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Actualités - Chronologie

D’anciens collaborateurs d’Israël disent avoir été piégés par l’État hébreu

Ahmed, un Palestinien accusé de collaboration, affirme de sa prison de Gaza avoir été piégé par son employeur en Israël et n’avoir eu d’« autre choix » que d’exécuter les ordres des renseignements israéliens. « Mon patron m’avait présenté une fille. Au début, j’ai résisté, et puis j’ai couché avec elle. Tout a été enregistré. On m’a fait chanter et j’ai été obligé de collaborer », raconte-t-il du fond de sa cellule. Ahmed et une quarantaine de ses semblables partagent à la prison de Sarya à Gaza plusieurs cellules étroites et crasseuses. Ils disent tous éprouver du remords envers ce passé peu glorieux à leurs yeux. Ahmed, 28 ans, a été arrêté en juin 2001, trois mois après avoir été recruté par les Israéliens. « Mon patron m’a menacé de montrer la cassette à ma famille et de me dénoncer comme espion à l’Autorité palestinienne », dit-il. « Ensuite, j’ai été envoyé dans un camp d’entraînement à Kfar Saba (nord-est de Tel-Aviv) où un dénommé Itzhak m’a appris à manier armes et explosifs. » Selon Ahmed, son travail consistait à conduire les Israéliens jusqu’aux activistes palestiniens, et même, au besoin, à les tuer lui-même. « On m’a demandé des informations sur un chef du Jihad islamique, Abdallah Chami. On m’a aussi donné un téléphone cellulaire que je devais à tout prix remettre à un activiste du Hamas », explique-t-il. Mais sa mission échoua. Au lieu de remettre le téléphone à l’activiste en question, il le remit à son adjoint qui travaillait pour les services palestiniens. Il fut pris. Sa famille le rejeta et son épouse demanda le divorce. « Plus tard, ils ont compris que je n’avais pas eu le choix et sont revenus vers moi », soutient-il, estimant « n’avoir fait de mal à personne ». Selon un avocat palestinien, Ahmed « peut attendre pendant des années un jugement parce que seul le président Yasser Arafat décide quand un détenu peut être jugé devant une cour spéciale ». Cet avocat, qui préfère rester anonyme, accuse l’Autorité palestinienne de ne pas respecter la loi quand il s’agit de collaborateurs. « Souvent, ces personnes sont détenues sans que le procureur général soit mis au courant. Seul celui-ci peut ordonner une enquête sur eux, après quoi ils sont censés passer en jugement ou éventuellement être libérés », explique-t-il. Mais si Ahmed était libéré, il pourrait risquer sa vie. « Plusieurs de ceux qui sont sortis ont été tués par des parents ou des connaissances », indique Naïm Abou Hassanein, qui dirige les enquêtes à la prison de Sarya. Ibrahim, 39 ans, est en prison depuis sept ans. Avant, il était un imam et un chef respecté du Hamas avant de collaborer avec Israël pendant six ans au cours desquels il a conservé sa position au sein du mouvement islamiste. « J’étais sans arrêt emprisonné par les Israéliens à cause de mes activités au sein du Hamas. En 1989, après des mois de tortures et parce qu’ils ont menacé de déshonorer ma sœur, j’ai fini par céder », assure-t-il. Contrairement à Ahmed, Ibrahim paraît totalement affligé et honteux. Il bégaie et courbe souvent la tête pour avouer qu’à cause de lui, beaucoup de ses camarades ont été arrêtés. Ainsi, en 1993, un important chef de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzeddine al-Qassam, a été tué par les Israéliens grâce aux informations qu’il leur a fournies. Pour cela les Israéliens lui ont versé 20 000 shekels (7 000 dollars à l’époque). Mais en général, affirme-t-il, à l’instar des autres prisonniers, les Israéliens paient très peu les services rendus. Environ 200 Palestiniens, accusés de collaboration, sont emprisonnés dans les différents centres de détention de la bande de Gaza. Depuis l’établissement de l’Autorité palestinienne en 1994, plusieurs Palestiniens ont été exécutés à Gaza pour collaboration. Mais de nombreux autres, simplement soupçonnés de l’être, ont été victimes de vendettas de rue.
Ahmed, un Palestinien accusé de collaboration, affirme de sa prison de Gaza avoir été piégé par son employeur en Israël et n’avoir eu d’« autre choix » que d’exécuter les ordres des renseignements israéliens. « Mon patron m’avait présenté une fille. Au début, j’ai résisté, et puis j’ai couché avec elle. Tout a été enregistré. On m’a fait chanter et j’ai été obligé de collaborer », raconte-t-il du fond de sa cellule. Ahmed et une quarantaine de ses semblables partagent à la prison de Sarya à Gaza plusieurs cellules étroites et crasseuses. Ils disent tous éprouver du remords envers ce passé peu glorieux à leurs yeux. Ahmed, 28 ans, a été arrêté en juin 2001, trois mois après avoir été recruté par les Israéliens. « Mon patron m’a menacé de montrer la cassette à ma famille et de me...