le ministre, nous ne sommes pas là pour critiquer, mais nous avons à cœur ce Liban attachant, ce Liban méconnu, ce Liban rempli de paradoxes, où les contrastes se croisent et se mélangent dans une harmonie presque parfaite. Puissions-nous faire quelque chose ensemble afin que ce Liban soit aimé, afin qu’il reste ce qu’il est, afin qu’il ne meure pas, afin qu’il continue d’abriter nos enfants et les enfants de nos enfants sous son ciel étoilé... Les amoureux de la nature du Liban
En cette année de marasme économique, et afin de ne pas tomber dans la dépression ambiante qui guette tout Libanais en cette période difficile, il nous est arrivé de faire du tourisme au Liban. Faire du tourisme non pas dans le sens Beyrouth – Faraya, Faraya – Faqra, centre-ville – Rmeileh, mais plutôt prendre son bâton de pèlerin et découvrir ce beau Liban que nous n’avons pas appris à connaître. À partir de là, nous pouvons vous assurer qu’une seule question surgit à nos lèvres : mais où est donc le ministre du Tourisme ? Qui est en charge de promouvoir le Liban ? Pas le Liban de la (mal) bouffe, des quelques hôtels de luxe et des festivals de la musique, mais le Liban profond, celui de la culture, du patrimoine, du terroir, des petites auberges et de son passé tant de fois millénaire… Connaissez-vous...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.