Rechercher
Rechercher

Actualités

HISTOIRE Quand la France de Napoléon III redécouvrait «nos» ancêtres les Gaulois

Le musée de Bibracte, dans le Morvan, rappelle, dans une exposition intitulée «Sur les traces de César», le rôle fondamental de Napoléon III dans la redécouverte, au XIXe siècle, des peuples gaulois, avec le lancement des premières grandes fouilles. Fasciné par Jules César, «Napoléon le petit», comme l’avait surnommé Victor Hugo, avait décidé d’écrire une biographie du grand homme. Et, pour retrouver la trace de Gergovie, d’Alésia et des autres lieux de batailles engloutis de la conquête romaine, le neveu de Bonaparte avait décidé de changer de méthodes. Il ne se contenterait plus d’essayer d’interpréter La guerre des Gaules (De Bello Gallico), le texte écrit par Jules César, il irait sur le terrain.Les premières grandes fouilles modernes vont naître. C’est la «preuve par la pioche» sur un modèle d’organisation militaire. L’aide de camp de l’empereur, Eugène Stoffel, dirige les campagnes de fouilles à Gergovie, Alésia et dans l’Aisne. Des cartes sont dressées par la Commission de topographie des Gaules, dont certaines sont présentées dans l’exposition, les premières vues photographiques prises. En province, c’est l’ébullition, les sociétés savantes prennent le relais dans un domaine méprisé par l’université. Des fouilles de grande qualité En dix ans, les premiers archéologues mettent au jour quantité de vestiges de la Gaule avant les Romains, dont certains seront exposés au tout nouveau musée des Antiquités nationales inauguré en 1867 à Saint-Germain-en-Laye. Deux ans auparavant, l’Histoire de Jules César a été publiée avec de superbes illustrations. Au mont Beuvray, sur le site de Bibracte, où César a achevé la rédaction de La guerre des Gaules, un négociant en vins de la ville voisine d’Autun (Saône-et-Loire), Jacques-Gabriel Bulliot, a été chargé par Napoléon III des explorations à partir de 1865. Il fouille jusqu’en 1897, relayé ensuite par son neveu, tué au front en 1914. Bibracte retombera ensuite dans l’oubli, avant que François Mitterrand ne relance les fouilles en 1984 et décide de la création d’un centre archéologique et d’un musée consacré aux Éduens. Les recherches sur les peuples gaulois ont énormément évolué depuis l’époque de Napoléon III. On sait désormais que ces habitants de l’Europe intérieure ne correspondent pas à l’image d’Épinal imposée par le vainqueur Jules César: des barbares vivant dans des huttes. L’exposition montre cependant la grande qualité et la pertinence des fouilles réalisées sous le second Empire sur les sites de batailles de Gergovie, Alésia et Uxellodunum.
Le musée de Bibracte, dans le Morvan, rappelle, dans une exposition intitulée «Sur les traces de César», le rôle fondamental de Napoléon III dans la redécouverte, au XIXe siècle, des peuples gaulois, avec le lancement des premières grandes fouilles. Fasciné par Jules César, «Napoléon le petit», comme l’avait surnommé Victor Hugo, avait décidé d’écrire une biographie du grand homme. Et, pour retrouver la trace de Gergovie, d’Alésia et des autres lieux de batailles engloutis de la conquête romaine, le neveu de Bonaparte avait décidé de changer de méthodes. Il ne se contenterait plus d’essayer d’interpréter La guerre des Gaules (De Bello Gallico), le texte écrit par Jules César, il irait sur le terrain.Les premières grandes fouilles modernes vont naître. C’est la «preuve par la pioche» sur un...