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Actualités - Chronologie

L’économie israélienne s’enfonce dans la crise

La crise économique et sociale en Israël, que le Premier ministre Ariel Sharon ne parvient pas à juguler, s’aggrave, ce qui pourrait précipiter la tenue d’élections anticipées au début de l’an prochain. Le Premier ministre pourrait être d’autant plus tenté d’accélérer les choses que sa cote de popularité au plus bas depuis son élection en février 2001 est sérieusement affectée par ses contre-performances économiques. Israël connaît la pire récession de son histoire en raison de l’augmentation des dépenses militaires due à la poursuite de l’intifada et à la déconfiture de la haute-technologie. Ce secteur avait alimenté la croissance jusqu’à la chute, en l’an 2000, du Nasdaq, l’indice boursier américain temple de la « nouvelle économie », où une centaine de sociétés israéliennes sont cotées. Pour la deuxième année consécutive, le pays devrait subir une baisse du produit intérieur brut (PIB). Cet indicateur avait baissé de 0,6 % en 2001 et, au premier semestre, il a de nouveau reculé de 2,9 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ce brutal recul de l’activité a provoqué une montée en force du chômage qui a atteint un record en termes absolus avec 275 000 sans emploi, soit 10,6 % de la population active. Les experts des finances estiment que ce taux dépassera les 11 % l’an prochain, alors que certains experts évoquent une « catastrophe sociale » avec un taux sans précédent de 13 %. L’inflation redresse également la tête. L’indice du coût de la vie a connu une hausse de 0,6 % en juillet, la plus forte augmentation pour ce mois depuis cinq ans, et pourrait atteindre 7 % en rythme annuel. Ce réveil de la hausse des prix a provoqué une grogne sociale et une « grève d’avertissement » de trois heures organisée lundi par la centrale syndicale Histadrout qui menace de durcir le mouvement en septembre. Les salariés sont en effet touchés de plein fouet par les « compressions de personnel » en série et la baisse de leur niveau de vie, en l’absence d’un accord sur une indexation au moins partielle de leurs revenus sur l’inflation. Côté investissements étrangers, qui avaient afflué à la fin des années quatre-vingt-dix, la tendance est à la baisse, 52 % au premier semestre. Avec 1,06 milliard de dollars, on enregistre une chute de 80 % par rapport au record établi en l’an 2000. La situation est telle qu’un économiste de la Banque d’Israël, Nizan Shinar, a estimé dans un rapport rendu public hier que « les incertitudes croissantes concernant la politique économique du gouvernement constituent la menace la plus grave pour la stabilité financière du pays ». Carte de l’austérité Pour tenter de redresser la barre et éviter qu’Israël voie son crédit remis en cause à l’étranger, ce qui entraînerait une hausse des taux d’intérêt pour les emprunts lancés par l’État juif sur les marchés financiers internationaux, le gouvernement a joué la carte de l’austérité. Le projet de budget adopté le 30 juillet comprend des coupes dans les dépenses sociales qui devraient se traduire par une diminution des allocations versées aux familles les plus défavorisées et aux chômeurs. Mais pour être adopté, ce projet doit être voté en trois lectures au Parlement où M. Sharon ne dispose pas de majorité, les travaillistes et le puissant parti ultraorthodoxe Shass (17 députés sur 120) ayant annoncé qu’ils voteraient contre. M. Sharon a répliqué en évoquant par des fuites dans la presse la tenue d’élections anticipées en janvier 2003 au lieu de fin octobre.
La crise économique et sociale en Israël, que le Premier ministre Ariel Sharon ne parvient pas à juguler, s’aggrave, ce qui pourrait précipiter la tenue d’élections anticipées au début de l’an prochain. Le Premier ministre pourrait être d’autant plus tenté d’accélérer les choses que sa cote de popularité au plus bas depuis son élection en février 2001 est sérieusement affectée par ses contre-performances économiques. Israël connaît la pire récession de son histoire en raison de l’augmentation des dépenses militaires due à la poursuite de l’intifada et à la déconfiture de la haute-technologie. Ce secteur avait alimenté la croissance jusqu’à la chute, en l’an 2000, du Nasdaq, l’indice boursier américain temple de la « nouvelle économie », où une centaine de sociétés israéliennes sont...