L’armée israélienne était accusée hier par une association de défense des droits de l’homme et différentes personnalités d’utiliser des Palestiniens comme « boucliers humains », après la mort mercredi d’un jeune Palestinien lors d’une opération en Cisjordanie. Mercredi, l’armée a tué lors d’un raid à Toubas, en Cisjordanie, Nasser Jarrar, 44 ans, un des chefs militaires du Hamas qui s’était réfugié dans une maison de ce village palestinien. Mais un second Palestinien, Nidal Abou Mohsen, 19 ans, a également trouvé la mort dans des circonstances qui prêtent à polémique. Selon sa famille, le jeune homme a été tué par les soldats qui l’avaient utilisé comme « bouclier humain », pour pénétrer dans la maison où se trouvait le chef du mouvement islamiste radical. L’armée a démenti « catégoriquement » s’être servie de la victime comme « bouclier humain » mais a bien confirmé avoir envoyé Nidal Abou Mohsen dans la maison où se cachait Nasser Jarrar pour le convaincre de se rendre. Selon elle, un lieutenant du chef islamiste a alors abattu le jeune homme, en pensant qu’il s’agissait d’un soldat déguisé en Palestinien. B’Tselem, le principal organisme israélien des droits de l’homme dans les territoires occupés, a immédiatement dénoncé l’utilisation de ce Palestinien comme « bouclier humain ». L’oncle du jeune homme, qui se trouve être un des correspondants de B’Tselem en Cisjordanie, Ali Daraghmeh, et qui a assisté à la mort de son neveu, a raconté à l’organisation comment celui-ci avait été « forcé par les soldats, à la pointe de leurs fusils », d’entrer dans la maison. Le 2 août déjà, un Palestinien, Ridha Ishtaye, avait raconté avoir été utilisé de la même façon, mais a eu la chance de s’en sortir. Cela s’était passé dans le village de Salem près de Naplouse où l’armée avait abattu Amjad Jabour, un activiste armé du Hamas. En avril dernier, rappelle B’Tselem, sept organisations des droits de l’homme, dont elle-même et Human Rights Watch (États-Unis), avaient, dans un rapport remis à la Cour suprême d’Israël, accusé l’armée d’utiliser des civils palestiniens comme « boucliers humains ». L’armée avait alors promis de mettre une terme à ces pratiques sauf s’il était certain qu’un civil palestinien utilisé lors d’une opération militaire ne courait lui-même aucun danger. « La mort de Nidal Abou Mohsen montre que ces pratiques sont illégales et que l’armée doit y mettre un terme », affirme B’Tselem. Au contraire, pour le ministre israélien sans portefeuille Effi Eitam, chef du Parti national religieux (extrême droite), interviewé à la radio, l’utilisation de civils palestiniens est « très morale », car elle « minimise les risques pour les soldats » israéliens. Un autre ministre, Ephraïm Sneh (Transports), a lui aussi justifié à la radio l’utilisation de civils palestiniens pour les mêmes raisons. « S’il y a des problèmes moraux concernant l’armée, il faut plutôt les chercher du côté des barrages militaires où, là, il y a effectivement une dégradation de nos valeurs éthiques », a-t-il cependant ajouté. Mais plusieurs personnalités se sont insurgées contre ces procédés. « C’est une méthode qui relève de la mafia », s’est exclamée à la radio Zehava Galon, présidente du groupe parlementaire du Meretz (gauche).
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