La consommation des ménages américains a progressé solidement en juin grâce à une nette hausse de leurs revenus, tandis que le marché du travail et le taux de chômage sont restés statiques en juillet, confirmant la thèse d’une reprise économique sans emplois aux États-Unis. Les dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l’économie américaine et qui ont déjà évité aux États-Unis l’an dernier de s’enfoncer davantage dans la récession, ont augmenté de 0,5 % en juin après être restées stables le mois précédent, annonce hier le département du Commerce. Les dépenses en mai avaient été données en baisse de 0,1 % dans la précédente estimation. Une hausse de 0,6 % du revenu des ménages en juin, la plus forte en près de deux ans, a permis aux Américains de dépenser davantage, contre 0,4 % en mai (0,3 % initialement annoncé). Les salaires, qui ont connu en juin leur plus forte hausse depuis janvier 2001 (+0,6 %), ont largement contribué à gonfler le revenu des ménages. Hausse des dépenses et en même temps de l’épargne Le revenu disponible après impôts a connu une solide augmentation de 0,7 %, permettant aux Américains non seulement d’accroître leurs dépenses, mais aussi de mettre davantage de côté. Le taux d’épargne a ainsi été porté à 4,2 % en juin contre 4,1 % en mai. « La force réelle de l’économie n’est pas facile à déterminer, les seuls bons chiffres publiés hier sont ceux des dépenses de consommation », résume Asha Bangalore, économiste chez Northern Trust. « On peut s’attendre aussi à un bon mois de juillet, car les ventes de voitures le mois dernier ont été fortes. Tant que les dépenses de consommation tiennent, nous pouvons nous attendre à une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 2 à 2,5 % au troisième trimestre », ajoute-t-il. Les Américains ont concentré leurs dépenses en juin sur les biens durables, dont la consommation a augmenté de 1,6 % après une hausse de 2,6 % en mai. Pour les biens non durables, la hausse a été de 0,4 % et de 0,3 % pour les services. Si elles rassurent sur l’attitude des ménages, qui semblent avoir fait fi de la déprime boursière actuelle, ces statistiques apportent toutefois peu d’éléments neufs, car elles ont déjà été intégrées dans les chiffres du PIB américain au deuxième trimestre, publiés mercredi. Le PIB a progressé au trimestre dernier deux fois moins vite que le prévoyaient les économistes, avec une croissance de 1,1 % alors que sur la même période, les dépenses de consommation ont augmenté plus vite, de 1,9 %. Chômage et créations d’emplois statiques Les chiffres de l’emploi pour juillet sont venus ternir la statistique des dépenses de consommation, en rendant les économistes un peu plus perplexes encore sur l’évolution du marché du travail aux États-Unis. Le département du Travail a fait savoir que l’économie américaine avait créé 6 000 emplois non agricoles en juillet, alors que les économistes attendaient 69 000 créations. Ces chiffres renforcent l’idée que la reprise économique américaine demeure fragile, et surtout qu’elle se fait sans création d’emplois. « Il y a très peu de croissance dans le secteur privé et cela devient à mon avis extrêmement difficile à expliquer. Cela ressemble terriblement à une reprise du chômage », commente Mark Vitner, économiste chez Wachovia Securities. « Au vu des récentes informations en provenance de l’industrie de transformation, il n’y a vraiment pas beaucoup de raisons permettant de croire à une véritable amélioration de la situation de l’emploi au cours des deux ou trois mois à venir », ajoute-t-il. Ce n’est pas la dernière statistique du jour, celle des commandes à l’industrie de juin, qui viendra lui donner tort. Les commandes ont baissé de 2,4 % alors que les économistes attendaient un repli de seulement 1,4 %, après une hausse révisée de 0,6 % en mai. Le taux de chômage est resté quant à lui stable le mois dernier, cette fois comme prévu, à 5,9 % comme le mois précédent. « Ces chiffres sont plutôt mauvais. La statistique du chômage, après la révision de juin, finit par être relativement proche des prévisions », ajoute Alan Ruskin, économiste chez 4Cast. Le chiffre des créations d’emplois en juin a été révisé en franche hausse, de 36 000 à 66 000. « Mais l’horaire moyen effectué par semaine (34 heures en juillet contre 34,3 prévues, comme en juin), est extrêmement faible. Vu que les entreprises confrontées à un fort ralentissement de la demande préfèrent réduire les heures de travail avant de supprimer des emplois (...), ceci augure probablement de nouvelles pertes d’emplois à venir », prévoit-il. Cette nouvelle volée de chiffres augure aussi, selon la plupart des économistes, du maintien du statu quo monétaire par la Réserve fédérale. D’autant plus que la composante des prix dans la statistique de la consommation n’a progressé que de 0,1 %.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La consommation des ménages américains a progressé solidement en juin grâce à une nette hausse de leurs revenus, tandis que le marché du travail et le taux de chômage sont restés statiques en juillet, confirmant la thèse d’une reprise économique sans emplois aux États-Unis. Les dépenses de consommation, qui représentent les deux tiers de l’économie américaine et qui ont déjà évité aux États-Unis l’an dernier de s’enfoncer davantage dans la récession, ont augmenté de 0,5 % en juin après être restées stables le mois précédent, annonce hier le département du Commerce. Les dépenses en mai avaient été données en baisse de 0,1 % dans la précédente estimation. Une hausse de 0,6 % du revenu des ménages en juin, la plus forte en près de deux ans, a permis aux Américains de dépenser davantage, contre...