Épisode « pas très glorieux » pour la diplomatie européenne
le 22 juillet 2002 à 00h00
La diplomatie européenne a donné un nouvel exemple d’impuissance en multipliant les cafouillages dans le différend hispano-marocain de l’îlot Perejil/Leila et en laissant finalement le champ libre à une médiation américaine qui prend les allures d’un camouflet pour l’UE. Au lendemain de l’annonce d’un accord entre Madrid et Rabat, c’est surtout un sentiment de soulagement qui dominait lundi à Bruxelles. Mais l’ensemble de l’affaire « ne restera pas comme un épisode très glorieux », admettait un diplomate. Car les Quinze ont été incapables de présenter un front uni de bout en bout, la France ayant notamment refusé de cautionner un soutien trop marqué, et à ses yeux contre-productif en termes diplomatiques, en faveur de l’Espagne. Critiquée pour avoir pris fait et cause trop rapidement pour Madrid en évoquant « la violation de l’intégrité territoriale espagnole », la Commission européenne a été la première à se « féliciter », dès samedi soir, de la conclusion d’un accord qu’elle a qualifié de « bonne nouvelle pour les deux pays et pour l’Europe ». « Nous comptons poursuivre nos bonnes relations avec le royaume du Maroc qui est un important pays voisin et ami », a aussi tenu à affirmer le porte-parole du président de la Commission européenne, Romano Prodi. Mais les menaces voilées de sanctions à l’encontre du Maroc faites au début du conflit par la Commission risquent de laisser des traces, même si tout le monde souligne à Bruxelles que la faute originelle revient à Rabat qui a déclenché les hostilités en faisant débarquer le 11 juillet ses soldats sur l’îlot contesté. L’important est que l’affaire soit réglée et qu’il n’y ait eu aucun blessé, répétaient en chœur dimanche les diplomates européens, en tentant de justifier l’intervention décisive de Washington pour régler un conflit se déroulant à quelques encablures des côtes européennes. « Il n’était pas réaliste de penser que l’UE puisse servir de médiateur dans un différend armé impliquant un de ses membres », assurait l’un d’entre eux, en ajoutant que « c’est l’Espagne elle-même qui a choisi de faire appel aux Américains » après avoir obtenu un affichage public de la solidarité de ses partenaires européens. La difficulté de l’UE à intervenir dans un tel cas de figure, note-t-on à Bruxelles, s’est déjà illustrée dans le cadre du conflit nord-irlandais, qui a également fait l’objet d’une médiation américaine. « L’Espagne et le Maroc ont sans doute jugé que, compte tenu de leur influence politique et économique, les Américains offraient les meilleures garanties », expliquait un autre diplomate. Il reprenait ainsi les arguments traditionnellement avancés par les Européens pour expliquer leur incapacité à avoir une influence décisive au Proche-Orient... Cet épisode a également mis en évidence la difficulté de l’UE à parler d’une seule voix sur la scène internationale tant que les compétences ne seront pas clairement tranchées sur ce point entre la Commission et les États membres, représentés par Javier Solana.
La diplomatie européenne a donné un nouvel exemple d’impuissance en multipliant les cafouillages dans le différend hispano-marocain de l’îlot Perejil/Leila et en laissant finalement le champ libre à une médiation américaine qui prend les allures d’un camouflet pour l’UE. Au lendemain de l’annonce d’un accord entre Madrid et Rabat, c’est surtout un sentiment de soulagement qui dominait lundi à Bruxelles. Mais l’ensemble de l’affaire « ne restera pas comme un épisode très glorieux », admettait un diplomate. Car les Quinze ont été incapables de présenter un front uni de bout en bout, la France ayant notamment refusé de cautionner un soutien trop marqué, et à ses yeux contre-productif en termes diplomatiques, en faveur de l’Espagne. Critiquée pour avoir pris fait et cause trop rapidement pour Madrid en...
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