Le bombardement lundi à Gaza est un « crime de guerre » qui tombe sous le coup de la Cour pénale internationale, a écrit le représentant de la Palestine, Nasser al-Kidwa, dans une lettre aux Nations unies. C’est la première fois qu’une telle demande de saisie de la Cour pénale internationale, entrée en vigueur le 1er juillet, est faite. Dans cette lettre adressée à la présidence du Conseil de sécurité, Nasser al-Kidwa estime que « des mesures doivent être prises pour que (les) responsables » du bombardement « puissent être présentés à la justice ». « L’assaut israélien est le premier crime de guerre flagrant commis par les forces israéliennes d’occupation depuis l’entrée en vigueur de la Cour pénale internationale (CPI) », écrit le diplomate palestinien. « Cet acte tombe définitivement sous la juridiction de la Cour et donc des mesures pour que ses responsables puissent être présentés à la justice doivent être prises », écrit encore M. Kidwa. Le Conseil de sécurité dispose théoriquement de la possibilité de saisir la Cour pénale internationale (CPI) s’il estime que des crimes tombant sous le mandat de cette cour ont été commis lors du bombardement de Gaza, a indiqué pour sa part une source de la CPI. Il a indiqué qu’aucune plainte concernant ce bombardement n’avait été reçue à ce jour. La juridiction de la CPI ne s’exerce que sur les pays qui ont ratifié le traité de Rome (1998) qui a créé la Cour. Israël a signé ce traité mais ne l’a pas ratifié. Dans le cas du bombardement de Gaza, la CPI pourrait également exercer sa juridiction si une des victimes dispose d’un passeport d’un pays ayant ratifié le traité de Rome, lequel pays pourrait alors introduire une plainte. L’Autorité palestinienne ne représentant pas un État ne peut pas saisir directement la CPI. Avoirs palestiniens gelés : Israël débloque sous conditions 43 millions de dollars Le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres a indiqué mercredi qu’Israël avait débloqué 200 millions de shekels (43 millions de dollars) correspondant au dixième des avoirs palestiniens gelés par Israël depuis le début de l’intifada, en septembre 2000. Dans une déclaration à la chaîne de télévision américaine CNN, M. Peres a précisé avoir informé le ministre palestinien des Finances, Salam Fayad, de cette mesure. Toutefois, cette somme ne sera transférée à l’Autorité palestinienne qu’une fois mis en place le mécanisme de garantie qui certifiera que ces fonds ne serviront pas à financer les organisations radicales pour mener des attaques anti-israéliennes, a souligné la radio publique israélienne. Un haut responsable palestinien a d’ailleurs indiqué n’avoir reçu jusqu’ici « ni promesse officielle ni virement » d’Israël, suite à l’annonce de M. Peres. L’Autorité palestinienne, a-t-on souligné, se refuse de toute façon à ce que cette restitution de fonds lui appartenant fasse l’objet d’une « quelconque condition ». À l’issue d’une rencontre samedi soir à Jérusalem avec une délégation ministérielle palestinienne emmenée par Saëb Erakat, principal négociateur palestinien, M. Peres avait indiqué qu’Israël envisageait de débloquer 10 % des quelque 2 milliards de shekels (430 millions de dollars) dus à l’Autorité palestinienne, précisant que 20 millions de dollars avaient été prélevés pour régler les dettes pour l’eau, l’électricité et les services de santé fournis par l’État juif. Ces fonds correspondent essentiellement au produit de la TVA et des droits de douane prélevés sur les produits importés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza transitant par le territoire israélien. Cet argent a été gelé par Israël depuis pratiquement le début de l’intifada, fin septembre 2000, en guise de sanction. Jusqu’ici, Israël s’était refusé à débloquer ces fonds, craignant qu’ils ne financent les organisations radicales pour perpétrer des attaques anti-israéliennes. Détention prolongée d’un photographe de l’AFP Un juge militaire israélien a ordonné le prolongement pour trois mois de la détention d’un photographe palestinien de l’Agence France-Presse, détenu sans jugement depuis avril, a indiqué son avocat hier. Selon Me Mohammed Burghal, le juge militaire a décidé mardi la prolongation de la détention administrative de Hossam Abou Alan, 47 ans. La détention administrative permet aux autorités israéliennes de détenir des personnes pendant des périodes de trois mois renouvelables sans jugement ou même sans qu’elles aient été inculpées. L’avocat a indiqué avoir fait appel de cette décision auprès de la Cour suprême israélienne. M. Abou Alan, qui travaille comme photographe pour l’AFP depuis six ans, avait été interpellé le 24 avril au barrage de Beit Einun (nord-est d’Hébron) en compagnie d’un autre journaliste palestinien, Mazen Dana, caméraman de Reuters, alors qu’ils se rendaient dans la localité voisine de Bani Naïm pour y couvrir les funérailles de deux Palestiniens tués par l’armée israélienne. Un nombre inconnu de Palestiniens, sans doute plusieurs milliers, ont été placés en détention administrative depuis qu’Israël a lancé ses opérations massives sur la Cisjordanie le 29 mars. Air France « déplore » un incident à bord qui choque les Israéliens La compagnie Air France a « déploré » l’initiative « personnelle » d’un de ses commandants de bord qui, à l’atterrissage à Tel-Aviv le 5 juillet en provenance de Paris, avait déclaré aux passagers : « Bienvenue en Israël – ou en Palestine. » Parvenu aux oreilles d’Ilan Biran, directeur de la compagnie de téléphonie publique israélienne Bezeq, l’une des plus grosses entreprises du pays, cette affaire l’a incité à écrire à Air France pour exiger des excuses et le limogeage du pilote. En attendant, il a invité ses 8 500 employés à boycotter le transporteur.
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