Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Sous-Développement L’Afrique australe, affamée, freine l’envoi d’OGM américains

La moitié des pays d’Afrique australe menacés par la famine freinent l’aide alimentaire en provenance des États-Unis par méfiance à l’égard du maïs transgénique, prenant ainsi le risque, avertit l’Onu, d’aggraver leurs problèmes alimentaires. Le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe ont récemment fait part de leurs inquiétudes quant à l’envoi de maïs jaune, une part importante de l’aide américaine, indique Judith Lewis, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Est et australe. Les plus vives protestations ont émané du président zambien Levy Mwanawasa, qui a récemment déclaré qu’il était « nécessaire d’examiner le maïs avant de le donner à notre peuple ». « Nous préférons mourir de faim que de consommer quelque chose de toxique », a-t-il affirmé. La plupart des sept pays menaçés de famine – l’Angola, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, le Swaziland, la Zambie et le Zimbabwe – reçoivent depuis plusieurs années du maïs américain. Mais les préoccupations sanitaires sont, elles, apparues récemment, souligne la responsable du PAM. « Les pays demandent s’il y a un risque pour la santé, et ils craignent aussi, si le maïs est replanté, une pollinisation croisée pour leurs récoltes ou bien une conséquence sur la viande si le bétail vient à en manger », indique-t-elle. Le ministre zambien de l’Agriculture Mundia Sikatana a accusé lundi les donateurs internationaux d’avoir trompé son pays pendant des années, sans préciser, néanmoins, si son gouvernement allait refuser les 23 500 tonnes de maïs américain prévues à la fin du mois. Le Zimbabwe, qui abrite la moitié de la population de la région menacée par la famine, a refusé en mai la livraison de maïs américain, selon le PAM. Une seconde livraison de 15 500 tonnes, début août, est toujours consignée dans le port de Durban, en Afrique du Sud. Le Zimbabwe, le Mozambique et la Zambie ont demandé à ce que les grains soient moulus afin d’empêcher leur germination, ou encore leur transfert dans des containers scellés. Le Swaziland, le Lesotho et le Malawi ont accepté l’aide américaine sans aucune condition. Les États-Unis, censés fournir quelque 500 000 tonnes de nourriture à la demande du PAM et qui ont déjà envoyé 165 000 tonnes de maïs, refusent de broyer les grains. Le PAM, lui, oppose qu’il n’a pas suffisamment d’argent pour le faire. L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a certifié que le maïs américain ne présentait aucun risque pour la santé. Pour Jason Lott, chercheur à l’Université de Witwatersrand à Johannesburg, le maïs moulu se conserve moins bien et pourrait venir à manquer quand la famine se fera sérieusement sentir. Le PAM estime que le risque de famine en Afrique australe est l’une des plus graves crises humanitaires du moment. L’agence de l’Onu estime que 7 millions de personnes ont un besoin urgent de nourriture et que ce chiffre pourrait doubler d’ici à la fin de l’année.
La moitié des pays d’Afrique australe menacés par la famine freinent l’aide alimentaire en provenance des États-Unis par méfiance à l’égard du maïs transgénique, prenant ainsi le risque, avertit l’Onu, d’aggraver leurs problèmes alimentaires. Le Mozambique, la Zambie et le Zimbabwe ont récemment fait part de leurs inquiétudes quant à l’envoi de maïs jaune, une part importante de l’aide américaine, indique Judith Lewis, directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) pour l’Afrique de l’Est et australe. Les plus vives protestations ont émané du président zambien Levy Mwanawasa, qui a récemment déclaré qu’il était « nécessaire d’examiner le maïs avant de le donner à notre peuple ». « Nous préférons mourir de faim que de consommer quelque chose de toxique », a-t-il affirmé. La plupart...